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COMÈTES A PÉRIODES MOYENNES

(5800 jours environ après le passage au périhélie) les deux orbites se trouvent très-rapprochées , la distance n'étant guère que de 900000 lieues de 4 kilomètres. En 1817, mais surtout en 1649, la comète en passant à son nœud s'est trouvée très-voisine d'Uranus, et il a dû en résulter des perturbations considérables dans le mouvement de la comète. Elle devra être recherchée dans le courant de l'année 1900. Enfin , deux comètes ont à peu près la même période de 55 ans. L'une a été découverte en 1846 par Vico, et devra efiFectuersonpremierretour dans l'année 1902. Elle s'éloigne à son aphélie à une distance presque égale au rayon de l'orbite de Neptune : c'est donc encore une comète intérieure. L'autre comète de 55 ans, dont l'orbite est pareillement enveloppée par l'orbite de Neptune, a été découverte à Marseille, en 1873, par M. Coggia : on soupçonne son identité avec une comète observée par Pons en 1818.

§111 — Comètes a périodes moyennes

Comètes périodiques extérieures au système solaire : la comète de Halley est le type de ces astres ; c'est, la seule dont le retour ait été jusqu'ici constaté par l'observation. — Énumération des comètes dont la période est comprise entre 69 ans et 200 ans. — Durées des révolutions; distances aphélies et distances périhélies.

Le type des comètes de cette classe est la comète de Halley; mais c'est la seule dont plusieurs apparitions soient certaines. Quand une comète est soupçonnée identique avec une comète antérieure, par la similitude de leurs éléments paraboliques, il y a présomption pour le retour : mais, le plus souvent, il règne une grande incertitude sur la longueur de la période, alors même que, dans l'hypothèse d'une identité véritable, on ferait abstraction des perturbations possibles. Une troisième apparition est donc généralement

nécessaire pour qu'on puisse affirmer l'identité des comètes et leur réelle périodicité. C'est ce troisième élément qui a jusqu'ici fait défaut pour les comètes dont nous faisons en en ce moment l'histoire. Mais il suffira évidemment de constater une seconde apparition, quand les éléments elliptiques auront été calculés sur les observations seides de la première apparition.

Voici, dans Tordre de leur découverte, les neuf comètes à périodes moyennes que nous avons à citer.

La première est la comète de 1532, observée par Apien et par Fracastor, et « dont la tête était, selon ce dernier observateur, trois fois pluis grosse que Jupiter, avec une barbe de deux brasses de longueur. » D'après les calculs d'Olbers, cette comète aurait une période de i 29 ans, et serait identique avec une comète qui a paru en 1661 et à plusieurs autres dates remarquables. Voici ce que dit J. Herschel à cet égard : « Il a paru de grandes comètes en 1661 , 1532, 1402, 1145, 891 et 243 ; celle de 1402 était assez brillante pour être vue en plein midi. Une période de 129 ans concilierait toutes ces apparitions et eût ramené la comète en 1789 ou 1790; mais, de ce qu'à cette dernière époque une telle comète n'a point été observée, ce n'est pas une preuve qu'elle n'ait pas effectué son retour, et que son passage au périhélie n'ait point eu lieu en juillet, car, par la position de son orbite, elle a pu échapper à l'observation. » C'est entre 1918 et 1 920 que devra- avoir lieu le plus prochain retour.

Une comète qui a été observée, de la fin de juillet au commencement de septembre 1683, par l'astronome anglais Flamsteed, aurait, selon le calcul des éléments elliptiques fait par Clausen, une période d'environ 190 ans. Cette comète, dont le retour aurait dû être observé vers 1 870, n'a pas été revue ; mais les perturbations qu'elle a pu subir de

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la part des grosses planètes ont pu causer un retard de plusieurs années^ et sa réapparition peut être encore attendue. Elle s'éloigne à son aphélie bien au delà de l'orbite de Neptune, qu'elle dépasse de 200000000 de lieues. Cependant une discussion nouvelle des observations, faite par M. Plummer, ferait présumer que la comète de 1683 décrit une orbite parabolique, et, en ce cas, elle devrait être rayée du rang des comètes périodiques.

