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SECTEURS 1,L:MINEUX ET ENVELOPl'ES 223
curamc retenue par le noyau un certain temps, acquérant graduellement la propriété d'être refoulée en arrière pour aller former, de chaque côté, les deux branches de la queue principale. Les aigrettes ont montré toujours la même direction vis-à-vis du Soleil , de sorte qu'on en doit conclure que ni le noyau ni la chevelure n'étaient doués d'un mouvement de rotation sensible ; qu'aucune oscillation du
KiG, ii. — Furmnlion des enreluppes lumineuseï dsni la comète de Doniti, le 6 octobre.
genre de celle observée par Bessel ne s'est manifestée dans la tête de la comète de Donati, sauf le mouvement qu'exige la direction constante des secteurs lumineux vers le Soleil. Cette absence même de rotation, selon Bond, implique l'action d'une force polaire émanée du Soleil et maintenant l'axe du noyau vers le foyer du mouvement.
Les comètes de 1860 et 1861 ont également été le siège d'émissions uucléales daus une direction permanente , la
2n LES COMÈTES
première pendant deux semaines, la seconde pendant im mois. Onze enveloppes successives sont sorties du noyau de la comète de 1861, à des intervcJles réguliers de deux jours. Leur développement et leur dissipation finale se sont accomplis, comme on voit, avec une bien ^plus grande rapidité que ceux de la comète de Donati.
§11 — Oscillations des aigrettes lumineuses; comète de 1862
Observations de J. Ghftcoruac sur la grande comète de 1862. -» Formation des secteurs lumineux, émanés du noyau, — Oscillations des aigrettes, et reroulement de U matière nucléale.
Nous allons assister maintenant aux évolutions des secteurs lumineux de la grande comète de 1862, laquelle a présenté, au contraire , des oscillations analogues à celles des aigrettes de la comète de Halley. Nous suivrons, pour cela, la description de notre savant et regretté compatriote J. Chacornac, si prématurément enlevé à la science qu'il cultivait avec un zèle, ime passion sans bornes. Les dessins dont nous accompagnons le texte (fig. 46 et 47) nous ont été remis par lui-même, pendant la durée de l'apparition de cette comète remarquable.
Dès le 10 août 1862, Chacornac constatait dans la tète de l'astre la présence d'une aigrette lumineuse, d'un secteur brillant tourné vers le Soleil, et qui, de 46 degrés d'amplitude à trois heures du matin, s'était ouvert, le lendemain à deux heures, « comme la corolle d'un convolvulus et embrassait 65 degrés. Le noyau avait, le 10, l'aspect d'une fusée, ayant un diamètre beaucoup plus étendu dans
AIGRETTES DE LA COMÈTE DE l8Gâ ^5
la direction du rayon vecteur que dans la direction perpendiculaire. » Notons que le contraire s'était présenté dans les noyaux des comètes de 1858 et 1861, aplatis dans le sens du rayon vecteur. Le 1 1 , les deux diamètres se rapprochaient de l'égalité. De nouvelles aigrettes se détachèrent ainsi successivement du noyau, et, à la date du 26 août, à dix heures du soir, l'observateur concluait qu'elles s'étaient succédé, du 10 au 26, au nombre de 13;
FiG. dS. — ËtoluUon det ugreltei ou Kcleun lumiaeui, duu lu grande comète de 1863, d'aprèi ]. Charconac. Tête de Is comète, vne le 23 août, ï nne heure du malin et le même jour i oeuf heure» du toir.
mais on va voir avec quelles particularités curieuses. Ayant suivi pendant tout cet intervalle, excepté durant trois nuits où le ciel fut couvert, les aigrettes successives, Chacomac a donné eu ces termes la description sommaire et l'interprétation des phénomènes :
« Le noyau de la comète émet périodiquement, dans la direction du Soleil, un jet gazeux d'où s'échappent des particules de matières cométaires, comme s'échappe d'un pistou de machine un jet de vapeur. Ce jet conserve pendant un certain temps des formes rectiligncs, comme si une force
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do projection considérable, résulant dans le noyau, lun— (,'aît les particules dans cette direclion ; puis il s'infléchit un peu, prenant la forme d'un cnne légèrement cintré, « A ce moment, la matière cométaire, s' accumulant à l'extrémité du jet la plus rapprochée du Soleil, forme une espèce de nuage dont les contours arrondis , d'après Chacomac, sembleraient indiquer qu'à cette distance du noyau, la force
FiG. il. — Èvululiun dut uijjrcllus Uu la comète de 1862, d'après J. Qiuocdk. Le 33 août à neuf heures du toir, el le Si aoât i la mèioe beure.
de projection est vaincue par une résistance qui lui est opposée; refluant alors de part et d'autre, ainsi que le fait un jet do fumée refoulé par le vent, cette matière se répand en nappe de niveau {fig. i6 et 47) dont l'écoulement a lieu dans la direction de la queue. »
» Peu à peu, le cône vaporeux, dont l'axe et le sommet ont toujours paru les portions les plus lumineuses, prend un aspect diffus, nébuleux, comme si une épaisse atmosphère le voilait davantage; l'éclat du centi-e s'affaiblit, celui des