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DIAPHANÉITÉ DES COMÈTES

tion ait dû correspondre une condensation lumineuse , une augmentation d'éclat qui explique l'occultation vue par M. Wartmann. En avril 1796, Olbers constata un fait semblable sur une étoile de sixième ou septième grandeur qui parut, sans s'affaiblir, un peu au nord du centre de la nébulosité ; Tétoile ne fut donc pas occultée par le noyau ; seulement sa lumière fut assez forte pour que le noyau devînt quelque temps invisible dans son voisinage.

Cacciatore a observé, à Palerme, une occultation d'étoile par la comète de 1819. «Le 5 août, dit-il, j'observai au travers de la nébulosité, très-près du noyau, une étoile qui était tout au plus de dixième grandeur. »

En ajoutant à ces observations celle de Struve, du 29 octobre 1824, qui vit une étoile de dixième grandeur à 2" du centre d'une comète, sans que la lumière de Tétoile en fût diminuée; celles de Pons et de Valz, en 1825, qui virent, les premiers, une étoile de cinquième grandeur, le second une étoile de septième grandeur occultées par la fameuse comète du Taureau, nous aurons achevé de montrer que la lumière des comètes, non - seulement dans leurs queues, mais encore dans les parties de leur nébulosité les plus voisines du noyau, est douée d'un haut degré de transparence. Mais ce qui est vrai des nébulosités l'est-il également du noyau proprement dit? C'est ce qu'on ignore, puisque aucune des occultations d'étoiles par les comètes, sauf celle que Montaigne rapporte de la comète de 1774, n'indique positivement qu'il y ait eu interposition du noyau. L'observation de Pons, en 1825, mentionne bien le passage de l'étoile au centre de la nébulosité; elle n'indique pas certainement le passage derrière le noyau lumineux.

Ce qu^il faut conclure des faits précédents, c'est que la matière des queues et des nébulosités comét aires est extrêmement rare, si elle est gazeuse; mais elle est peut-être dis-

séminée en corpuscules assez éloigoés les uns des autres pour ne pas produire d'occultation sensible d'une lumière vue au travers de leur masse. C'était l'opinion de B£d)iuet qui, des calculs que nous avons cités plus haut sur l'extrême ténuité de la matière cométaire, concluait : a La substance des comètes est donc une espèce de matière très-divisée, à grains isolés et sans réaction élastique mutuelle. » Une obser* vation de Bessel viendrait a l'appui de cette manière de voir; c'est ce qu'Humboidt, en la rapportant, remarque avec raison. Le 29 septembre 1 835, Bessel vit eu effet à environ 8" du centre de la tête de la comète de Halley une étoile de 10"'^ grandeur ; sa lumière traversait donc à ce momecit une épaisseur considérable de la nébulosité ; or le rayon lumineux ne fut pas dévié de sa direction rectiligne, comme l'illustre astronome s'en assura en mesurant la distance de l'étoile occultée à une étoile visible sur les bords, mais en dehors de la nébulosité. « Une absence aussi complète de pouvoir réfringent, ajoute Humboldt, ne permet guère d'admettre que la matière des comètes soit un fluide gazéiforme. Faut-il recourir à l'hypothèse d'un gaz presque iuBniment raréfié, ou bien les comètes consistent-elles en molécules indépendantes, dont la réunion formerait des nuages cosmiques, dépourvus de la faculté d'agir sur les rayons lumineux, de même que les nuages de notre atmosphère, qui n'altèrent point les distances zénithales des astres que nous observons ? »

La question de savoir si le noyau cométaire, si la partie lumineuse centrale la plus brillante d'une comète, celle en un mot qui donne à T astre l'aspect d'une étoile, est opaque ou diaphane, reste donc entière. En tout cas, répétons-le, il est bien évident qu'il faut s'abstenir de généraliser, et qu'il serait absurde d'identifier à ce point de vue les faibles noyaux, à peine visibles dans les télescopes, d'un grand nombre de