On aura à rechercher, vers les années 1 882 et 1 887, deux' comètes découvertes, la première par Pons en juillet 1812, ayant environ 71 ans de période, la seconde par Olbers en mars 1815 et dont la période, calculée par Bessel, serait de 74 ans. Le retour de la comète de 1815 au périhélie serait avancé de deux années par l'action perturbatrice des planètes. Vient ensuite la comète découverte en février 1846 par Vico et par Bond : une période de 73 ans la ramènerait au périhélie vers le milieu de l'année 1919 ; puis la comète de Brorsen (juillet 1 847) : période de 75 ans, retour en 1922; celle de Weslphal (juin 1 852) : période de 69 ans et prochain retour en 1921 ; celle de Secchi (comète I, 1853), dont la période serait de 188 années et qui, selon M. Hind, a une grande ressemblance avec la comète de 1664; enfin la IIP comète de 1 862, dont nous aurons à signaler les rapports avec l'essaim des étoiles filantes du 10 août; cette comète aurait une période d'environ 1 20 ans, d'où la conséquence que sa plus prochaine apparition devrait être attendue vers 1982.

Voici maintenant, dans l'ordre de durée de leurs révolutions périodiques, les neuf comètes à périodes moyennes qui viennent d'être énumérées : elles seraient au nombre de dix, si la comète de Halley, que nous avons prise pour type de cette classe , d'ailleurs arbitraire conmie les deux autres.

des comètes périodiques, n'avait eu sa place marquée parmi les comètes à retour constaté. Nous joignons à cette énumération les nombres qui mesurent leurs plus grandes et leurs plus courtes distances au Soleil, soit en rayons moyens de Torbite de la Terre, soit en lieues de 4 kilomètres.

des KïïtAacu pÉaraiuB omâscss jmiuit ■irotonoM

Comète de 1852 n 69 ans 0,65 = 2/^ 000 000 31,90 = 1 180 000 000

— 18/^Qm 73 0,66 » 24 337 000 3M «1268 500 000

— 1815 7ti 1,21 = M 500 000 34,1 =.1257 500 000

§ IV — Comètes a longues périodes

Comètes périodiques extérieures anx limites actuellement connues du système solaire. — A quelle distance du Soleil s'éloigne la comète dont la période calculée est la plus longue. — La comète dite de Cbarles-Quint : ses apparitions en 126& et en 1556 ; prédiction de son retour pour le milieu du xix* siècle, de 1848 à 1860. — Calcul des perturbations subies ; encore une comète égarée ou perdue. — La grande comète de 1680 : le déluge et lafln du monde. — Les comètes à grand spectacle, de 1811, de 1825, de 18/^3.

Aucune des comètes que nous allons mentionner maintenant, et dont la période a pu être approximativement calculée, ne sera certainement revue par les contemporains. Une seule était attendue il y a une quinzaine d'années environ; si elle est réellement revenue à son périhélie, elle n'a pas pu du moins, malgré toutes les recherches, être observée , et ne serait visible à nouveau que dans trois siècles.

Commençons par les énumérer; nous entrerons ensuite dans quelques détails sur les plus remarquables d'entre elles.

COMÈTES A liONGUES PÉRIODES

Voici le tableau des durées de leurs périodes et de leurs distances au Soleil, exprimées en rayons de Torbite terrestre :

▲rPAAmora antérienret probable*

des rèrolationa

DICTABCn

A.U lOLBU

APHÉLIES

Comète de 1845 Tïï

249 ans

1846 YI

Nous n'avons plus besoin de prévenir le lecteur qu'il s'agit ici de comètes dont la périodicité est loin d'être absolument déterminée ; pour les unes, c'est la similitude des éléments de leur orbite avec ceux des comètes anté-

m r.ES COMÈTES

rieures ; pour les autres, c'est le calcul direct des éléments elliptiques qui a déteriQiné leur périodicité. Enfin, même dans le cas où le calent est appuyé sur des bases trèsprécises, et c'est le cas d'un certain nombre, il ne faut pas oiUiIier que le retour prochain qu'on déduirait des périodes données, reste subordonné aux accidents que les astres voyageurs peuvent subir sur leur route, c' est-à-dîre aux perturbations causées par les planètes connues et inconnues du monde solaire.

