ACTE I, SCÈNE VIII
culottes et sans bas, et qui, comme s*il avait hérité de feu tOD maître , vient avec un front imperturbable se présenter dans le village , paré des dépouilles .d'autrui. Un rien du tout! Oh! s'il pouvait lever la tête celui qui tombe en poussière , et s'il voyait sa maison livrée au pillage ! Le pauvre homme ! Ce n'est pas au moins la goutte qui Ta tué. Non : c'est cette affreuse mégère qui fut son purgatoire ici-bas, cette créature ridicule , fastidieuse , étourdie , stupide et décrépite... »
LA TANTE MONIQVE.
Allons, tais-toi... Tant mieux! qu'ils disent ce
qu'ils voudront ! (Se promenaDt avec inquiétude.) C'est de
lenvie, et rien de plus.
FERMINA, à part.
Attrape, ma vieille ! ( Haut. ) Grand Dieu ! c'est de l'envie pure.
LA TANTE MONIQUE
Je n'en ferai qu'à ma tête.
FERMINA.
Je le pense bien.
LA TANTI^ MONIQUE
Je n'ai besoin de personne pour me faire la loi.
FERMINA.
Assurément.
LA TANTE MONIQUE
Ah ! ils se rongent les poings, les misérables! Enfin, avec l'aide du ciel, je les verrai tous confondus, et je me séparerai d'eux pour ne jamais revenir dans ce maudit village.
Shg LE BARON.
FBRMIMA.
Vraiment? 0 la bonne détermination, madame! Et où irons-nous ?
Que cette fille est simple ! Â Madrid.
FERMINA.
Quelle chance ! A Madrid l Ah ça , bien vrai , à Madrid ? Avec monsieur le baron ?
LA TANTE MONIQUE
Cela va sans dire.
FERMINA.
Quel plaisir ce sera pour mademoiselle ! En aurons-nous du contentement! A Madrid! (A pari.) Pauvre Isabelle, ton sort est fixé ! (Haut.) Monsieur le baron, madame!
LA TANTE MONIQUE
Laisse-nous. Ah! un moment... N'oublie pas de battre les vêtements que tu sais, et envoie prévenir le tailleur.
( Fermina sort. )