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TRANSFORMATIONS PHYSIQUES DES COMÈTES

§ I — Aigrettes, secteurs lumineux, émissions

NUCLÉALES

Prédominance des atmosphères dans les comètes. — Aigrettes lumineuses ; enveloppes vaporeuses émanées du noyau, dans les comètes de 1835, 1858, 1860 et 1861. — Formation des enveloppes dans la comète de Donati; diminution progressive de la vitesse d'expansion dans les émissions nucléales.

Les plauètes, vues au télescope, sont des corps de forme, de dimensions arrêtées, probablement invariables, autant que nous en pouvons juger pendant la courte période de deux siècles qui s'est écoulée depuis Tinvention des lunettes. Une masse globulaire, solide ou liquide, qu'une légère et relativement mince couche aériforme enveloppe de tous côtés, telle est, au point de vue physique, la plus sommaire définition d'une planète : ce qui en fait la permanence relative, c'est d'une part la prépondérance du globe central, où les phénomènes généraux semblent ne se modifier qu'à de longs intervalles; c'est d'autre part le peu d'épaisseur de son atmosphère, c'est-à-dire de la partie de la planète la plus sujette aux variations, aux mouvements intestins.

Dans les comètes, nous avons pu voir déjà que ce rapport

est renversé. C'est l'atmosphère, c'est l'enveloppe nébuleuse qui prédomine, quand elle ne constitue pas l'astre tout entier. Tout au plus peut-on pressentir que quelques comètes ont un noyau solide ou liquide ; en tout cas, le volume n'est généralement qu'une très-faible partie du volume total de la nébulosité, même en n'y comprenant point la queue ^ Telle comète qui, dans une portion de son orbite, semble réduite à une nébulosité simple, peu à peu présente une condensation lumineuse, un noyau : ce noyau augmente ou diminue de volume et d'éclat. Il ne parait pas que rien de stable persiste dans la constitution de ces astres singuliei^s . Aussi la variabilité d'aspect parait être un des caractères particuliers aux comètes. DiVjà nous avons vu les noyaux et les atmosphères changer considérablement de volume et de forme dans le cours d'une même apparition ; nous avons vu naître, se former, se développer, pour diminuer et se réduire bientôt à rien, les immenses appendices dont beaucoup de comètes se sont trouvées accompagnées. Il reste à étudier les changements intérieurs, ceux qu'on ne peut constater sans l'emploi d'instruments d'une grande puissance ; il reste à voir s'il n'y a pas un lien entre les phénomènes extérieurs des queues et les mouvements de la chevelure et du noyau ; si les uns et les autres ne se rattachent pas à quelque influence extérieure, comme la chaleur solaire ou toute autre force naturelle. Les comètes, décrivant toutes des orbites d'une excentricité considérable, doivent, dans le cours d'une de leiu's révolutions, se trouver exposées à des différences énormes de température ; les variations extrêmes de chaleur et de froid qui se font sentir pour elles du périhélie à Taphé-

1. Les tableaux de la page 212 nous montrent que les volumes des noyaux, dans les comètes de 1799 et de 1807, ne sont environ que les 27 millièmes de ceux des nébulosités ; ce rapport descend à 1/8000 dans la comète de 1843, à 1/20000 000 dans la grande comète de 1811.

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