‹ Les comètesChapitre 37 sur 122 · STATISTIQUE COMÉTAIRE · texte numérisé non relu

STATISTIQUE COMÉTAIRE

ellipse ; la comète en ce cas est une comète périodique ; on a pu, avec plus ou moins d'approximation, déterminer la durée de sa révolution autour du Soleil. Enfin, si Texcentricité est supérieure à 1 , on a affaire à une orbite formée d'une branche d'hyperbole.

Cela posé, sur les 3H comètes cataloguées, nous trouvons 177 orbites paraboliques, 120 orbites elliptiques, et seulement 14 orbites hyperboliques. Mais ces nombres doivent être modifiés, parce qu'ils s'appliquent, non aux comètes distinctes, mais à toutes les apparitions, et dès lors à des comètes qui, ayant été revues à diverses époques, sont comptées ici plusieurs fois. Défalcation faite de ces apparitions multiples, on trouve en tout 264 comètes distinctes, dont les orbites se distribuent ainsi :

Orbites paraboliques 177

Orbites elliptiques 73

Orbites hyperboliques l/i

Ceci nous prouve que, dans le nombre des comètes connues, ce sont celles qui eflFectuent réellement leurs révolutions autour du Soleil et, à moins de perturbations inconnues, restent attachées à notre système solaire, qui sont les plus nombreuses : en ne regardant que les 87 comètes à orbites déterminées, il y en a 1 sur 6 seulement étrangère à notre système. Quant aux 177 comètes à orbites paraboliques, il reste toujours un doute, celui de savoir si Ton a affaire à des ellipses excessivement allongées ou à des hyperboles très-peu différentes de la parabole.

Si les 1 77 orbites qui semblent paraboliques étaient réparties dans la même proportion entre les orbites réellement elliptiques ou décidément hyperboliques, on trouverait alors, à peu près, sur 264 comètes distinctes :

222 orbites elliptiqiies ou comètes périodiques ; ili2 orbites hyperboliques ou étrangères au système solaire.

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Maintenant, n'oublions pas que, sur le nombre total des 73 orbites elliptiques calculées, 9 seulement appartiennent à des comètes qui ont effectué réellement leur retour ou, ce qui revient au même, ont été observées deux fois au moins dans leurs révolutions successives.

Passons maintenant à un élément qui a une grande importance pour l'étude de la distribution des comètes dans Tespace, rinclinaison des plans des orbites. L'inclinaison ne sufBt pas pour indiquer quelle est cette distribution; il importera d'y joindre les éléments qui fixent la position de la courbe suivie par la comète dans son plan : d'abord la position du plan lui-même donnée par la longitude du nœud, puis celle de l'axe de l'orbite, ou la longitude du périhélie.

Commençons par l'étude des inclinaisons.

On sait déjà qu'elles varient entre 0"* et 90"*. En un mot, certaines comètes se meuvent pour ainsi dire dans l'écliptique ou s'en écartent peu; on pourrait les appeler des comètes zodiacales; d'autres sont moyennement inclinées sur l'orbite de la Terre; d'autres enfin parcourent leui's routes dans des courbes qui coupent presque à angle droit la route suivie par notre planète et par les autres planètes du système.

Voici le tableau de cette distribution, où nous ne faisons entrer maintenant que les comètes distinctes :

lXCLI5AlflO!tS KOSIMB

comprises entre : dos comètf s

0« et 10» 21 \

30» — /iO« 23

STATISTIQUE COMÉTAIRE i«>3

11 manque dans ce tableau les inclinaisons de 9 comètes.

Ces nombres montrent avec évidence que les grandes inclinaisons sont plus fréquentes que les faibles. Ainsi, les comètes que nous proposions plus haut d'appeler zodiacales ne forment pas le quart des comètes cataloguées et distinctes. Les trois autres quarts se partagent à peu près également entre les inclinaisons moyennes et les fortes inclinaisons.

IN 'y a-t-il pas là un témoignage irrécusable de Torigine extra-solaire d'un grand nombre de comètes, puisque la divergence entre les plans où elles se meuvent et les plans des orbites des planètes est si grande ? Ce caractère nous semble d'autant plus frappant que, parmi les comètes à faibles iiiclinaisons, il y en a un grand nombre dont la direction du mouvement est en même temps rétrograde, de sorte que c'est une incompatibilité de plus à joindre à celles qui différencient ces mouvements des mouvements des planètes.

Nous arrivons aux longitudes des nœuds ascendants et à celles des périhélies. En voici le tableau :

LOKGnx'DBS DBS IKEUDS XOMBRB DU COMéTBS KOllBae DB8 CO|IKTBS

et det périhélies cumprises entre oosads périhélies

0«> et 30*> 20 \ 17

150° — 180° 22 ) ilx)

270° — 300° ilx \ 30

Il y a plus d'uniformité, comme on voit, dans la répartition des nœuds que dans les inclinaisons. Néanmoins, dans le dernier quart de la circonférence de Técliptique, le nombre

16i LES COMÈTES

des comètes qui viennent traverser le plan de l'orbite de la Terre, du sud au nord, est notablement plus faible que dans les trois autres. Quant aux périhélies, la différence est moins sensible encore. Nous avons vu qu'en serrant la question de plus près, qu'en comparant les points opposés, les aphélies de comètes particulières, M. Hœk est arrivé à cette conclusion intéressante, qu'un certain nombre de ces astres se réunissent en groupes, et que chacun de ces groupes comprend des comètes ayant probablement une commune origine.

