‹ Les ComédiesChapitre 165 sur 405 · ACTE I, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII

culottes et sans bas, et qui, comme s*il avait hérité de feu tOD maître , vient avec un front imperturbable se présenter dans le village , paré des dépouilles .d'autrui. Un rien du tout! Oh! s'il pouvait lever la tête celui qui tombe en poussière , et s'il voyait sa maison livrée au pillage ! Le pauvre homme ! Ce n'est pas au moins la goutte qui Ta tué. Non : c'est cette affreuse mégère qui fut son purgatoire ici-bas, cette créature ridicule , fastidieuse , étourdie , stupide et décrépite... »

LA TANTE MONIQVE.

Allons, tais-toi... Tant mieux! qu'ils disent ce

qu'ils voudront ! (Se promenaDt avec inquiétude.) C'est de

lenvie, et rien de plus.

FERMINA, à part.

Attrape, ma vieille ! ( Haut. ) Grand Dieu ! c'est de l'envie pure.

LA TANTE MONIQUE

Je n'en ferai qu'à ma tête.

FERMINA.

Je le pense bien.

LA TANTI^ MONIQUE

Je n'ai besoin de personne pour me faire la loi.

FERMINA.

Assurément.

LA TANTE MONIQUE

Ah ! ils se rongent les poings, les misérables! Enfin, avec l'aide du ciel, je les verrai tous confondus, et je me séparerai d'eux pour ne jamais revenir dans ce maudit village.

Shg LE BARON.

FBRMIMA.

Vraiment? 0 la bonne détermination, madame! Et où irons-nous ?

Que cette fille est simple ! Â Madrid.

FERMINA.

Quelle chance ! A Madrid l Ah ça , bien vrai , à Madrid ? Avec monsieur le baron ?

LA TANTE MONIQUE

Cela va sans dire.

FERMINA.

Quel plaisir ce sera pour mademoiselle ! En aurons-nous du contentement! A Madrid! (A pari.) Pauvre Isabelle, ton sort est fixé ! (Haut.) Monsieur le baron, madame!

LA TANTE MONIQUE

Laisse-nous. Ah! un moment... N'oublie pas de battre les vêtements que tu sais, et envoie prévenir le tailleur.

( Fermina sort. )

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