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COLORATION DES LUMIÈRES COMÉTAIRES

queue îmitoît la couleur de la flamme. » « L'horrible comète qui, selon Comiers, parut en 1 508, étoit fort rouge, représentant des têtes humaines, des membres coupés, des instruments de guerre, etc. » La première comète de 1471 « étoit trèsgrande, d'une couleur rougeàtre ; elle se levoit avant Taurore. » En 1545, « une comète dont la chevelure étoit de couleur de sang brûla durant quelques jours; étant devenue plus pâle, elle s'évanouit bientôt. » Gemma, en parlant de la comète de 1 556, s'exprime ainsi : « Quoique Paul Fabrice ait écrit que la comète lui parut petite, je puis assurer que, dès le commencement de son apparition, je l'ai trouvée au moins aussi grande que Jupiter; la couleur de la comète imitoit celle de Mars; sa rougeur dégénéra cependant en pâleur. » C'était surtout la couleur du noyau, car, d'après un autre témoin oculaire , « la couleur de la queue vers son extrémité fut toujours pâle, livide, semblable à celle du plomb. Le contraire se présenta dans les comètes de 1577 et de 1 61 8. Tycho dit en effet de la première que sa tête était ronde, brillante et remarquable par une certaine blancheur plombée, tandis que la queue tournée vers l'orient dardait à l'opposé du Soleil des rayons plus rouges. Quant à la seconde, sa queue parut, dit Arago, d'un rouge très-vif.

La comète de 1769 avait un noyau un peu rougeàtre, ainsi que celle de 1811 observée par W. Herschel; mais la nébulosité de cette dernière avait une teinte vert-bleuâtre, de sorte qu'Arago se demande si cette teinte n'était pas due à un simple effet de contraste. Il en résulte tout au moins que la couleur du noyau et celle de l'atmosphère différaient sensiblement. Une zone brillante, étroite et demi-circulaire, dont la tête de la comète de 1 81 1 était enveloppée du côté du Soleil, présentait une coloration jaunâtre prononcée.

On cite aussi, parmi les anciennes observations, diverses comètes qui brillaient d'une lumière jaune d'or. Telle fut la

comète de lo55, dont les ravons étaient éclatants comme l'or; puis celle de 1 533, dont la queue était d'un beau jaune. On dît la même chose de la comète de Halley, lors de son apparition de 1456 : « La couleur de la comète imitoit celle de Tor. » 11 est vrai que « en d'autres temps et peut-être en d'autres lieux, elle paroissoit pâle et blanchâtre ; ellercssembloit parfois à une flamme étincelante. »

Cette dernière remarque suggère une réflexion bien naturelle, celle qui consiste à se demander dans quelle mesure Tétat de l'atmosphère, sa plus ou moins grande pureté, la hauteur plus ou moins forte de l'astre au-dessus de l'horizon ont dû contribuer à donner aux comètes et à leurs queues les teintes plus haut signalées. 11 paraît certain toutefois que les lumières des comètes sont loin de présenter la même coloration. La grande comète de 1106 était d'une blancheur remarquable. « Placée vers le lieu du ciel où le Soleil se couche en hiver, elle élendoit au loin un rayon blanchâtre qui ressembloit à une toile de lin. Depuis le commencement de son apparition, tant la comète même que son rayon qui imitoit la blancheur de la neige, diminuèrent de jour en jour. » Selon d'autres chroniques, « ses rayons étaient plus blancs que le lait. » C'est, comme on voit, un contraste complet avec les couleurs rouges ou jaunes des comètes précédentes ; le contraste n'est pas moindre avec les comètes dont nous allons parler.

A la date de 1217, Pingre enregistre la mention suivante : « On observa plusieurs prodiges ; on vit des comètes bleues. » La comète de 1356 observée en Chine avait une couleur blanchâtre, tirant sur le bleu. La comète de 1457, dont la queue ressemblait à une lance bien droite, avait « une couleur livide et obscure, imitant celle du plomb ». La seconde comète de 1468 avait aussi « une couleur bleue avec quelque mélange de pâleur » . Celle qui parut à la fin de 1 476 était

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