‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 165 sur 409 · MALÉDICTIONS PROFANES · texte numérisé non relu

MALÉDICTIONS PROFANES

Enfin, comme c'est honorer le Nom de Dieu que de nous bénir, nous personnellement et les autres, ainsi c'est le déshonorer que de nous maudire, nous ou le prochain.

I Deut. XXIII. 21 etsecj.

1 Ecci.ES. V. 3. 4.

3 Voy. Vie Monastique : Sur les Vœux et leurs obligations.

Maudire, c'est désirer du mal à nous, au prochain ou à quelqu'une des créatures de Dieu, que ie désir soit conçu dans le cœur, ou exprimé en paroles.

(i) Ce péché est sévèrement condamné dans les saintes Ecritures. A l'adresse de ceux qui ont l'habitude de proférer des malédictions, nous lisons ces paroles: « Leur gosier est un sépulcre ouvert; ils se sont servi de leurs langues pour tromper avec adresse; ils ont sur leurs lèvres le venin des aspics. Leur bouche est remplie de malédiction et d'amertume... Toutes leurs voix ne tendent qu a affliger et à opprimer; et ils n'ont point connu la voix de la paix. La crainte de Dieu n'est point devant leurs yeux. » ^

(2) Nous voyons aussi dans l'Ecriture que tôt ou tard les malédictions téméraires se retournent contre ceux qui les ont proférées : « Comme un oiseau qui vole d'un lieu à un autre, et un passereau qui court de tous côtés; ainsi la malédiction qu'un homme prononce sans sujet retombe sur lui. » ^ Le sens de ces paroles est que la malédiction prononcée sans motif, ne fera aucun mal à la personne qui en est l'objet, mais retombera sur celui qui l'a faite. Ailleurs, il est écrit qu'une malédiction devient la part et l'héritage de ceux qui aiment maudire: « Comme il a aimé la malédiction, elle tombera sur lui; et comme il a rejeté la bénédiction, elle s'éloignera de lui. » ^

(3) Les raisons qui rendent ce crime si abominable aux yeux de Dieu sont: (a) Qu'il est opposé à la charité ou à l'amour du prochain, (b) Opposé au précepte du Christ de

I Ps. XIII, 3. . 4

3 PrOV. XXVI. 2.

3 Ps. CVIII. 18.

rendre le bien pour le mal. (c) Directement opposé à l'esprit du Christ, tel que nous le montrent sa vie et ses souffrances, (d) Il est une perversion de l'usage pour lequel la langue et la parole ont été données à l'homme, (e) Il est ordinairement cause d'un grand scandale pour le prochain, surtout pour les jeunes et les faibles.

(4) Q.uant à la nature du péché de malédiction et à sa gravité les moralistes en viennent aux conclusions suivantes:

I. Maudire le démon ou les choses inanimées pour un motif bon et honnête, n'est pas un péché. Ainsi on peut maudire le jour où Ton a commis un péché mortel.

II. Maudire les créatures humaines et appeler des maux sur elles, ne constitue, ordinairement parlant, qu'un péché véniel, parce que, en règle générale, on n'a pas l'intention délibérée et sérieuse que ces maux leur arrivent. Autrement, c'est-à-dire, si on leur désirait véritablement le mal, le péché serait de sa nature mortel ou véniel, suivant la gravité ou la légèreté du mal désiré et invoqué. Maudire quelqu'un par haine serait toujours un péché mortel.

III. Maudire les animaux ou les créatures privées de raison n'est qu'un péché véniel, à moins que ce ne soit par haine pour les personnes auxquelles ces créatures appartiennent. Il n'y aurait aussi que péché véniel à maudire le temps, les vents, les orages, pourvu que ces choses ne soient pas considérées par rapport à Dieu ou au prochain.

(5) Je dois conclure par un avertissement à tous de ne point s'exposer à mériter une malédiction, puisqu'il y aurait grand danger qu'elle nous atteigne: c'est ce que nous montrent clairement l'histoire du sacrilège et la considération des peines portées contre les spoliateurs de l'église et les violateurs delà propriété ecclésiastique.

Admettant même que, dans certains cas, une personne se rende coupable en prononçant une malédiction, il n'en reste pas moins vrai que la malédiction ainsi prononcée, qu'elle iiit été méritée ou provoquée, peut attirer des misères aux personnes qui en sont l'objet. Q.ue les parents prennent donc bien garde de ne pas maudire leurs enfants, et que ceux-ci aient soin de ne point provoquer leurs parents à commettre cette faute, et de ne pas mériter leur malédiction de quelque manière que ce soit par leur conduite. Il est plus que probable que, quand un homme opprimé, demande, dans l'amertume de son âme, que son oppresseur soit anéanti. Dieu entendra cette prière, lors même qu'elle ne lui aurait pas été faite sans péché. Celui qui est maudit de cette façon reçoit son châtiment, la personne qui l'aura maudit^ aurait-elle outrepassé ses droits. ^

I Voy. Spelman: Histoire du sacrilège. Introduction.

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Le Troisième Commandement

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