PRÉFACE IX
table joui^ le vrai rôle qu'elles jouent dans le monde solaire et dans l'univers même.
Les Comètes, — Laplace l'avait pressenti, — sont d'une autre origine que les planètes. L'excentricité de leurs orbites, l'inclinaison des plans dans lesquels elles se meuvent, leur marche tantôt directe, tantôt rétrograde, les différencie profondément des planètes. Leur stnicture intérieure, l'apparence nébuleuse de presque toutes, les rapides changements qu'on observe dans leurs noyaux et dans leurs atmosphères , sont des caractères qui ne tranchent pas moins avec la forme permanente et globulaire, solide ou liquide, de la plupart des planètes. Quelques Comètes se meuvent certainement dans des orbites infinies. Donc elles sont étrangères à notre monde, qu'elles viennent visiter en passant. Celles qui sont périodiques ont le plus souvent des routes si allongées, qu'elles vont, après des voyages dont la durée se compte par milliers de siècles, se perdre loin du Soleil, loin du foyer directeur de tous les mouvements. Est-il certain qu'elles le rejoindront à leur retour et que ces égarées ne seront point, à la fin, des astres perdus pour notre monde?
En tout cas, elles nous arrivent de l'infini. Et si les vues nouvelles d'un savant hollandais, M. Hœk, sont fondées, comme il le semble, ce n'est pas isolées, mais par groupes, que ces nébulosités, — disons ces nébuleuses, puisque la structure des Comètes paraît analogue à celle des nébuleuses proprement dites, — parties des profondeurs sidérales, pénètrent jusqu'au cœur de notre système. Voilà donc le lien réel, le lien matériel qui établit une communication directe, ininterrompue, entre le monde solaire et ces millions, ces milliards d'étoiles qui font la splendeur des cieux.
Mais la nature physique de ces frêles messagères de l'es-