La seconde comète du tableau précédent est aussi intéressante au point de vue historique, qu'au point de vue astronomique. Voici quelques détails sur l'histoire de ses apparitions.

En l'année 1264, apparut en France, dès le milieu de juillet, après le coucherdu Soleil, une comète que Pingre, dans sa Cométographie, qualifie de « gi'onde et célèbre comète » . Elle fut célèbre, en effet, à divers titres. D'abord à l'époque où elle apparut, les croyances superstitieuses aux influences cométaires étaient encore dans toute leur force, et l'on comprend qu'elles n'aient point été affaiblies par cette apparition, si l'on songe que la comète de 1264, après s'être montrée en Europe pendant deux mois et demi, disparut le 3 octobre « le jour même de la mort du pape Urbain IV » . Les témoins oculaires qui

attestent ce fait ne manquèrent pas d'en conclure « qu'elle ne s'étoit montrée que pour annoncer cette mort » . Au siècle dernier, Dunthome et Pingre calculèrent les éléments paraboliques de Torbite de cette comète, auxquels ils trouvèrent une grande ressemblance avec ceux de la comète de i 556 . « La comète de 1 264 , dit Pingre, est très-probablement la même que celle de 1556 :sa révolution périodique est d'environ deux cent quatre-vingt-douze ans; on peut en conséquence en espérer le retour vers 1 848. »

Cette identité qui a été, jusqu'à ces derniers temps, considérée comme hors de contestation, ferait de la comète en question un astre redoutable, puisque après avoir une première fois présidé à la mort d'un pape, elle serait venue décider à l'abdication un souverain fameux. Aussi la connaît-on dans l'histoire sous le nom de comète de Charles- Quint. Voici ce que dit sur ce point la Cométographie :

« L'apparition de cette comète produisit un effet bien singulier, selon plusieurs écrivains. Elle effraya l'empereur Charles-Quint : ce prince ne douta point que sa mort ne fût prochaine ; il s'écria, dit-on :

His ergo indiciis me mea fata vocant.

« Ce vers a été ainsi traduit en notre langue :

Par la triste comète Qui brille sur ma tête Je connois que les cieux M'appellent de ces lieux.

A cette traduction peu poétique, en style de complainte. Pingre proposait de substituer celle-ci :

Dans ce signe éclatant je Hs ma fin prochaine.

Quoi qu'il en soit, « cette terreur panique, continue-t-il, contribua beaucoup, s'il en faut croire les historiens que j'ai

cités, au dessein que forma Charles V et qu'il exécuta peu de mois après, de céder la couronne impériale à son frère Ferdinand : il avoit déjà renoncé à la couronne d'Espagne en faveur de son fils Philippe. Si ce récit est vrai, on peut mettre ce fait au rang des grands événements produits par de bien petites causes. »

Le récit est-il vrai ? Ce qui est certain, c'est que la tradition avait cours il y a peu d'années encore, comme le témoigne ce passage d'une lecture faite par M. Babinet a l'une des séances publiques de l'Institut : « En 1556, une grande et belle comète apparaît. Charles-Quint, qui temporisait pour son abdication, n'hésite plus : c'est à lui seul que la comète s'adresse, comme au plus illustre de tous les souverains d'alors. 11 espère que l'influence qui le menace comme tête couronnée n'aura plus de prise sur un homme privé, sur un moine. » Est-ce bien là la raison décisive qui a déterminé le fameux empereur à se retirer sous le cloître de San Yuste? Telle n'est pas l'opinion de M. Mignet qui établit que Charles-Quint abdiqua dès 1 555, et qu'ainsi « ce n'est pas la peur de l'astre chevelu de 1 556 qui l'a fait descendre du trône » .

