RÉFUTATION DES OBJECTIONS CONTRE LES MALÉDICTIONS
On peut faire contre cet enseignement une objection, et dire que la malédiction est une arme absolument défendue. Bénisse:^ ceux qui vous persécutent \ béntsse^^ et ne maudisse:^ point. « Si nous devons prendre ce commandement à la lettre, toujours et dans toutes les circonstances, nous devrons prendre les commandements semblables également dans leur sens littéral. Ainsi, nous serons tenus de ne jamais résister à un procès qui nous est intenté, de ne point nous défendre contre une injure personnelle, de céder tout ce qu'un oppresseur exigera de nous, et même plus. Nous savons que les plus saints parmi les hommes ont prononcé des malédictions contre leurs ennemis et contre les ennemis de Dieu ; bien plus, nous trouvons un précepte qui nous ordonne
I Voy. Spelman : Histoire du sacrilège, Essai dTntroduction.
formellement de le faire : « Malheur à la terre de Méroz, dit l'ange du Seigneur ; malheur à ceux qui l'habitent. » ' << Maudit soit celui qui murmure et celui qui parle un double langage, car ils ont détruit beaucoup de ceux qui étaient en paix. »
Dans quel sens devons-nous prendre les formules de malédictions portées contre nous dans le plus redoutable des Psaumes, le io8^? Nul, assurément, n'osera affirmer, — ce serait affreux de le penser, — que ce sont là de simples expressions de colère et de haine de la part du Psalmiste. S'il parle en son propre nom, le sens de ses paroles doit être modifié et pris dans un sens conventionnel. Mais qu'elles aient une plus haute portée, c'est ce que nous atteste expressément saint Pierre, qui applique la malédiction, « qu'un autre prenne sa place dans l'épiscopat, » ^ au traître Judas. David, incontestablement, doit être considéré comme parlant au nom de l'Eglise, et revendiquant, pour elle ce droit solennel qui lui appartient en réalité. Que l'église d'Angleterre s'arroge encore cette fonction, c'est ce qui est abondamment prouvé par le Service commitatoire. 3
5. SENS DANS LEQUEL ON DOIT ENTENDRE LES ANATHÈMES ET LES EXCOMMUNICATIONS DE L'ÉGLISE
Conséquemment, nous devons conclure que la malédiction, dans un esprit de vengeance et pour un motif indigne,