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petites comètes, avec ceux des comètes qui brillèreut comme des étoiles de première grandeur et furent assez lumineuses pour étinceler en plein jour, perçant les régions du ciel les plus éclatantes, dans le voisiaage même du Soleil,

A Tappui de Fopacité des noyaux cométaires, on a présenté différents faits rapportés par la tradition ; mais ces faits sont ou apocryphes ou tout au moins fort douteux. Ainsi les deux éclipses mentionnées, Tune par Hérodote en 480 avant J.-C, l'autre par Dion Tannée de la mort d'Auguste, ne pouvant s'expliquer à ces dates par le mouvement et l'interposition de la Lune, on imagina qu'elles avaient été produites par des comètes, hypothèse toute gratuite et invraisemblable. On lit dans la Cométographie de Pingre, à la date de H84, la mention suivante : « Le l"mai, vers la sixième heure du jour, on vit un signe dans le Soleil; sa partie inférieure fut totalement obscurcie ; on voyait au milieu coDMne une poutre qui le traversait I Le reste de son disque était si pâle, qu'il imprimait la même pâleur sur le visage de ceux qui le regardaient. Ce phénomène était-il l'effet d'une comète placée entre le Soleil et nous? Je n'en sais rien, mais je tiens le fait pour possible. ï> L'obscurcissement total de la partie inférieure du Soleil serait, dans cette hypothèse, l'éclipsé partielle produite parle noyau opaque, et la poutre traversant le disque, la partie la plus dense de la queue. Enfin, la pâleur du reste de T astre s'expliquerait par l'interposition des vapeurs composant la tête de la nébulosité. Mais ce n'est toujours là qu'une supposition.

Ce n'est plus ime éclipse de Soleil, mais une éclipse de Lm)e dont la comète de 1454 aurait été la cause, en passant entre ce dernier astre et la Terre. Du moins, cela paraissait résulter du texte d'une chronique de Phranza, protovestiaire ou maîtï'e de la garde-robe des empereurs turcs. Mais il a été prouvé que la version latine de ce texte était fausse.

et que Phrauza faisait simplement mention de la préseuce simultanée dans le ciel de la comète et de la pleine Lune, au , moment où celle-ci était obscurcie par une éclipse.

§111 — Coloration D£S lumières cométaires

Couleurs difenes des tètes et des queues des comèles. — Exemples de coloration tirés des observations des anciens : comètes de couleur rouge, rouge de sang, jaune d'or.

— Différence de couleur du noyau et de la nébulosité. — Comètes de couleur bleue.

— La diversité de couleur des comètes est sans doute en rapport avec l'état physique, la température et la nature chimique de la matière dont elles sont composées.

La lumière d'un assez grand nombre de comètes a présenté une coloration sensible. La comète de Tan 146 avant J .-C. avait une teinte rougeâtre, comme le prouve ce passage de Sénèque : « Il parut ime comète aussi grande que le Soleil. Son disque était d'abord rouge et comme de feu... »

Un peu plus loin, Sénèque dit encore : « Les comètes sont eu grand nombre et de plus d'une sorte; leurs dimensions sont inégales, leur couleur diffère ; les unes sont rouges, sans éclat ; les autres blanches et brillant de la plus pure lumière. . • (juelques-unes sont d'un rouge de sang, sinistre présage de celui qui sera bientôt répandu. » Ainsi les anciens avaient observé des différences dans la couleur de la lumière des comètes. Et nous allons voir d'assez nombreux exemples de faits analogues empruntés aux chroniques du moyen âge ou aux observateurs modernes.

Arago cite les comètes de 662 et de 1526, comme ayant été « d'un beau rouge, » et nous avons vu que Pline, dans sa classification, parle des comètes dont « la crinière est couleur de sang ». Telle fut la comète qui parut en novembre 1457 ; d'après une ancienne chronique, « sa chevelure ou sa

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