Mais revenons à l'astronomie et aux raisons scientifiques qui ont appelé l'attention des savants sur la comète de 1 264 et de 1556. On vient de voir qu'au xvni* siècle on prédisait le retour de l'astre pour l'année 1848. Dès 1844, Encke croyait que ce retour était en train de s'effectuer et qu'il y avait identité entre la HP comète de cette dernière année et la comète de Charles-Quint. M. Hind, au contraire, calculant les éléments elliptiques de cette IIP comète, lui assignait une période de 41*" 3/4. Mais cette période ne serait peutêtre pas incompatible avec les trois dates de 1264, 1556 et 1844; car le premier intervalle, 1264-1556, donnerait sept périodes de 41*'"' 3/4 et le second, 1556-1844, à peu de

chose près, donnerait le même nombre de révolutions de la comète. Une accélération de quatre années pour un temps aussi long, répartie d'ailleurs sur plusieurs révolutions successives, n'aurait rien que de très-admissible. J. Herschel, dans la sixième édition de ses Outlines ofastronomy^ publiée en \ 858, s'exprime en ces termes au sujet de l'identité présumée des comètes de 1264 et 1556 : ce M. Hind, dit-il, a fait sur ce sujet des calculs d'où il résulte une forte présomption pour cette identité. Cette probabilité est encore augmentée par le fait qu'une comète très-brillante, ayant une queue de 40 degrés de longueur, et visible en plein jour, a paru en l'an 975, et que deux autres comètes ont été signalées dans les annales chinoises comme ayant fait leur apparition en 395 et en 104. S'il est vrai que ces divers astres soient identiques, la période moyenne serait de 292 ans. Mais l'effet des perturbations planétaires peut produire encore de plus grandes différences ; et, bien qu'au moment où nous écrivons, une telle comète n'ait pas encore été observée,* deux ou trois ans peuvent s'écouler, dans l'opinion des juges les plus compétents, sans que son retour doive être considéré comme désespéré. »

Achevons l'histoire de la célèbre comète et des efforts qui ont été tentés pour la retrouver. M. Hind conunença par calculer les perturbations que la comète avait dû éprouver en 1 556 par son passage dans le voisinage de la Terre. On avait attendu d'abord le retour pour 1848. « Mais 1849, 1850, 1851 et 1852 s'étaient écoulés, et la comète, cette grande comète, ne reparaissait pasl En voici enfin des nouvelles — M. Babinet écrivait ces lignes en mars 1853 — que je prends dans l'excellent traité de M. Hind, que je viens de recevoir. Nous les devons à un savant calculateur de Middelbourg (Zélande), M. Bomme, qui semble avoir résolu la question dans toute sa rigueur. Inquiet, comme tous les

cités, au dessein que forma Charles V et qu'il exécuta peu (le mois après, de céder la couromie impériale à son frère Ferdinand : il avoit déjà renoncé à la couronne d'Espagne en faveur de son fils Philippe. Si ce récit est vrai, on peut mettre ce fait au rang des grands événements produits par de bien petites causes, »

Le récit est-il vrai ? Ce qui est certain, c'est que la tradition avait cours il y a peu d'années encore, comme le témoigne ce passage d'une lecture faite par M. Babinet à l'une des séances publiques de l'Institut : c< En 1556, une grande et belle comète apparaît. Charles-Quint, qui temporisait pour son abdication, n'hésite plus : c'est à lui seul que la comète s'adresse, comme au plus illustre de tous les souverains d'alors. 11 espère que l'influence qui le menace comme tête couronnée n'aura plus de prise sur un homme privé, sur un moine. » Est-ce bien là la raison décisive qui a déterminé le fameux empereur à se retirer sous le cloître de San Yuste? Telle n'est pas l'opinion de M. Mignet qui établit que Charles-Quint abdiqua dès 1 555, et qu'ainsi « ce n'est pas la peur de l'astre chevelu de 1 556 qui l'a fait descendre du trône » .

Mais revenons à l'astronomie et aux raisons scientifiques qui ont appelé l'attention des savants sur la comète de 1 264 et de 1556. On vient de voir qu'au xvni® siècle on prédisait le retour de l'astre pour l'année 1848. Dès 1844, Encke croyait que ce retour était en train de s'effectuer et qu'il y avait identité entre la IIP comète de cette dernière année et la comète de Charles-Quint. M. Hind, au contraire, calculant les éléments elliptiques de cette IIP comète, lui assignait une période de 41 "•3/4. Mais cette période ne serait peutêtre pas incompatible avec les trois dates de 1264, 1556 et 1844; car le premier intervalle, 1264-1556, donnerait sept périodes de 41 ""3/4 et le second, 1556-1844, à peu de

