SCENE Vlll
DON ÉLEUTKRIO, DON SÉRAPIO, DON ANTO- NIO, DON PÈDRE, DON A AGUSTINA, DONA MARIQUITA.
DON ÉLEUTÉRIO.
L'ingrat! le fourbe! Et nous qui avions tant fait pour lui !
(H se laisse tomber sur une chaise, d'un air accablé.) DONA MARIQUITA.
Eh bien, voilà» ma sœur, la fin de cette belle campagne! Ne Tavais-je pas annoncé? Oh oui, mon cœur me disait que cela devait tourner mal. Et regardez maintenant quel homme! Après m'avoir abusée par de fausses promesses pendant un siècle , et, ce qui est bien pis , m'avoir fait perdre pour ses beaux yeux un excellent mariage avec cet apothicaire, qui du moins était un honnête garçon, à l'abri du latin , et incapable de citer une masse d'auteurs comme ce fripon-là!... Jugez conibien mon sort est triste ! Seize ans déjà , et point encore de mari ! Ah! maudite obstination, qui seule as été cause qu'on voulait m'unir, bon gré mal gré, avec ce puits de science intarissable! Mais voyez un peu ce qu'il a su faire le renégat , Dieu me pardonne ! Il a su eoDtre-carrer mon établissement; il a su tromper mon frère et le ruiner; il a su enfin nous plonger tous dans le dîésespoir !
Allons, mademoiselle, ne vous désolez point ainsi. Vous verrez que tout s'arrangera encore. Vous avez de grandes qualités, et vous ne manquerez pas de partis, à coup sûr bien meilleurs que les deux que vous avez perdus.
DONA AGUSTINA.
Voyons, Mariquita, il est nécessaire d'y mettre un peu de patience.
DON ÉLEUTÉRIO , u levant avec vivacité.
C'est à moi qu'il faut souhaiter la patience , à moi qui suis navré jusqu'au fond de l'âme par tout ce qui m'arrive !
DONA AGUSTINA.
Mais, malheureux, n'est-ce pas le cas de réfléchir...
DON ÉLEUTÉRIO.
Tais-toi , femme , tais-toi , pour Dieu ; car vraiment tu me..*
DON SÉRAPIO.
Non , monsieur ; croyez-moi , Tunique faute qui a tout occasionné, c'est de n'avoir point prévu à temps cette cabale. Mais je lui promets à ce sellier et aux bandits de sa clique , je leur promets , si nous parvenons à mettre la main sur eux , la plus belle symphonie de coups de poing qui ait jamais retenti à leurs oreilles. Et maintenant votre comédie est bonne, monsieur; oui, rapportez-vous-en à moi, la comédie est bonne. Ce qui seul a amené notre défaite, c'est,