‹ Les ComédiesChapitre 350 sur 405 · ACTE II, SCÉNË Y · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÉNË Y

bonne fois, puisqu'il veut que ce soit toi qui parles, et que moi, je reste ici comme une statue. Voyons 1 cite-lui les noms de tous ces amants que tu as laissés à Madrid, au bel âge de douze ans, et raconte-nous toutes ces conquêtes que tu as faites au cloître , sous Tégide de cette sainte femme ! Mais parle donc, pour que monsieur se tranquillise...

DON DIÈGÙE.

Ah! madame, il me semble que je suis plus tranquille que vous.

DONA IRÈNE , à dona Francisca.

Cela viendra-t-il a la Un ?

DONA FRANCISOA.

Hélas ! je ne sais que dire, si vous vous emportez ainsi tous les deux.

DON DIÈGDE.

Non , chère petite, nous ne faisons que mettre de la chaleur dans nos discours ; mais nous emporter ! jamais, grand Dieu! Et d*abord, dona Irène sait trop bien quels sincères égards j'ai pour elle.

DONA IRÈNE

Oh! monsieur, je lésais parfaitement; et je vous suis reconnaissante, du fond de Tâme, de toutes les faveurs dont vous nous accablez. (Vest pour cela même...

Je vous en supplie, ne parlons point de reconnaissance. Tout ce que je puis pour vous est encore bien

peu. La seule chose que je désire, c'est que dona Paquita soit heureuse !

DONA IRÈNE

Et comment ne le serait^Ue point ? Mais réponds donc!

DONA FaANClSCA.

Oui, monsieur, je suis bien heureuse.

DON DliGUB.

Il faut enfin que cette existence nouvelle qui va s'ouvrir devant votre fille ne lui coûte pas le plus petit regret.

DONA IRÈNE

Des regrets , monsieur ! Pouvez-vous prononcer ce mot ?. . . Un mariage {dus conforme aux vœux de tout le monde serait impossible à imaginer.

DON DIÈGUB.

C'est dans cette persuasion que je puis assurer dona Paquita qu'elle n'aura point lieu de s'en repentir par la suite. Elle vivra au milieu de nous, chérie et adorée; et j'ai le doux espoir qu'à force de bienfaits, je parviendrai à gagner son estime et sod affection.

DONA PRANGISCA.

Oh i mille grftces, monsieur ! Songez donc : une jeune fille presque orpheline , pauvre et sans ressources comme je le suis !

Je songe à toutes ces aimables qualités qui vous distinguent, et qui vous rendent digne d'une plus grande fortune encore.

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