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CROYANCES ET SUPEHSTITIONS RELATIVES AUX COMÈTES

§ I — Les Comètes considérées comme présages

1^8 comètes ont été regardées de tout temps et dans tous les pays, comme les signes avant-coureurs d'événements funestes. -- Antiquité et universalité de cette croyance ; son origine probable. — Opinion de Sénèquc : les phénomènes habituels et réguliers n'attirent point l'attention de la foule. Les météores, les comètes font sur elle au contraire, une impression profonde. — Sous ce rapport^ les modernes ressemblent aux anciens contemporains de Sénèque. — Les cieux incorruptibles des anciens, opposés aux régions sublunaires ou atmosphériques : les astres et les météores. — Confusion inévitable de certains phénomènes célestes ou cosmiques avec les météores de Tair.

Dans tous les pays, dans tous les temps, Tapparition d'une comète a été considérée comme un présage. Présage heureux ou malheureux selon les circonstances, Tétat des esprits, le degré de superstition des peuples, Timbécillité des princes ou le calcul des courtisans. La science elle-même a ajouté foi à la signification, le plus souvent redoutable, terrible, donnée par la commune croyance à l'arrivée subite et inattendue d'un de ces astres étranges. Il' n'y a pas deux siècles, nous le verrons bientôt, que des savants, des astronomes d'un grand mérite croyaient encore à l'influence des

comètes sur les événements humains. Quoi donc crétonnant si Ton trouve aujourd'hui, en plein dix-neuvième siècle, des vestiges trop nombreux d'ime superstition qui est vieille comme le monde.

Quelle est la source, quelle est Torigine de cette superstition? Voilà une question que nous n'entreprendrons pas de résoudre : c'est affaire à de plusérudits, à de plus compétents que nous en semblable matière. Bornons-nous à une simple remarque, qui d'ailleurs n'est pas nouvelle. Les choses que nous voyons tous les jours, les phénomènes qui se reproduisent constamment ou régulièrement sous nos yeux, ne nous frappent point, n'éveillent ni notre attention, ni notre curiosité. D'Alembert disait : « Ce n'est pas sans raison que les philosophes s'étonnent de voir tomber une pierre, et le peuple qui rit de leur étonnement, le partage bientôt luimême pour peu qu'il réfléchisse. » Oui, il faut être philosophe, on dirait aujourd'hui savant ou homme de science, il faut réfléchir pour arriver à chercher le pourquoi et le comment des faits qu'on voit quotidiennement ou au moins dont la production est fn^piente et régulière. Les plus admirables phénomènes restent inaperçus ; l'habitude , émoussant chez nous l'impression, ne nous laisse que rindiflerence.

Sénèque, précisément à propos des comètes, exprime parfaitement cette pensée. Voici le début du livre VU de ses Questions naturelles : « Il n'est mortel si apathique, si obtus, si courbé vers la terre, qui ne se redresse et ne tende de toutes les forces de sa pensée vers les choses divines, quand surtout quelque nouveau phénomène apparaît dans les cieux. Tant que là-haut tout suit son cours journalier, Thal)itude du spectacle en dérobe la grandeur. Car l'homme est ainsi fait. Si admirable que soit ce qu'il voit tous les jours, il passe indifférent, tandis que les choses les moins impor-

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tantes, dès qu'elles sortent de l'ordre accoutumé, le captivent et l'intéressent. Tout le chœur des constellations, sous cette immense voûte dont elles diversifient la beauté, n'attire pas l'attention des peuples ; mais qu'il s'y produise quelque chose d'extraordinaire, tous les visages sont tournés vers le ciel. Le Soleil n'a de spectateur que lorsqu'il s'éclipse. On n'observe la Lune que quand elle subit pareille crise. Alors les cités poussent un cri d'alarme, alors chacun tremble pour soi d'une terreur panique... Tant il est dans notre nature d'admirer le nouveau plutôt que le grand. Même chose a lieu pour les comètes. S'il apparaît de ces corps de flamme d'une forme rare et insolite, chacun veut voir ce que c'est ; on oublie tout le reste pour s'enquérir du nouveau venu ; on ne sait s'il faut admirer ou trembler ; car on ne manque pas de gens qui sèment la peur, qui tirent de là de graves pronostics. »

N'en est-il pas de même aujourd'hui pour nous que pour les contemporains de Sénèque? Sans doute, les personnes qui pensent, les esprits méditatifs ou les poètes, devant le spectacle majestueux du ciel, se laissent aller volontiers à un sentiment d'admiration contemplative. La marche solennelle des corps célestes, l'harmonie si bien ordonnée des mondes sont pour eux le symbole des lois étemelles qui régissent l'univers : ils y puisent la confiance dans l'inaltérabilité de ces lois. Mais la masse reste ordinairement indifférente devant cette nature impassible, immuable. Une apparition insolite a le privilège de secouer chez tous cette indifférence, d'éveiller la curiosité chez les uns, la crainte chez les autres, et, si le phénomène a des proportions inaccoutumées, l'admiration chez tous.

