ACTE I, SCÈNE I
SIMOH.
Que dites-vous?
Je dis vrai. Le 3 juillet, mousieur s'éloignait de mes péuates, et, fin septembre , il n'était pas encore de retour à sa garnison ' . Que t'en semble , mon brave ? Pour avoir pris la poste , n'est-ce pas qu'il a fait des prodiges de rapidité ?
SIMON
Mon Dieu, peut-être il sera tombé malade eu route; et, pour ne pas vous causer de chagrin...
Ta! ta ! ta! quelque amourette de monsieur l'officier; un de ces écarts de passion qui le rendent fou... Sans doute, dans une de ces villes des environs, la première jouvencelle... Qui sait? Aussitôt qu'il aperçoit une paire d'yeux noirs , il est frappé à mort. Tout ce que je demande à Dieu , c'est qu'il garde mon cher Carlos d'une de ces rusées luronnes qui troquent l'honneur contre le mariage.
SIMON
Allez, monsieur, il n'y a pas de danger ! et s'il se fourvoie chez une de ces tricheuses d'amour, il faudra qu'elle joue fièrement son jeu pour le faire capot !
11 me semble entendre ces dames rentrer... Oui, ce sont elles!... Occupe-toi de chercher le con-
' Llegado à sus pabcUoncs.... On »ippcHr pahcUoms les logements occupés dans les casernes par les officiers.
a06 LE OUI DES JEUNES FILLES.
ducteur, et fais-le venir, afin que nous arrêtions avec lui Theiire à laquelle nous devrons partir demain.
Fort bien , monsieur.
Une dernière fois, motus sur tout ceci... Tumi^ comprends ?
SIMON
Soyez tranquille, monsieur; je serai discret.
(Il sort par la porte du fond. - Par la même porte entrent dona Irène, donaFrandsca et Ritaavec leurs mantilles, et des jupes noires. Ri ta pose sur la table un mouchoir noué eo manière de paquet; puis elle prend les mantilles, et se met à let plier ensemble.)