‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 162 sur 409 · QUEL PÉCHÉ EST-CE DE JURER CONTRE LA JUSTICE · texte numérisé non relu

QUEL PÉCHÉ EST-CE DE JURER CONTRE LA JUSTICE

Jurer contre la justice est certainement un péché mortel, si la chose jurée, dans un serment promissoire, est assez importante pour constituer une grave injustice ; parce que c'est un grave manque de respect envers Dieu, que de le prendre à témoin d'une iniquité considérable. Saint Alphonse soutient que ce serait un péché mortel, même dans le cas où un homme jure de faire une chose qui ne serait que véniellement coupable. Mais Suarez et la plupart des théologiens sont d'avis que, dans ce cas, la faute n'irait pas au-delà du péché véniel, parce que le manque de respect ne serait que léger. Tel est l'enseignement à propos des serments promissoires. Pour les serments affirmatoires^ l'opinion la plus probable est que le serment contre la justice ne serait que véniel, parce que le serment regarde l'assertion plutôt comme vraie que comme mauvaise. Il faut excepter le cas où le serment serait employé comme l'instrument ou le

moyen du péché ; par exemple, jurer pour confirmer une calomnie ou une médisance.

7. SI CERTAINS SERMENTS MODERNES D'OBÉISSANCE ET DE SOUMISSION AU GOUVERNEMENT CIVIL SONT LÉGITIMES

Il reste une ou deux questions touchant les serments, auxquelles il est bon de donner une sérieuse attention.

La première est de savoir si les serments d'obéissance et de fidélité au pouvoir civil ou aux lois civiles du royaume sont légitimes et doivent être observés : tel, par exemple, d'observer la Constitution américaine, acceptée par les Américains, ou le serment, exigé des Italiens, de fidélité et d'obéissance à Victor Emmanuel et à ses successeurs, comme rois d'Italie. Ce dernier n'est certainement pas licite, d'après le décret de la Congrégation de la Sacrée Pénitencerie, 10 Décembre i860. La réponse fut celle-ci : Juramentum quod exponitur^ non licere : tolerari aiitem posse jiiramentum obedtentiœ mere passivœ in iis omnibus quœ legibiis divinis et ecclesiasticis non adversantiir jiixta formam a S. M. PU VII approbatam. (Le serment tel qu'il est proposé n'est pas permis ; mais on peut le tolérer dans le sens d'une obéissance passive à toutes les choses qui ne sont pas opposées aux lois divines et ecclésiastiques, selon la forme approuvée par Sa Sainteté le Pape Pie VII.)

La forme approuvée par Pie VII, en 1808, est de se soumettre et d'obéir à tout ce qui n'est pas contraire à la loi de Dieu et à la loi de l'église. Il faut admettre les mêmes restrictions dans tout serment de fidélité exigé en faveur d'une constitution civile ou d'un gouvernement, et de telles exigences ne se peuvent tolérer qu'autant qu'elles ne sont pas

opposées à la loi divine et à la loi ecclésiastique, ce qui s'applique particulièrement à la formule prescrite par le gouvernement espagnol en 1869.

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