VARIATIONS DE LA COMÈTE DE HALT.EY
lie ne peuvent manquer de provoquer dans ces masses de vapeur, de gaz ou de corpuscules disséminés sous d'immenses volumes, des mouvements, des dilatations ou des contractions, peut-être des actions chimiques, dont nous ne pouvons, sur notre planète, avoir aucune idée : les phénomènes des taches et des protubérances solaires seraient seuls capables de nous fournir quelques termes de comparaison avec ces rapides et singulières transformations. Mais arrivons aux faits qui justifient ces conjectures et leur donnent une haute probabilité.
Les changements continuels dont les têtes d'un certain nombre de comètes sont le siège, ont été pour la première fois constatés par Heinsius, observant à Saint-Pétersbourg la grande comète de 1744 ou de Chéseaux. « Le 5 janvier, dit Arago, Heinsius ne vit rien d'extraordinaire sur la chevelure de la comète ; mais, le 25, il y découvrit une aigrette lumineuse en forme de triangle, dont la pointe aboutissait au noyau, et l'ouverture était tournée vers le Soleil. Les bords latéraux de cette aigrette paraissaient courbés comme s'ils avaient été repoussés de dedans en dehors par l'action du Soleil. Le 2 février, ces mêmes bords, plus courbés encore, formaient les deux cotés d'un commencement de queue qui devint plus distincte les jours suivants. »
Ces observations restèrent isolées jusqu'au retour de la fameuse comète de Halley en 1835. La formation de secteurs lumineux qui semblaient s'élever du noyau vers le Soleil, la variation de leurs positions, de leur nombre et de leur éclat, tous ces phénomènes si curieux et si histructifs furent observés en plusieurs points de l'Europe- : à l'Observatoire de Paris par F. Arago, à Dessau et à Kœnigsberg par Schwabe et par Bessel, à Markree (Islande) pai» Cooper, à Florence par Amici. Depuis le 7 octobre jusqu'au 10 no-
vembre, la tète de la comète présenta une succession d'aspects dont nous reproduisons ici quelques échantillons (voyez la planche VIII, où l'aspect de l'atmosphère de la comète est représenté d'aprèsles observations de J. Herschel au Cap. et la figure 39, où cet aspect est donné d'après les dessins de Schwabc). En étudiant et eu interprétant ces résultats, Bes-
KiG. 39. — Sactcun lumîneui et aigrettes de lu comète de Halley d'iprèi Schnabe. — 1.7 oclobre 1835. — ï. 11 oclobre. — 3. 15 OH^hrc. — i. 21 oclobrt. — 5. 22 octobre. — 6. 23 octobrr.
-sel, l'illustre astronome de Kœnigsberg, a appelé l'attention dessavantset des observateurs surcette branchejusqu'ici trop négligée de l'astronomie cométaire, résultat auquel la plume si populaire d'Arago contribua d'un autre côté par ses notices insérées dans V Annuaire du bureau des longitudes . Bessel insista surtout sur un fait d'une haute importance : il avait remarqué que le cône lumineux, secteur ou aigrette, émané du noyau, d'abord émis dans la direction du rayon vecteur.
LA COMÈTE DE HALLEY EN rSSS.
ViprtiJ. Hertchel. — 1. Vue de la comète i l'œil nu, duM 0[Aiucu>, le Si oclobre 1S3S. — S. Id. Vu« dam une luneltc de sept pieds de rojrer. — 3, i, S, 6. DéUiii de U tHe de U comité, di ■■ fln d'octobre 1ft35 au commence nipnl <1p février 1836.
AIGRETTES ET ENVELOPPES LUMliNEUSES 221
s'éloignait peu à peu et d'une quantité notable de sa direction primitive, pour y revenir et la dépasser de nouveau, mais en sens inverse. Delà il concluait à l'existence d'un mouvement de rotation ou plutôt d'oscillation de la tête et du noyau dans le plan de l'orbite. C'est cette oscillation qui donna lieu à Thypothèse, à tous égards remarquable, de Texisteuce d'une force polaire ayant sou foyer d'action dans le Soleil, et faisant osciller les corps cométaires, comme un barreau magnétique fait osciller l'aigrette aimantée. Nous consacrerons plus loin un paragraphe spécial à l'exposé de la théorie du grand astronome de Kœnigsberg.
Quatre autres comètes ont présenté des phénomènes analogues , mais avec des différences que nous allons signaler : ce sont la comète de Donati (1858); celle de 1860 III; celle de 1861 II; et enfin la comète de 1862 II, pour laquelle nous entrerons dans quelques détails. Ces détails feront comprendi'e le mode de formation et de succession des aigrettes lumineuses, des enveloppes nébuleuses auxquelles ces aigrettes donnent naissance , et enfin des queues, que la matière cométaire ainsi sortie du noyau parait former sous l'influence d'une sorte de refoulement
dont il s'agira ensuite de rechercher la cause.
Dans la comète de Donati, les jets de matière lumineuse qui s'échappaient du noyau, comme autant d'aigrettes se développant en forme d'éventail du côté du Soleil, produisirent autour de la tête des enveloppes successives qui, en s'éloignant, diminuaient d'éclat et se rapprochaient les unes des autres. Cette sorte de compression a été considérée par Bond comme résultant d'une diminution progressive dans la vitesse d'expansion de chaque enveloppe. Sept enveloppes successives se sont ainsi formées, s'élevant audessus du noyau dans des périodes qui ont varié de 4 jours ^ 16 heures à 7 jours 8 heures. Chacune d'elles restait ainsi
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Fk. 40. — F'oruitîoa art aisrtUf* rt Fie. il. — Cowte tie I8U, III. le
dr* enirloppn laminraH^. Comrli^ 37 inia, d'aprn W dcNiu 4e Bond,
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Fjg. 42. — EnTeloppea liimincuwi de Fie. 43. — Le 2 oclobre, la niénic e«. la cninitc de Uonnti. Le 30 tep- ruèle, il'aprn lei deuioi de Bond,
tembre lBâ8.