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CHAPITRE \U

MOUVEiMENTS ET ORBITES DES COMÈTES

§ I — Les Comètes participent au mouvement diuune

Les comètes participent au mouvement diurne. Pendant la durée de leurs apparitions, elles se lèvent, se couchent comme le Soleil, la Lune, les étoiles, les planètes. Sous ce rapport, elles ne diffèrent donc pas des autres astres.

Quand une comète est en vue, notez le point du ciel qu'elle occupe au moment où vous commencez à Tobserver : cela est facile par comparaison avec deux étoiles plus ou moins voisines du point brillant d'où part la queue, du noyau. Puis laissez s'écouler un certain temps, une heure par exemple : les trois points lumineux, le noyau cométaire ainsi que les deux étoiles, se seront déplacés par rapport à l'horizon, décrivant chacun une portion d'arc de cercle. Le centre commun de ces arcs est le pôle céleste, à peu de chose près pour nous l'étoile polaire, et leur grandeur dépend de la durée de l'observation ainsi que de la distance angulaire de chacun d'eux au pôle. Le sens est celui du mouvement général du ciel et des étoiles, c'est-à-dire d'orient en occident.

Voilà un premier poiut qui indique nettement la position

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de la coriiiîte hors de Tatmosphere de la Terre : le mouve— fiieiit diurne est en effet un mouvement apparent, étranger aux astres, et en réalité propre à l'observateur, ou si Ton aime mieux a l'observatoire. C'est le fait de la rotation du globe terrestre sur son axe. L'atmosphère tout entière par— ticijHî à ce mouvement, et un corps qui s'y trouverait plongé pourrait bien avoir un mouvement particulier : il ne participerait point pour cela au mouvement diurne lui-même. Cela est tellement élémentaire qu'il n'y a pas lieu d'insister.

Les anciens, et même ceux des modernes qui regardaient les comètes comme des météores d'origine atmosphérique, étaient donc obligés ou bien de considérer la Terre comme immobile, ou bien d'admettre que les comètes, après s'être formées dans l'atmosphère, s'éloignaient de notre globe, et, devenues indépendantes, se mouvaient dans le ciel même. Tel était, par exemple, le système d'Hévélius, que nous avons analysé plus haut.

§11 — Mouvements propres des Comètes

Distinction pntrc les comètes, les nébuleuses et les étoiles temporaires. — Rapidité de ce mouvement, alTecté comme celui des planètes de stations et de rétrogradations. — La cause do ces complications apparentes est due, pour les comètes comme pour les plant tes, & la combinaison optique du mouvement simultané de ces astres et de la Terre.

(le premier aperçu ne distingue point les comètes de la nuiltitudo des points brillants qui constellent l'azur des nuits, des étoiles fixes par exemple. Les comètes, il est vrai, ai>paruissent en des régions où elles étaient d'al3ord invisibles ; puis, après un certain temps, elles disparaissent : nuiis en cela elles pourraient être confondues avec ces étoiles singulières qu'on a vues briller tout à coup dans une constellation, augmenter d'éclat, puis s'affaiblir et dispa-

MOUVEMKNTS ET OUItlTES IIRS COMÈTES r.;t

raître : telles sont les fameuses étoiles temporaires de lî»7â (la Pèlerine), celles de 1604, de i670, de 1866, qui apparurent et s'éteignirent dans les constellations de Cassiopée, du Serpentaire, du Renard, de la Couronne boréale. Or ces étoiles ont toutes offert cette particularité, qu'aux points précis où elles se sont montrées le premier jour, elles sont restées jusqu'au dernier jour immobiles, ou du moins n'étaient entraînées que parle seul mouvement diurne. Comme les étoiles situées à d'immenses distances de notre monde solaire, elles n'ont pas eu de mouvement propre, du moins de mouvement propre sensible , pendant toute la durée, assez longue quelquefois, de leur apparition. Il en est de même des nébuleuses : ce qui les distingue des comètes, c'est leur immobilité apparente,

, Il ■ ^'"^ ^' — Momemeiit propre d'uDe comète;

au Sem des constellations, f- iliitinction eotre anc comète et une né-

De là, pour les cbercheurs

de comètes, un moyen tout à fait analogue à celui qui sert à

découvrir une petite planète.

Au contraire, les comètes ont un mouvement propre, mouvement souvent très-rapide : on les voit se déplacer sensiblement de jour en jour, quelquefois d'heure en heure au sein des constellations. Elles ont cela de commun avec les planètes, et nous allons voir que ce mouvement propre est du aux mêmes causes.

Fremièreraent, au mouvement réel de l'astre, à son déplacement progressif dans l'espace céleste. Supposons un instant la Terre immobile. L'observateur posté à sa surface verra l'astre en mouvement correspondre peu h. peu à des

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étoiles différentes, décrire sur le fond du ciel une ligne dont la forme, le sens, les dimensions apparentes dépendront du chemin véritable suivi par Tastre, de sa forme réelle, de sa direction, de sa vitesse. Par exemple, la Lune, qui décrit une courbe ovale ou une ellipse autour de la Terre en un mois environ, paraîtra dans ce temps parcourir d'occident en orient tout un grand cercle de la sphère. Les planètes Mercure et Vénus, qui tournent autour du Soleil en décrivant des orbites fermées plus ou moins différentes d'un cercle, mais enveloppées par l'orbite terrestre, sembleront se mouvoir de part et d'autre de l'astre, oscillant périodiquement tantôt à l'orient, tantôt à l'occident du Soleil. Les autres planètes, comme Mars, Jupiter, Saturne, vues de la Terre, font le tour entier du ciel en des temps inégaux, parce qu'elles décrivent autour du Soleil des orbites qui enveloppent la Terre, et que les temps réels de leurs révolutions varient avec les dimensions de ces orbites.

Les choses, à la vérité, ne se passent pas d'une façon tout à fait aussi simple. Pourquoi?

Parce qu'au mouvement réel et régulier des planètes vient se mêler le mouvement propre de la Terre ; parce que, dans l'intervalle d'une année, notre globe lui-môme sèment aussi autour du Soleil, dans une courbe ou orbite fermée, peu différente d'un cercle, en un mot dans une ellipse ayant le Soleil pour foyer. Ce déplacement de la Terre — tout le monde peut s'en rendre compte — doit compliquer le mouvement propre apparent des planètes, leur changement de position sur la voûte étoilée. Tantôt ce mouvement propre paraît accéléré : c'est ce qui arrive naturellement quand la planète et la Terre se meuvent en décrivant des arcs en sens différents : leurs vitesses s'ajoutent. C'est ainsi qu'un voyageur emporté dans un sens par un train de chemin de fer voit passer un second train à côté du sien avec une vitesse égale à la

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