Comparons maintenant les comètes cataloguées sous le rapport des distances périhélies. Prenons la moyenne distance de la Terre au Soleil pour unité, partageons-la en dixièmes, chaque dixième correspondant à 2320 rayons équatoriaux de notre globe ou à environ 1 4 800 000 kilomètres. On trouvera que les plus courtes distances où 258 comètes distinctes s'approchent du Soleil indiquent la répartition suivante :

sitTAxen MnnnlLTia 5ombbs

comprise! eotre dei comèt«s

0,0 et 0,1 , 11

lj5 — 2,0 7

STATISTIQUE COMÉTAÏRE 105

Ce tableau nous montre que les comètes de beaucoup les plus nombreuses sont celles comprises dans le voisinage de la Terre, entre les planètes Vénus et Mars, dont les distances moyennes sont, comme on sait, 0,723 et 1,524 : on n'en compte pas moins de 130. Au contraire, les comètes dont le périhélie est au delà de Torbite de Mars, et même de celle de Jupiter, sont peu nombreuses ; il y en a 15 en tout. 53 comètes ont leur périhélie compris entre le Soleil et Mercure, 60 entre les orbites de Mercure et de Vénus. Mais nous avons déjà dit, dans le paragraphe consacré au nombre des comètes, que cette distribution n'est probablement qu'apparente, parce que, n'étant visibles de la Terre que dans le voisinage de leur périhélie, les comètes qui n'approchent du Soleil qu'à une distance supérieure à celle de Mars, sont dans des conditions très-défavorables à l'observation : à moins d'un éclat exceptionnel, elles passent inaperçues de la Terre. Les comètes qui ont une distance périhélie comprise entre les orbites de Vénus et de Mars sont au contraire assez voisines de la Terre; mais, d'autre part, leur voisinage rend leur marche apparente très-rapide et elles ne sont visibles que pendant un temps assez court. En résumé, ce sont les comètes passant entre le Soleil et Vénus qui ont le plus de chances d'être observées, et qui, dans l'hypothèse d'ime égale distribution dans l'espace, doivent être les plus nombreuses eu égard aux volumes des sphères qui renferment leurs distances périhélies.

Enfin, considérons le sens du mouvement des comètes. Toutes celles dont l'orbite, projetée sur l'écliptique, est parcourue dans le sens du mouvement de la Terre, sont directes ; toutes celles qui ont un mouvement opposé sont rétrogrades. Or, sur 252 comètes distinctes, il y a 1 29 comètes rétrogrades, et 123 comètes directes. C'est à trois comètes près

]m LES COMÈTES

Tégalité. Voici maintenant comment ces nombres se répartissent entre les orbites paraboliques, elliptiques et hyperboliques :

# Paraboliques Courtes a uouveuent direct : ) Elliptiques UU \ 123

( Hyperboliques

/ Paraboliques Comètes a mouvement RÉTRocnADE : | Elliptiques 27 \ 129

( Hyperboliques

Les comètes décidément elliptiques semblent se mouvoir plus nombreuses dans le sens des mouvements planétaires que les comètes paraboliques. Toutefois, comme la nature vraie des courbes décrites par ces dernières est douteuse, il n'est guère possible d'en tirer aucune conclusion sur la prédominance de l'un ou de l'autre sens de mouvement. Ce qui est plus significatif, c'est que sur 9 comètes périodiques, à retour constaté, une seule, celle de Halley, a un mouvement rétrograde, et c'est une comète dont l'aphélie dépasse les limites actuellement connues du système planétaire. En y comprenant les 7 autres comètes périodiques intérieures non encore revues, on constate de même que le mouvement direct est commun à 14 d'entre elles, et que deux seulement parcourent leurs orbites dans un sens rétrograde. Ces rapprochements deviendront peut-être plus frappants encore, si l'on observe que les inclinaisons des neuf premières comètes sont presque toutes comprises dans les limites du zodiaque. L'une d'elles, celle de Brorsen, a une inclinaison plus forte, de 29*" et 1 /2 environ, moindre toutefois que les inclinaisons de trois des petites planètes qui circulent entre Mars et Jupiter. La comète de Tuttle fait seule exception, son inclinaison dépassant 54''. Parmi les neuf autres comètes périodiques intérieures, une seule, la comète 1 846 IV a une forte inclinaison de 85**, deux autres atteignent 30"* ; six ont une faible mclinaison.

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Telles sont les comparaisons que l'étude des éléments des orbites, fournis par les catalogues actuels, nous ont suggérées. Il y aurait lieu sans doute de multiplier les rapprochements de ce genre et d'en tirer les conséquences probables. C'est un travail qui exigerait de longues et minutieuses recherches : qu'il nous suffise d'avoir donné à nos lecteurs une idée de ces rapports. Si, au lieu de se borner à ces données, on voulait y comprendre toutes celles qui ont pour objet l'aspect physique et la constitution des comètes, depuis surtout qu'elles sont observées aux télescopes, la mine serait autrement féconde. On arriverait peut-être ainsi à une sorte de classification naturelle des comètes, qui se distingueraient en genres et en espèces, ou même en variétés. On rendrait plus facile l'explication physique des phénomènes qu'elles présentent, parce qu'on ne serait point forcé d'appliquer à toutes une théorie qui peut être bonne pour les unes et insuffisante pour les autres. C'est ce que le lecteur comprendra mieux, quand il aura pris connaissance de ce côté de la question, des phénomènes eux-mêmes et des explications proposées. Tel va être le principal objet des chapitres qui suivent.

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