‹ Les ComédiesChapitre 326 sur 405 · ACTE I, SGftNE IV. r · texte numérisé non relu

ACTE I, SGftNE IV. r

UONA IRÈNE.

Avec moi, monsieur, elle est la franchise même.

Nous ne cessons de causer de vous; et tout en I elle me dévoile le tendre intérêt qu'elle vous porte.

Dirai-je enfin avec quelle puissante raison elle s'est . exprimée hier au soir, après que vous vous fûtes

retiré? Tenez! monsieur, je ne sais ce que j'aurais

donné pour que vous pussiez Tentendre.

nON DIÈGUE.

Vraiment? C'est de moi qu'elle s'occupait?

DON A IRÈNE

Ah! comme elle a bien senti qu'il valait infiniment mieux , pour une jeune personne de seize ans, ' avoir un mari d'un âge raisonnable , un mari d'une expérience, d'une matunfé, d'une sagesse, d'une...

DON DIRGUR.

Sainte Vierge! c'est elle qui disait cela?

DONA IRÈNE

Non, c'est moi qui parlais; mais elle m'écoutait avec une attention digne d'une femme de quarante ans, ni plus ni moins. Ah! comme je la préchais! Et elle, quel trésor d'intelligence!... Enfin, a la maman il sied mal... Mais, mon Dieu, n'est-ce point une pitié , monsieur, de voir comment se fabriquent les mariages d'aujourd'hui ? On vous marie une demoiselle de quinze ans avec un bout d'homme de dix-huit, ou bien une jeune fille de dix-sept ans avec un bambin de vingt-deux. Voilà donc d'un

rôle une enfaïit sans jugement ni expérience, et de Tautre un blanc-bec sans un grain de bon sens ni la moindre connaissance du monde. Eh bien Je vous le demande alors, qui gouvernera la maison? Qui commandera aux domestiques ? Qui instruira et cor* rigera les marmots? Car il arrive toujours que nos jeunes étourdis sont affligés, en un clin d'œil, d'une progéniture nombreuse et vraiment désolante à contempler !

DON niÈGtE.

H est vrai, madame : c'est un triste spectacle de voir assiégées d'une foule de petites créatures tanl de personnes dépourvues du talent, de rexpérience et de la vertu nécessaires pour en diriger Téducation .

DONA IRÈNE

Tout ce que je puis vous assurer, monsieur, c'est que je n'avais pas encore accompli ma dix-neuvième année, lorsque je me mariai en premières noces avec mon défunt don Épifanio... (que le paradis lui soit ouvert!) Eh bien, quant à ce cher homme-là, sans vous faire tort, il serait impossible de trouver un caractère plus respectable uni à plus d'honneur, et plus de franche amabihté mêlée à une conversalion plus spirituelle. Mais, si vous voulez le savoir, il avait ses cinquante-six ans bien sonnés le jour où il de\int mon époux.

BON DiÈGUE*

Le bel âge ! En effet , cela ne s'appelle plus un morveux . Seulement . . .

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