‹ Les comètesChapitre 6 sur 122 · XII PRÉFACE · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE

cile de comprendre comment on est passé des préjugés les plus extravagants aux sereines et rassurantes conceptions de la science contemporaine.

Dans l'ancienne Grèce, dans les temps héroïques, les Comètes, comme tous les météores, n'éveillent que des idées gracieuses. Voyez Homère : c'est Minerve, c'est Apollon, ce sont les brillants dieux de l'Olympe qui se manifestent ainsi aux mortels. Plus tard, elles deviennent des présages funestes. Les Romains, plus sévères, les interprètent déjà comme des signes de mauvais augure, comme les avant-coureurs de calamités. Les idées vont en s'assombrissant encore dans le moyen âge : les Comètes ne sont plus alors que des astres de malheur, de ruine et de mort. La terrible et grandiose idée de la fin du monde, si répandue dans ces temps de ténèbres, domine tout et donne son cachet k tout. Enfin, avec la Renaissance, l'observation scientifique dissipe lentement les préjugés ; au x\nf siècle, le droit de la libre interprétation de la nature a repris son empire ; ou parle des comètes d'un ton dégagé, on raille ces astres si redoutés naguère.

La science contemporaine, plus profonde, rend aux comètes leur majesté et leur importance, mais aussi elle dépouille à tout jamais leurs apparitions de toute vaine superstition et de toute terreur.

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