‹ Les comètesChapitre 59 sur 122 · AIGRETTES DE LA 'COMÈTE DE · texte numérisé non relu

AIGRETTES DE LA 'COMÈTE DE

côtés augmente et le cône s'élargit. L'aspect diffus continuant d'augmenter, le jet gazeux se déforme, la lumière de l'axe disparait, et tout semble indiquer que l'émission nucléale a cessé de se produire dans cette direction. Le noyau apparaît rond, brillant. A cette époque, dans un angle de position incliné sur le rayon vecteur de 30 degrés environ vers Test, apparaissent les premières traces d'un nouveau jet qui succède à celui-ci ; et, à mesure que ces traces deviennent plus apparentes, le jet vaporeux, dirigé primitivement au Soleil, continue de s'élargir en se courbant de plus en plus, jusqu'au moment où, déformé insensiblemeni, il se réduit à un léger brouillard étalé, conservant à peine les traces de sa forme et de sa direction primitives. Dans cet état, l'enveloppe hémisphérique qui entoure l'aigrette est précisément plus brillante, mieux limitée dans la partie correspondante au rayon diffus en voie de dispersion que partout ailleurs.

» Dans la période de temps où le rayon dirigé au Soleil s'est dispersé, le nouveau s'est développé progressivement comme le précédent, c'est-à-dire que le noyau s'est allongé peu à peu sous la forme d'un cône, dégageant des pau^icules gazeuses de toutes les parties de sa surface, lesquelles, en s'élançant suivant la direction de l'axe, ont formé le nouveau jet que, seize heures plus tard, on retrouve à la même phase que celui-ci. On peut suivre sur ce nouveau rayon les mêmes changements que ceux décrits pour le précédent, en remarquant toutefois que ce nouveau jet gazeux alimente la partie orientale de l'enveloppe hémisphérique et l'autre branche de la queue. D'après les observations que le temps m'a permis de faire, ces émissions nucléales auraient eu lieu alternativement depuis le 9 août, et, à chaque rayon dirigé au Soleil ou dans une position voisine, aurait succédé un autre rayon incliné sur celui-ci, en sorte que le nombre

(les jets vaporeux émis par le noyau, depuis cette époque jusqu'au 26 août à dix heures du soir, s'élèverait à treize. Depuis l'époque du passage de la comète à sou périhélie, le jet qui correspondait, à peu près, à la direction du rayon vecteur s'est incliné peu à peu dans Touest, de manière que l'autre jet, tourné vers Test, se dirige actuellement au Soleil. »

En rapprochant ces phénomènes, d'un si haut intérêt, de ceux que nous avons décrits plus haut, il est impossible de n'être pas frappé, à la fois, de la similitude qu'ils présentent avec ceux qui ont éveillé l'attention de Bessel dans la comète de Halley, et de la différence que les mêmes phénomènes accusent avec ceux dont la grande comète de 1858 a été le siège. Il ne paraît pas qu'aucune trace d'oscillation se soit manifestée dans les secteurs lumineux de ce dernier astre, tandis que le développement des auréoles concentriques en a été le principal caractère. De même, c'est le mouvement oscillatoire, plus ou moins rapide, qui a surtout, dans les comètes de 1835 et de 1862, caractérisé les jets de matière vaporeuse et lumineuse émanés des noyaux. Il ne faut pas perdre de vue ces différences et ces analogies, quand on cherche à ramener à une cause physique unique les transformations dont les atmosphères des comètes pai'aissent être le siège incessant, surtout dans le voisinage de leur périhélie.

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