‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 141 sur 409 · CONDITIONS REQUISES POUR QU'UN SERMENT SOIT LICITE · texte numérisé non relu

CONDITIONS REQUISES POUR QU'UN SERMENT SOIT LICITE

Pour qu'un serment soit permis, trois conditions ou qualités sont nécessaires : la vérité, la justice et le jugement, conformément à l'avis de Dieu lui-même : « Vous jugerez dans la vérité, dans l'équité et dans la justice^ en disant : Vive le Seigneur. » *

(i) Vérité. — Pour être une garantie, un serment doit être prêté en toute vérité ; car il est fait au nom du Dieu de vérité. Par conséquent, avant de jurer, on est tenu de bien considérer, si ce que l'on affirme est vrai ou nom. Il faut

1 Voy. S. Th. 2, 9, 80, a 5 in c.

2 S. JÉR. IV, 2.

être certain que la chose est telle qu'on l'atteste ; car on peut être coupable de parjure en jurant une chose vraie, si on la croit autrement ou si on a des doutes. Dès lors, celui qui est appelé à prêter serment doit faire attention : (i) que ses paroles soient bien conformes à sa pensée; (2) que la chose soit conforme à son dire. « Celui qui se manque dans le second point est un <i^Bvoopy.oç, un faux témoin, et celui qui se manque dans le premier est un sirsopxo;, un téméraire ; et dans les deux cas, il est parjure. »

(2) Jugement. — Un serment n'est légitime qu'autant qu'il est fait avec jugement, — c'est-à-dire, avec discrétion et réflexion, après que l'on a mûrement examiné et pesé la chose sur laquelle doit porter le serment. Ici, il faut considérer à la fois la matière, si elle est juste et bonne ; et les fins à atteindre, si elles nous sont convenablement proposées. Deux fins seulement peuvent rendre un serment licite, notre bien à nous ou celui du prochain, et la gloire de Dieu. Et quiconque ferait un serment sans avoir pleinement considéré ces fins, sans un saint et sincère désir de les atteindre par son serment jurerait témérairement et se rendrait coupable.

(3) Justice. — Un serment n'est licite qu'autant qu'il est fait en toute équité et justice. Conséquemment, ce serait très mal de tenter de nous obliger par serment à faire des choses impossibles ou mauvaises. S'il s'agissait d'un serment promissoire fait à Dieu seul, il devrait être, comme pour le vœu, d'une œuvre meilleure.

Ces conditions trouveront une explication plus claire dans des exemples tirés de l'Ecriture, montrant des personnages coupables sur ces points. Contre la première condition, la vérité. Saint Pierre pécha, quand il se mit « à jurer qu'il ne

connaissait point cet homme. » ^ Contre la seconde, le jugement, Esaû pécha, lorsqu'il « jura à Jacob et lui vendit son

droit d'aînesse se mettant peu en peine de ce qu'il avait

vendu son droit d'aînesse. » ^ Contre la troisième, la justice, fut le péché d'Hérode, lorsqu'il « promit avec serment de lui (à la danseuse) donner tout ce qu'elle lui demanderait. » ' Et aussi le serment de ces Juifs qui « firent vœu avec de grandes imprécations contre eux-mêmes, de ne rien manger ni boire qu'ils n'eussent tué Paul»; 4 ce serment n'était point permis, parce qu'il était injuste.

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