LA COMÈTE DE COGGIA, DE
gauche : ces panaches lumineux semblent naître du bord de l'éventail dont ils forment comme le prolongement. Le panache dirigé vers Test se projette bien en avant et atteint bientôt, pour se recourber ensuite vers la queue, la partie antérieure de la comète; il est faible et tranche peu sur la nébulosité. Le panache dirigé vers Touest est beaucoup plus brillant et se recourbe de suite Vers la queue, dont il contribue ensuite à dessiner le bord extérieur et brillant. »
MM. Wolf et Rayet rappellent , comme ayant eu avec la comète de Coggia des formes et des transformations analogues, les comètes de 1858 et de 1861 . L'analogie est évidente; mais il y a aussi de notables différences. L'aspect de la comète de 1874, dans la nuit du 14 juillet, est surtout remarquable par les phénomènes, que nous croyons sans précédents, indiqués par le dessin de M. Rayet. Les panaches ou aigrettes secondaires, dont la description vient d'êlre donnée par les observateurs, indiquent le commencement d'une transformation radicale dans la forme de la tête et de la queue : on dirait deux comètes différentes juxtaposées, se projetant l'une sur l'autre. Est-ce, comme on l'a dit quelque part, un indice de dédoublement ? C'est ce que la suite des observations, malheureusement interrompues en Europe, nous apprendra, si la comète a continué d'être observée dans l'hémisphère austred. Cependant il y a quelque chose qui nous frappe en comparant les dessins des astronomes français avec celui qui est donné par M. Newall presque à la même heure. Les deux panaches du dessin anglais forment deux aigrettes très-régulières, très-symétriquement placées par rapport à l'axe de la queue, au noyau, à la tête tout entière de la comète. On croirait voir les antennes de certains papillons nocturnes. Nous avouons que le dessin très-
étudié, Irès-détaillé de M. Rayet nous parait mériter toute confiance.
Mais achevons de donner le texte de la note de
FiG. G2. — U cuuictL' ik' Cut'K'a, le 13 juillet 187A, d'après M. G. Rajct.
MM. Wolf et Rayet. La fin a trait à l'analyse spectrale de la lumière de la comète dans le cours du mois de juillet.
M Pendant ((ue la comète de Coggia changeait de forme, son spectre conservait la même apparence et les mêmes
U (lOMÈTE DE COGGIA, DE 1874 299
caractôrcs tout en augmentant d'éclat. Ce n'est qu'à partir «lu 13 juillet qu'il s'est modifié par l'exagération de l'importance de l'une de ses parties. A cette dernière date, le noyau
Fio. G3. — La comète de CoRgit, tue le 14 juillet; d'après un deuln de M. G. Rnyel.
était devenu diffus, et la matière solide qui le formait paraissait s'être répandue dans toute la tète de la comète, de sorte que le spectre se composait d'un trait lumineux vivement coloré, continu du rouge jusqu'au violet, se détachant sur lin spectre continu plus lai^e. Los trois bandes
lumineuses avaient presque disparu^ noyées peut-être dans la lumière de ce dernier spectre continu. La comète était d'ailleurs très-proche de Thorizon et dans la brume. Nous avons vainement cherché dans le spectre continu la présence de lignes brillantes ou de raies noires.
» Le l*'' et le 6 juillet, pendant que les bandes lumineuses étaient encore bien visibles, nous avons rapporté par des pointés micrométriques la position de la plus brillante d'entre elles, la ligne médiane, aux lignes E et h. Nous avons ainsi trouvé pour longueur d'onde, du côté le moins réfrangible de cette ligne : 1874, 1" juillet, 5161 ; 6 juillet, 5165. La longueur d'onde de l'ensemble des trois lignes b étant 5174, cette bande est un peu plus réfrangible.
» Nous croyons cette mesure précise; mais la difficulté des déterminations est telle, que nous pensons au moins inutile de chercher à identifier cette bande avec les lignes brillantes d'un gaz quelconque. »
Tels sont les faits dès maintenant recueillis, qui intéressent la constitution physique et chimique de la comète de Coggia. Nous nous abstiendrons d'en tirer aucune conséquence, par la raison que toute discussion serait en ce moment incomplète, et par suite prématurée. La nouvelle comète a été certainement étudiée par plusieurs auti'es astronomes d'Europe et d'Amérique ; mais il importe surtout d'attendre les observations faites après l'époque de la disparition de la comète sous nos latitudes.
Nous ne dirons rien des comètes I, Il et V de 1874, sinon qu'elles ont été découvertes, les deux premières par M. Winnecke, le 20 février et le 11 avril; la troisième par M. Coggia, le 20 août. Mais la comète IV 1874, due à M. Borrelly (Marseille), a présenté une structure fort intéressante, qui laisse penser que les observations des comètes