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chose près, donnerait le même nombre de révolutions de la comète. Une accélération de quatre années pour un temps aussi long, répartie d'ailleurs sur plusieurs révolutions successives, n'aurait rien que de très-admissible. J. Herschel, dans la sixième édition de ses Outlines ofastronomy^ publiée en \ 858, s'exprime en ces termes au sujet de l'identité présumée des comètes de 1264 et 1556 : «M. Hind, dit-il, a fait sur ce sujet des calculs d'où il résulte une forte présomption pour cette identité. Cette probabilité est encore augmentée par le fait qu'une comète très-brillante, ayant une queue de 40 degrés de longueur, et visible en plein jour, a paru en l'an 975, et que deux autres comètes ont été signalées dans les annales chinoises comme ayant fait leur apparition en 395 et en 104. S'il est vrai que ces divers astres soient identiques, la période moyenne serait de 292 ans. Mais l'effet des perturbations planétaires peut produire encore de plus grandes différences ; et, bien qu'au moment où nous écrivons, une telle comète n'ait pas encore été observée,- deux ou trois ans peuvent s'écouler, dans l'opinion des juges les plus compétents, sans que son retour doive être considéré comme désespéré. »

Achevons l'histoire de la célèbre comète et des efforts qui ont été tentés pour la retrouver. M. Hind commença par calculer les perturbations que la comète avait dû éprouver en 1 556 par son passage dans le voisinage de la Terre. On avait attendu d'abord le retour pour 1848. « Mais 1849, 1850, 1851 et 1852 s'étaient écoulés, et la comète, cette grande comète, ne reparaissait pas! En voici enfin des nouvelles — M. Babinet écrivait ces lignes en mars 1853 — que je prends dans l'excellent traité de M. Hind, que je viens de recevoir. Nous les devons à un savant calculateur de Middelbourg (Zélande), M. Bomme, qui semble avoir résolu la question dans toute sa rigueur. Inquiet, comme tous les

cités, au dessein que forma Charles V et qu'il exécuta peu (le mois après, de céder la couronne impériale à son frère Ferdinand : il avoit déjà renoncé à la couronne d'Espagne en faveur de son fils Philippe. Si ce récit est vrai, on peut mettre ce fait au rang des grands événements produits par de bien petites causes. »

Le récit est-il vrai? Ce qui est certain, c'est que la tradition avait cours il y a peu d'années encore, comme le témoigne ce passage d'une lecture faite par M. Babinet à l'une des séances publiques de l'Institut : « En 1556, une grande et belle comète apparaît. Charles-Quint, qui temporisait pour son abdication, n'hésite plus : c'est à lui seul que la comète s'adresse, comme au plus illustre de tous les souverains d'alors. Il espère que l'influence qui le menace comme tête couronnée n'aura plus de prise sur un homme privé, sur un moine. » Est-ce bien là la raison décisive qui a déterminé le fameux empereur à se retirer sous le cloître de San Yuste? Telle n'est pas Topinion de M. Mignet qui établit que Charles-Quint abdiqua dès 1 555, et qu'ainsi « ce n'est pas la peur de l'astre chevelu de 1 556 qui l'a fait descendre du trône » .

Mais revenons à l'astronomie et aux raisons scientifiques qui ont appelé l'attention des savants sur la comète de 1 264 et de 1556. On vient de voir qu'au xvm* siècle on prédisait le retour de l'astre pour l'année 1848. Dès 1844, Encke croyait que ce retour était en train de s'effectuer et qu'il y avait identité entre la IIP comète de cette dernière année et la comète de Charles-Quint. M. Hind, au contraire, calculant les éléments elliptiques de cette IIl'' comète, lui assignait une période de 41 ""3/4. Mais cette période ne serait peutêtre pas incompatible avec les trois dates de 1264, 1556 et 1844; car le premier intervalle, 1264-1556, donnerait sept périodes de 41 "•3/4 et le second, 1556-1844, à peu de

