ACTE Ul, SCÈNE Xt. (âl
Oui , certes , monsieur, elle en meurt ! Du reste, iî suffisait que je vous l'apprisse, moi , pour qiie. . .
^ En vérité , cette maudite habitude d'interrompre les gens à chaque instant... De grâce, laissez-moi la parole.
DONA IftÈNfi.
Oh! très-bien. Allez , continuez!
Votre fille donc se meurt d'amour ; mais elle ne se meurt pas pour moi.
DONA IRÈNE
Qu'osez-vous dire ?
Ce que vous entendez, madame.
DONA IRÈNE
Mais qui vous a fait ce conte absurde ?
DON DIÈQUE.
Personne. Je sais, j'ai vu, nul ne m'a fait des contes. Et puisque je vous le dis, moi, c'est qiié j'ai la certitude de n'avancer que des choses positives. Mais, bon Dieu, que sigmfient ces pleurs?
DONA IRÈNE
Oh ! malheureuse que je suis !
Pourquoi ces gémissements?
DONA IRÈNE
Ah ! parce qu'on me voit seule et sans res-
sources, parce que je suis une pauvre veuve, il semble que tout le monde soit en droit de mMnauiter et de se liguer contre moi.
DON DikGUB.
Madame ! . . . dona Irène ! . . .
DONA IRÈNE
Au terme de mes ans et de mes infirmités, voilà qu'on me traite comme une déguenillée , comme une cendrillon de carrefour, autant dire, ma foi !... Et qui jamais eût cru cela de vous, don Diègue? Bonté divine ! si mes trojs défunts existaient en- ^ core ! si seulement mon dernier défunt était encore debout, lui qui avait le caractère d*un vrai crocodile. . . !
Écoutez, madame; la patience va m'échapper!
BON A IRÈNE
Il ne fallait que lui répliquer un seul mot pour le voir devenir le démon en personne. Un jour, à la procession de la Fête-Dieu, je ne sais pour quelle misère il bourra de coups de poings un cmnoiissaire ordonnateur; et, n'eussent été deux religieux carmes qui vinrent se jeter entre eux , il Taplatissait contre un pilier, sous le portique de SaniU'^Cruz.
Mais est-il possible que vous ne me prêtiez pas votre attention jusqu'au bout !
DONA IRÈNE
Hélas ! monsieur, je sais d'avance où vous vou-