TITRES QUI EMPÊCHENT LA SIMONIE
Cinq titres exemptent de simonie, en cette matière, dans les rapports du spirituel et du temporel, (i) La libéralité du donateur ou du bienfaiteur, comme lorsqu'une chose temporelle est librement et gratuitement offerte en retour d'une œuvre ou d'une faveur spirituelle. (2) L entretien de la vie on la sustentation^ à laquelle, selon leur position, ont droit les ministres de l'église. Dans les fonctions saintes, un ministre sacré serait probablement coupable d'un péché véniel, s'il
I S. C. Ind., Fev. 22, 1847, ^t; ^^^^i ^5' 1886.
avait en vue premièrement la subvention pour son entretien; mais on ne pourrait pas l'accuser de simonies. (3) Un travail extérieur, comme d'aller à une longue distance pour prêcher ou dire la messe. (4) La raison de faire disparaître une vexation ou un obstacle injuste; par exemple, le cas où un certain bénéfice est accordé à un prêtre en Hollande, les hérétiques lui empêchent d'accepter ce bénéfice, s'il ne paye pas une somme, cent livres, par exemple. Dans un cas semblable, il est permis de donner l'argent, non comme prix du bénéfice spirituel, mais pour s'affranchir de la vexation injuste. Ceux qui reçoivent l'argent sont coupables de simonie, parce qu'ils n'avaient aucun titre légitime de l'exiger. (5) La disposition ou l'ordonnance des supérieurs: ainsi, on permet quelquefois de donner ou de recevoir une pension sur un bénéfice; pour l'absolution des censures, pour la dispense d'un empêchement ou d'un vœu, une pieuse offrande pécuniaire peut être imposée à la partie dispensée; d'autres dispositions semblables, en cette matière, peuvent être ordonnées par le Souverain-Pontife, en raison de l'administration suprême des biens ecclésiastiques qu'il possède.
Il est bon de revenir au titre d'entretien, pour expliquer plus clairement ce qui concerne les offrandes faites parmi les catholiques. Il n'y aurait en aucun sens de la simonie à offrir ou à recevoir des dons temporels, lorsqu'une raison légitime et intrinsèque, ou un titre permettent de le faire, — pourvu, toujours, que le temporel ne soit pas donné pour le spirituel, ni le spirituel pour le temporel. Saint Thomas affirme qu'il est licite de donner ou de recevoir quelque chose pour l'entretien des ministres de l'église, selon l'ordre de l'église et la coutume reçue, et saint Alphonse ajoute qu'on peut le faire, lors même que les ministres seraient riches d'ailleurs,
et n'auraient besoin d'aucun soutien étranger. Ce titre est légitime d'après l'enseignement formel du Christ lui-même : « Celui qui travaille mérite son salaire. » ^ Saint Paul enseigne la même chose en divers endroits : « Ne savez-vous pas que les ministres du temple mangent de ce qui est offert dans le temple, et que ceux qui servent à l'autel ont part aux oblations de l'autel? Ainsi le Seigneur a aussi ordonné à ceux qui annoncent l'Evangile, de vivre de l'Evangile. » =