chose près, donnerait le même nombre de révolutions de la comète. Une accélération de quatre années pour un temps aussi long, répartie d'ailleurs sur plusieurs révolutions successives, n'aurait rien que de très-admissible. J. Herschel, dans la sixième édition de ses Outlinesofastronomy^ publiée en \ 858, s'exprime en ces termes au sujet de l'identité présumée des comètes de 1264 et 1556 : ce M. Hind, dit-il, a fait sur ce sujet des calculs d'où il résulte une forte présomption pour cette identité. Cette probabilité est encore augmentée par le fait qu'une comète très-brillante, ayant une queue de 40 degrés de longueur, et visible en plein jour, a paru en l'an 975, et que deux autres comètes ont été signalées dans les annales chinoises comme ayant fait leur apparition en 395 et en 104. S'il est vrai que ces divers astres soient identiques, la période moyenne serait de 292 ans. Mais l'effet des perturbations planétaires peut produire encore de plus grandes différences ; et, bien qu'au moment où nous écrivons, une telle comète n'ait pas encore été observée,* deux ou trois ans peuvent s'écouler, dans l'opinion des juges les plus compétents, sans que son retour doive être considéré comme désespéré. »

Achevons l'histoire de la célèbre comète et des efforts qui ont été tentés pour la retrouver. M. Hind commença par calculer les perturbations que la comète avait dû éprouver en 1 556 par son passage dans le voisinage de la Terre. On avait attendu d'abord le retour pour 1848. « Mais 1849, 1850, 1851 et 1852 s'étaient écoulés, et la comète, cette grande comète, ne reparaissait pasl En voici enfin des nouvelles — M. Babinet écrivait ces lignes en mars 1853 — que je prends dans l'excellent traité de M. Hind, que je viens de recevoir. Nous les devons à un savant calculateur de Middelbourg (Zélande), M. Bomme, qui semble avoir résolu la question dans toute sa rigueur. Inquiet, comme tous les

cités, au dessein que forma Charles V et qu'il exécuta peu de mois après, de céder la couronne impériale à son frère Ferdinand : il avoit déjà renoncé à la couronne d'Espagne en faveur de son fils Philippe, Si ce récit est vrai, on peut mettre ce fait au rang des grands événements produits par de bien petites causes. »

Le récit est-il vrai? Ce qui est certain, c'est que la tradition avait cours il y a peu d'années encore, comme le témoigne ce passage d'une lecture faite par M. Babinet à l'une des séances publiques de l'Institut : « En 1556, une grande et belle comète apparaît. Charles-Quint, qui temporisait pour son abdicatioii, n'hésite plus : c'est à lui seul que la comète s'adresse, comme au plus illustre de tous les souverains d'alors. 11 espère que l'influence qui le menace comme tête couronnée n'aura plus de prise sur un homme privé, sur un moine. » Est-ce bien là la raison décisive qui a déterminé le fameux empereur à se retirer sous le cloître de San Yuste? Telle n'est pas l'opinion de M. Mignet qui établit que Charles-Quint abdiqua dès 1 555, et qu'ainsi « ce n'est pas la peur de l'astre chevelu de 1556 qui l'a fait descendre du trône » .

Mais revenons à l'astronomie et aux raisons scientifiques qui ont appelé l'attention des savants sur la comète de 1 264 et de 1556. On vient de voir qu'au xvm® siècle on prédisait le retour de l'astre pour l'année 1848. Dès 1844, Encke croyait que ce retour était en train de s'effectuer et qu'il y avait identité entre la HP comète de cette dernière année et la comète de Charles-Quint. M. Hind, au contraire, calculant les éléments elliptiques de cette IIP comète, lui assignait une période de 41 "•3/4. Mais cette période ne serait peutêtre pas incompatible avec les trois dates de 1264, 1556 et 1844; car le premier intervalle, 1264-1556, donnerait sept périodes de 41*°" 3/4 et le second, 1556-1844, à peu de

chose près, donnerait le même nombre de révolutions de la comète. Une accélération de quatre années pour un temps aussi long, répartie d'ailleurs sur plusieurs révolutions successives, n'aurait rien que de très-admissible, J. Herschel, dans la sixième édition de ses Outlines ofastronomy^ publiée en \ 858, s'exprime en ces termes au sujet de l'identité présumée des comètes de 4264 et 1556 : ce M. Hind, dit-il, a fait sur ce sujet des calculs d'où il résulte une forte présomption pour cette identité. Cette probabilité est encore augmentée par le fait qu'une comète très-brillante, ayant une queue de 40 degrés de longueur, et visible en plein jour, a paru en l'an 975, et que deux autres comètes ont été signalées dans les annales chinoises comme ayant fait leur apparition en 395 et en 104. S'il est vrai que ces divers astres soient identiques, la période moyenne serait de 292 ans. Mais l'effet des perturbations planétaires peut produire encore de plus grandes différences : et, bien qu'au moment où nous écrivons, une telle comète n'ait pas encore été observée,* deux ou trois ans peuvent s'écouler, dans l'opinion des juges les plus compétents, sans que son retour doive être considéré comme désespéré. »