D'ailleurs, qu'il s'agisse d'une comète, ou d'un autre mé-» téore remarquable, bolide, aurore boi'éale, pierre tombée du ciel, les sentiments de crainte que ces phénomènes ins-

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pireiit sont toujours les mêmes, F interprétation superstitieuse pareille, au degré près cependant, selon la grandeur, Téclat, la forme plus ou moins bizarre ou étrange de Taj)parition.

Chez les anciens. Latins ou Grecs, tout le monde sait que nombre de faits, des plus ordinaires et des plus familiers, les rencontres singulières, les cris des animaux, le vol, le chant des oiseaux , étaient considérés comme des présages. C'étaient autant de moyens qu'employaient les dieux pour se mettre en communication avec les hommes, pour les avertir, pour leur signifier leurs décrets, leurs pensées, leurs volontés... Seulement ils proportionnaient à l'importance de r avertissement la grandeur du présage, Téclat du phénomène qui leur servait de truchement, et Ton comprend tout de suite comment, parmi ces manifestations des volontés d'en haut, les comètes devaient paraître les plus significatives et les plus redoutables.

Une comète, d'ailleurs, n'étant pas un simple phénomène local, vu seulement de quelques-uns, mais se montrant à tous avec l'éclat d'un astre , avec des dimensions inaccoutumées, variant d'un jour à l'autre de forme, de position, de grandeur, avait tous les caractères d'ini présage qui intéressait le peuple entier : ce présage s'adressait à ceux qui jouaient un rôle un peu considérable dans la cité, et intéressait les peuples, comme les souverains, ou tout au moins les grands personnages. Elle semblait participer à la fois des astres, qu'elle surpassait quelquefois par la vivacité de sa lumière, mais dont elle n'avait point le cours régulier, éternel, et des météores terrestres, pai* sa subite apparition, sa disparition souvent aussi soudaine, et par les changements qu'elle subissait d'ordinaire avec rapidité. Les cieux, avec les myriades d'astres qu'ils renferment, Soleil, Lime, étoiles, planètes, formaient chez les anciens le domaine de

rimmtiable, de T incorruptible : cœli incorrupti. A ce titre, c'était le séjour des dieux, la demeure des immortels. L'air au contraire, l'atmosphère, Tespace sublunaire — pour les anciens c'était tout un — était le lieu des choses corruptibles et passagères, des météores : et, de même que la foudre était l'instrument des vengeances de Jupiter, les comètes étaient les messagers du Destin, venant annoncer aux mortels, de la part des dieux, les événements inéluctables.

Dans cette confusion de certains phénomènes célestes avec les météores atmosphériques, gît la source de la plupart des difficultés qu'ont eues les astronomes, dans l'antiquité, au moyen âge et jusque dans les temps modernes, pour expliquer le cours, si compliqué d'ailleurs, des comètes. Jusqu'au xvf siècle, nous verrons des hommes d'une grande science refuser aux comètes leur qualité d'astres ; ils étaient retenus dans l'erreur à la fois par le préjugé que nous venons de relever et par les croyances superstitieuses qu'on retrouve «i persistante chez tous les peuples, et, comme nous le disions plus haut, dans tous les temps ; sans doute parce que ces croyances ont môme fondement ou commune origine : la foi à l'intervention surnaturelle des dieux dans es affaires humaines.

Mais voyons quelles significations les anciens, dans l'antiquité latine et grecque, donnaient aux apparitions de comètes. C'est un curieux et instructif côté de Thistoire de la science : il nous aidera peut-être plus loin a comprendre les idées que se faisaient leurs astronomes sur la nature physique de ces astres.

§11 — Les Comètes dans l'antiquité grecque et romaine

L apparition d'une comète, d'un bolide, est un avertissement des dieux : X'Iliade et VÉtiéide, — Influences physiques supposées des comètes : tremblements de terre d'Achaïe ; submersion d Hélice et de Dura ; comète de l'un 371. — Le; comèteF, présa^çes d'heureux augures ; César transporté aux cieux sous la forme d'une comète; eipluitation de la crédulité populaire; opinion de Bayte. — Pline, Virgile, Tacite, Sénèque. — Tranquillité d'ùme de Vespasien. — La comète de Tun 400 et le siège de Coustantinoplo.

