‹ Les comètesChapitre 13 sur 122 · L'ASTRONOMIE GOMÉTAIRE A DATER DE NEWTON · texte numérisé non relu

L'ASTRONOMIE GOMÉTAIRE A DATER DE NEWTON

la science. Soumises à la gravitation, décrivant comme les planètes des orbites ayant le Soleil pour foyer commun, elles ne diffèrent de celles-là que par deux caractères principaux: le premier est l'inclinaison des plans de leurs orbites sur le plan de Torbite de la Terre ; au lieu d'être renfermée dans des limites étroites, celte inclinaison peut atteindre toutes les valeurs possibles. De la Terre on peut donc voir, et Ton voit en effet des comètes dans toutes les régions du ciel, tandis que les routes apparentes des planètes restent confinées dans la zone qu'on nomme le Zodiaque. De plus, second caractère spécial, l'ellipse décrite par une comète est généralement très-allongée : c'est pour cela que nous n'en voyons qu'une portion restreinte ; au delà, la comète est plongée dans des régions du ciel si éloignées de la Terre qu'elle y est invisible. En outre, la durée d'une révolution est généralement si grande, qu'on n'a pu constater deux retours consécutifs du même astre : il en était encore ainsi du moins au temps de Newton. Or des ellipses aussi allongées, lorsqu'on ne considère que les arcs décrits dans le voisinage du périhélie, peuvent sensiblement être confondues avec des paraboles de même foyer et de même sommet. Aussi est-ce en s'appuyant stir cette assimilation approximative, que Newton a donné le moyen de déterminer, en se servant d'un petit nombre d'observations, les éléments d'une orbite cométaire, problème beaucoup plus simple que celui qui aurait pour objet la connaissance de Tellipse complète.

Il faut admettre encore une différence entre les mouvements des comètes et ceux des planètes : ces derniers motivements sont toujours directs, s'effectuant tous, pour un observateur debout et placé sur la face boréale du plan de l'écliptique, de gatiche à droite ou d'occident en orient. Les mouvements des comètes sont directs pour certaines d'entre elles, rétrogrades pour d'autres. Cette considération a été

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d'uQ grand poids pour faire admettre les idées de Newton et rejeter les tourbillons de Descartes. Si le ciel planétaire est rempli de tourbillons de matière circulcmt dans le même sens autour du Soleil et autour de chaque corps du système, comment comprendre en efiFet que les comètes puissent traverser ces milieux dans un sens opposé à leur propre mouvement?

Toutes ces vues si simples, et en même temps si grandioses dans Tunité de leur ensemble, ne furent pas, on le sait, Bdmises aisément par les physiciens et les astronomes du siècle de Newton ; pourquoi ? Encore imbus de l'esprit de système, de secte, les uns penchaient pour les vieilles doctrines puisées dans Aristote, les autres pour les nouveautés hardies du cartésianisme.

Mais il fallait bien que la vérité se fît jour.

Un illustre contemporain de Newton, Halley, contribua à son triomphe, en ce qui concerne les théories cométaires. Il

entreprit le calcul, alors laborieux, des orbites de vingtquatre comètes (celles dont les observations étaient suffisamment nombreuses ou précises). Il les compara, et crut reconnaître l'identité de plusieurs d'entre elles. Une comète depuis peu observée, celle de 1682, lui parut semblable aux comètes de 1 607 et de 1 53 1 . Il s'assura de cette conformité, il affirma que c'était le même astre, observé dans plusieurs apparitions successives, il prédit enfin son retour. Halley ni Newton ne purent assister à l'événement dont plus tard nous retracerons l'histoire. Mais l'année 1759, où eut lieu en effet le retour de la comète de 1682, fut une date décisive dans Thistoire de l'astronomie cométaire, et Ton peut dire qu'à partir de cette époque mémorable il n'y eut plus de place pour les hypothèses, du moins en ce qui regarde les mouvements des comètes.

Voici donc le moment venu pour nous d'aborder la partie scientifique de notre sujet.

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