Achevons l'histoire de la célèbre comète et des efforts qui ont été tentés pour la retrouver. M. Hind commença par calculer les perturbations que la comète avait dû éprouver en 1 556 par son passage dans le voisinage de la Terre. On avait attendu d'abord le retour pour 1848. « Mais 1849, 1850, 1851 et 1852 s'étaient écoulés, et la comète, cette grande comète, ne reparaissait pas ! En voici enfin des nouvelles — M. Babinet écrivait ces lignes en mars 1853 — que je prends dans l'excellent traité de M. Hind, que je viens de recevoir. Nous les devons à un savant calculateur de Middelbourg (Zélande), M. Bomme, qui semble avoir résolu la question dans toute sa rigueur. Inquiet, comme tous les

astronomes de la non-arrivée de la comète, M. Bonmie a repris tous les calculs et évalué toutes les actions de toutes les planètes sur cette comète de 300 ans de révolution, mois par mois, semaine par semaine et jour par jour quand cela était nécessaire. M. Bonune, aidé du travail préparatoire de M. Hind, avec une patience tout à fait hollandaise, et surtout avec une de ces passions froides, que l'on dit les plus énergiques de toutes, a calculé, au prix d'ime vaste dépense de temps et de travail, toute la marche de la comète. »

Le résultat donna pour époque du retour au périhélie le mois d'août 1858, avec une incertitude en plus ou en moins de deux années. Mais ce fut en vain qu'on attendit, en vain que les télescopes des chercheurs explorèrent toutes les régions du ciel, en vain que de splendides comètes apparurent en 1858, en 1861, en 4862 : la comète de Charles-Quint n'est pas revenue. MM. Hind et Bommo n'eurent pas le bonheur qui récompensa Clairaut, Lalande et M"'' Lepaute au siècle dernier. Comme la comète de Lexell, comme la comète à courte période de Vico, la comète de 1264-1556 doit être considérée comme perdue ; et si en réalité ce sont les circonstances qui l'ont empêchée d'être observée, si elle doit revenir un jour, ce seront nos descendants du XXIP siècle qui auront la satisfaction de fêter le retour de la comète égarée.

Parmi les autres comètes à longues périodes, mentionnons encore la grande comète de 1680, si fameuse par l'hypothèse de Whiston qui lui assignait seulement une révolution de 575 ans, et donnait ainsi à l'une de ses apparitions antérieures la date du déluge. Le déluge, d'après Whiston, avait été causé par la rencontre avec la Terre de la redoutable comète, qui, devant faire périr notre globe par le feu après l'avoir noyé une première fois, était destinée à amener

un jour la fin du monde. Nous reviendrons plus loin sur ces rêveries. D'après les calculs d'Encke, la période de la co^ jûaète de 1680 dépasserait quatre-vingt-huit siècles. A son aphélie, elle s'éloigne jusqu'à 850 rayons de l'orbite terrestre, à 1 25 milliards de kilomètres du Soleil et de la Terre. « A cette énorme distance, dit Humboldt, la comète de 1 680, qui parcourt 393 kilomètres par seconde à son périhélie et dont la vitesse est alors treize fois plus grande que celle de la Terre, ne se meut plus qu'à raison de 3 mètres à peine par seconde ; c'est à peu près le triple de la vitesse de nos fleuves d'Europe, et ce n'est que la moitié de celle que j'ai constatée dans un bras de TOrénoque, le Cassiquiare. » C'est la comète de 1 680 qui a fourni à Newton les éléments de sa théorie des mouvements cométaires. C'est, après la suivante, de toutes les comètes connues celle qui s'est le plus approchée du Soleil : sa distance périhélie est en eflet 0,0062. La grande comète de 1843 a pour distance périhélie le nombre 0,0055, qui équivaut à 815000 kilomètres environ, mesurés du centre de la sphère solaire. De sorte que les noyaux de ces deux astres fameux ont passé l'un à 230 000, l'autre à 1 2o 000 kilomètres seulement de la surface du Soleil, traversant ainsi certainement l'atmosphère hydrogénée dont les couronnes des éclipses totales ont accusé l'existence.