On croit qu'il apparut une coinùle rannéo même de la prise de Troie. Piugré et Lalande s'accordent a la considérer comme une ancienne apparition de la fameuse comète de 1680, et tandis que l'un cite à l'appui un passage d'Homère, l'autre rappelle des vers de r Enéide qui feraient allusion h cette comète*. Voici le fragment du quatrième livre de ï Iliade auquel renvoie Lalande :

« Par ces paroles, Jupiter excite Minerve, déjà par ellemême brûlant d'ardeur. Elle se précipite aussitôt des cimes de rOlympe. Telle une étoile, qu'envoie le fils de l'artificieux Saturne en présage aux matelots ou à une grande armée, resplendit, et fait jaillir de nombreuses étincelles. Telle Minerve s'élance à terre et se précipite au milieu de l'arène. L'elfroi saisit les Troyens et les Grecs qui l'aperçoivent : les guerriers se disent entre eux : « Sans doute le carnage et les combats terribles vont recommencer, ou Jupiter veut rétablir la paix entre les deux peuples, lui l'arbitre des guerres que se font les hommes. »

A notre avis, l'étoile à laquelle Homère compare Minerve n'était point une comète ; mais un bolide, que l'explosion

1. A 1 époque où écrivaient ces deux savants, la révolution de la comcti* de 1680 avait été calculée comme ayant une période de 575 ans. Encke lui a assigné depuis une durée bien différente, de 8814 ans.

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fait le plus souvent jaillir en effet en étincelles et qui peut se voir d'ailleurs en plein jour. Cette remarque s'applique de tout point aux vers de Virgile, qui, de plus, mentionne le bruit de la détonation, souvent pareille, dans les explosions de bolides, au grondement de la foudre. Anchise, à Tendroit que nous citons {Enéide , liv. II, 692), vient d'invoquer Jupiter :

« A peine le vieillard achevait-il sa prière, qu un éclat soudain du tonnerre se fit entendre vers la gauche, et qu'une étoile, glissant des cieux au milieu des ténèbres, courut à travers l'espace avec une longue traînée de lumière ; nous vîmes Tastre, un moment suspendu sur le faîte de notre demeure, l'éclairer de ses feux, et se perdre, en traçant sa route brillante dans les forêts de Tlda ; alors un long sillon de flamme nous illumina, et les lieux d'alentour fumèrent d'ime odeur de soufre. Vaincu par ces signes éclatants, mon père se lève, invoque les dieux et adore l'étoile sacrée. »

La confusion, déjà plus haut signalée, est fréquente du reste chez les anciens auteurs. Les feux des aurores boréales, les bolides, les comètes, sont évidemment pour eux des phénomènes de même nature, et, au point de vue de leur interprétation surnaturelle, cela se conçoit. De nos jours même, les populations n'y regardent pas de si près. Qu'on se rappelle l'impression causée au premier moment par la splendide aurore boréale du 24 novembre 1 870, pendant le siège de Paris. Ces lueurs rouges, ces sillons mobiles de lumière dans le ciel n'étaient-ils pas, pour les esprits faibles, crédules, d'ailleurs surexcités par les circonstances, des présages certains du sang qui allait être répandu? Une comète eut produit un effet pareil.

Quoi qu'il en soit, bolide ou comète, on voit que le météore est aux yeux des témoins, dans Virgile comme dans Homère, un présage, un avertissement de Jupiter, le signe

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précurseur d'événements heureux ou néfastes, selon l'interprétation ou les circonstances.

Trois cent soixante et onze ans avant notre ère, il apparut une comète fort brillante, que décrit Aristote et dont Diodore de Sicile parle en ces termes : « En la première année de la cent-deuxième Olympiade, Alcisthènes étant archonte à Athènes, plusieurs prodiges annoncèrent aux Lacédémoniens leur humiliation prochaine : un flambeau ardent d'une grandeur extraordinaire, auquel on donna le nom de poutre enflammée, parut durant plusieurs nuits. » Cette comète, dont nous reparlerons, fut remarquée à plus d'un titre. Selon Ephore, elle se divisa en deux; et c'est vers l'épocjue de son apparition qu'eurent lieu les tremblements déterre qui produisirent la submersion par les eaux de la mer de deux villes d'Achaïe, Hélice et Bura. Les comètes n'étaient donc pas seulement, pour les anciens, des précui^seurs d'événements funestes ; elles pouvaient les causer immédiatement. Telle est bien la pensée de Sénèque lorsqu'il dit : « Cette comète, si anxieusement observée par tout ce qu'il y avait d'yeux au monde, à cause de la grande catastrophé quelle amena dès qu'elle parut j la submersion de Bura et d'Hélice. »

