‹ Les comédies de Pierre de Larivey, champenoisChapitre 97 sur 158 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

yictoire, Béatrice, Fidelle, Fortuné, M. Josse,

Victoire.

' 'y a-il personne en la rue?

Béatrice. Non, madame.

Victoire. Entre en la maison.

Fidelle. Voilà Victoire à sa porte ; elle pense à quelque diablerie.

M. Josse. Gicc, cy, é ast.

Victoire. Je ne voy persoi^ne , mon bien. Puis que voulez vous en aller^ allez en paix. Je prie Diei}. que soyez accompagné d'autant d'allégresse que me laissez comblée de douleurs par yos^ tre despart.

Fortuné. Je me recommande.

Victoire. Souffrez que je tous baise.

Fortuné. Laissez-moy aller.

Fidelle. Que vous en semble, maistre Josse ?

M. Josse. Il me semble qu'avez ample tesmoignage de mon ingénuité avec laquelle je vous ay faict sçavoir que ceste-cy ne vous aymoit point. Vous souvient-il pas que, quand j'expliquoy Piaule, je vous fis marquer en marge avec une main faicte de vermillon ces mots : Plus est oceulatus testis unus quant aurei decem ? Vous l'avez vousmesme veu et ouy, jaçoit que deviez prester indubitable foy à mes parolles ; et par ainsi en estes asseuré. Ne la regardez plus , car eUe est indigne de vostre amour.

Victoire. 0 misérable moy! Certes, cestui-cy

Le Fidblle, Comédie. 365

a veu le seigneur Fortané sortir de ma maison*

FiDELLE. Il me prend volonté de luj aller donner du poisnard a travers le sein.

M. JOSSE. Je vous prie, au nom de Dieu, ne coimmettre cest homicide : carie monde vous repu-*teroitpourunfol, et seriez condamnez parla légale justice. Vengez-vous antremeni^ par pari referio : elle ne vous ayme pas, ne Taymez pas aussi.

Victoire. 0 moy misérable! je suis ruynée ; je voudroy quHl vinst deçà pour mVn acertener.

FiDELLE. Je vous croîray. Allez en la maison et m^y attendez : je veux un peu parler avec elle.

M. *JosSE. Videre est facile^ proçidere est difficile, dict le proverbe.

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