La grande comète de 1769 qu'on observa en Europe, à l'île de la Réunion, et en mer près des Canaries, a été calculée comme ayant une orbite elliptique par Euler, Lexell et Pingré, mais avec une période incertaine de 450 à 1230 ans. Bessel, après une discussion approfondie, a fixé à 2090 ans sa période la plus probable, mais l'incertitude est toujours d'au moins 500 ans. On voit par là quel vague reste encore dans cet élément de l'orbite. Une incertitude semblable existe pour la période de la comète de 1843 qui, si on la supposait iden-

tique, comme on l'a cru, à celle de 1668, aurait 175 ans de révolution au lieu de 376 ; et aussi pour la comète de 1793 dont la période avait été calculée d'abord de 12 années; mais celle de 422 ans, que nous avons donnée d'après d'Airest, résulte d'une élude plus approfondie. La comète de Vico (1846), de 2721 ans, n'a pas une période plus certaine : l'approximation n'est que de 400 à 500 ans en plus

Fie. 30. — Grande camtle de 1811.

OU en moins. La comète de 1840, période de près de 14 000 ans, n'aurait d'après M. Loomis que 2423 ans de révolution. On a vu plus haut une différence de même ordre pour la fameuse comèle de 1 680. Mais les discussions les plus récentes des éléments de toutes ces comètes doivent inspirer plus de confiance : c'est la raison qui nous les a fait préférer aux éléments anciens.

Deux comètes doivent être encore signalées parmi celles du tableau précédent : l'une, la grande comète de 1825 ou

du Taureau^ a paru peudant près d'une année, depuis le 15 juillet 1825, jour de sa découverte par Pons, jusqu'au 5 juillet 1826, dernier jour où elle a été vue ; l'autre comète est celle de 181 1 , la grande comète qui a été observée aussi en 1812 et qui a fait sensation en Europe, dans l'Occident parce qu'on lui a attribué Texcellent vin connu sous le nom Alevin de la comète j dans l'Orient parce que les Russes l'ont regardée comme le présage de la grande et fatale guerre du premier Napoléon contre la Russie.

Les comètes à longue période n'ont rien qui les distingue des autres, si ce n'est les énormes distances où toutes s'éloignent du Soleil à leur aphélie. L'orbite la plus courte va encore dépasser les limites connues du système planétaire, de 48 fois la moyenne distance du Soleil à la Terre ; la comète de 1845 s'éloigne en eflfet jusqu'à deux fois et demie la distance de Neptune,' en im mot jusqu'à deux milliards cinq cent vingt millions de lieues. La comète de 102000 ans s'enfonce à une distance 55 fois plus considérable encore. Enfin, les deux dernières comètes de notre tableau, qui effectuent leurs révolutions, la première en 1 840 siècles, la seconde en 2800 siècles, pénètrent à leurs aphélies dans des régions de l'espace si lointaines qu'il faudrait alors à la lumière, pour venir de ces astres jusqu'à la Terre, 171 jours pour l'une et 230 jours pour l'autre. La comète de 1864 franchit, loin du Soleil, le cinquième environ de la distance de l'étoile Alpha du Centaure à notre système, puisque la distance de cette étoile au Soleil est égale à 200 000 fois au moins la moyenne distance du Soleil à la Terre : c'est, il est vrai, un voyage qui dure un million quatre cent mille années pour V aller ^ im million quatre cent mille années pour le retour. Il n'est donc pas juste de dire, comme on l'a fait en parlant de la comète de 1844 ou de 102000 ans, qu'elle est allée

se plonger dans l'espace à une distance plus grande que la Lyre, la Chèvre, Sirius : on voit que cela est loin d'être vrai, même pour les comètes dont la période se mesure par des millions d'années; mais rien n'empêche qu'il en soit ainsi, pour des comètes à orbites paraboliques ou hyperboliques.

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