Les comètes n'annonçaient pas seulement les événements funestes, les désastres, les guerres : présages de malheur pour les uns, elles furent nécessairement des présages d'heureux augure pour les autres. C'est ainsi que, selon Diodore de Sicile et selon Plutarque, la comète de l'an 344 avant notre ère fut pour Timoléon de Corinthe le gage du succès de l'expédition qu'il dirigea cette année contre la Sicile. « Les dieux, par un prodige extraordinaire, annoncèrent ses succès et sa grandeur future : un flambeau ardent parut dans le ciel durant toute la nuit, et précéda la flotte de Timoléon jusqu'à son arrivée en Sicile. »

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La naissance et la mort des princes, de ceux surtout dont l'histoire a gardé la mémoire pour le mal qu'ils ont fait, ne pouvaient manquer d'être signalées par des apparitions de prodiges, de comètes, les plus éclatants de tous les prodiges. C'est ainsi que les comètes de 1 34 ou 1 37 et de 118, sont rapportées la première à la naissance et la seconde à l'avènement de Mithridate, et que la comète de l'an 43 ne fut autre chose que l'âme de César transportée au ciel. C'est à Démocriteque Bodin [Universœ naturœ theatrum) attribue l'opinion que tel est en effet le rôle joué par quelques-uns de ces astres, et il avoue qu'il n'est pas éloigné de la partager : « Je fais réflexion, dit-il, à la pensée de Démocrite et je suis porté à croire, ainsi que lui, que les comètes sont les âmes des personnes illustres qui, après avoir vécu sur terre durant une longue suite de siècles, prêtes enfin à périr, sont portées comme dans une espèce de triomphe, ou sont appelées au ciel des étoiles, comme des astres éclatants. C'est pour cela que la famine, les maladies épidémiques, les guerres civiles suivent l'apparition des comètes : les villes, les peuples se trouvant alors privés du secours de ces excellents chefs, qui s'attachaient à apaiser les fureurs intestines. » JVous mettons volontiers en regard des croyances et des superstitions des anciens cette triomphante explication des prétendus désastres qui, selon l'opinion universelle, devaient suivre les apparitions de comètes. Elle n'a pas plus de trois siècles de date, car il est vraisemblable que Bodin en élait le véritable auteur et qu'il Ccilomniait Démocrite. Pingre, en rapportant ce passage et l'apothéose de César, ajoute avec raison : « On doit mettre ce fait plutôt au nombre des basses et indécentes flatteries qu'en celui des opinions philosophiques. »

Moins d'un siècle après Bodin, Bayle protestait déjà contre cette idée superstitieuse qui paraît bien étrange dans la tête d'un homme aussi éclairé que celui qu'on a voulu comjjarer

à Montesquieu. Dans ses Peméessur la comète^ où tant de bon sens s'allie à tant d'ironie, Bayle montre finement quel usage les habiles ont su faire de la crédulité populaire, et comment « une même comète a servi à plusieurs fins... Auguste, dit-il, par des vues de politiques, fut bien aise qu'on crût que c'étoit l'âme de Césêir. Car c'étoit un grand avantage pour son parti, de croire qu'on poursuivoit les meurtriers d'un homme qui étoit alors parmi les dieux. C'est la raison pourquoi il fit bâtir un temple à cette comète, et déclara publiquement qu'il la regardoit comme un très-heureux présage... Ceux qui étoient encore républicains dans l'âme disoient au contraire que les dieux témoignoient par là combien ils désapprouvoieut qu'on n'appuïât pas le parti des libérateurs de la patrie. »

On trouve dans Y Histoire naturelle de Pline plusieurs passages qui attestent la terrible signification attachée aux comètes par les anciens : « La comète, dit-il, est ordinairement un astre bien effrayant; elle n'annonce point de petites effusions de sang. Nous en avons vu un exemple, durant les troubles civils, sous le consulat d'Octavius. » 11 s'agit là de la comète qui parut en l'an 86 avant J.-C; voici qui a trait à la comète de l'an 48, ou peut-être aussi à l'apparition de bolides remarquables et d'aurores boréales : « Nous avons vu dans la guerre entre César et Pompée un exemple des terribles effets qu'entraîne après soi l'apparition des comètes. Vers le commencement de cette guerre, les nuits les plus obscures furent éclairées, selon Lucain, par des astres inconnus ; le ciel parut en feu, des flambeaux ardents traversaient en tous sens la profondeur de l'espace : la comète, cet astre effrayant, qui renverse les puissances de la terre , mcuitra sa terrible chevelure. »

Virgile, à la fin de la première Géonjique^ exprime dans son harmonieux langage, toute l'horreur que causaient

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