‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 205 sur 409 · EXEMPLES · texte numérisé non relu

EXEMPLES

Voyons maintenant la mère de famille. La loi conjugale ecclésiastique exige des parents,selon l'expression d'Hincmar,

I Voy. p. 132, 134, 117, 146 du Compitnm.

citant saint Augustin: In proie ut amante suscipiatiir^ bénigne nutriatur^ religiose edncetur;(que la famille soit élevée avec amour, nourrie avec bonté et formée avec piété.) C'est de la mère chrétienne, comme le dit le poète Italien, que les hommes peuvent le mieux apprendre, «commenton acquiert l'honneur, comment on aime Dieu, comment peuvent s'allier ensemble l'innocence et la joie, et quel est le chemin qui conduit directement au ciel. »

Nous avons l'exemple de la Sainte Vierge. « Eve nous a apporté la mort, et Marie nous' a apporté la vie, » écrit saint Jérôme. « Eve nous a fait tort en nous tuant. Marie nous a été utile en nous rendant la vie, » dit saint Augustin. La Vierge Marie, selon saint Irénée, devient l'avocate de la vierge Eve. Par une vierge, s'écrie Tertullien, est venue la parole qui a causé la mort, par une autre Vierge, le Verbe qui donne la vie. Telle est l'origine de ce nouveau guide intellectuel qu'est pour nous la femme. Car, bien qu'on ne puisse établir aucune comparaison entre la simple fille de l'Eglise et toi, ô seconde Eve ! il n'en est pas moins certain que tel est le religieux mystère qui a changé le monde relativement au rôle que les femmes doivent désormais y remplir. Et quel merveilleux changement ! Nous y trouvons une direction réelle donnée par les mères de famille, non seulement vers chacune des vertus qui conduisent à la vérité^ mais aussi vers la pratique de l'amour et du respect envers celle dont l'intercession obtint le premier miracle du Christ.

Les enfants doivent être traités avec une grande tendresse par leurs parents, surtout par la mère. Ce besoin de l'enfant se trouve exprimé dans la plainte du jeune berger de Sicile : « Mon père est sévère, ma mère est sévère. » L'abbé Rupert, méditant sur le cas de l'enfant prodigue, laisse échapper

cette réflexion ; « Si l'enfant prodigue avait eu sa mère, il n'aurait jamais quitté la maison paternelle, ou peut-être il y serait revenu plus tôt, sî prod ig us filins viventem matrem habutsset vel a patenta domo niinquam recessisset^ vel forte citins recessisset. »

Saint Paulin d'Aquilée dit que l'honneur dû au grand âge et aux dignités ne saurait se rencontrer dans une maison où la mère n'aime pas et son fils et sa fille, où le fils ne respecte pas sa mère et son père, mais qu'on y voit toute espèce de mauvaise humeur et d'amertume. ^

Ces traits nous apprennent bien avec quel esprit chrétien et avec quelle chrétienne tendresse les parents doivent traiter leurs enfants.

4. COMMENT LES PARENTS PEUVENT PÉCHER CONTRE l'amour QU'ILS DOIVENT A LEURS ENFANTS.

Contre l'amour qu'ils doivent à leurs enfants, pèchent les parents: (i) qui entretiennent envers eux ou leur montrent de la haine et de l'aversion, qui les traitent avec dureté et colère, par leur silence ou par leur dédain. (2) Ceux qui leur adressent des paroles d'outrage et de mépris, ou qui les maudissent. (3) Ceux qui se montrent complaisants pour tous leurs désirs, bons ou mauvais, par suite d'une affection mal comprise, pour ne leu» causer ni chagrin ni tristesse. (4) Ceux qui favorisent l'un au détriment des autres, sans un juste motif, ou qui en traitent quelques-uns avec indifférence, comme des étrangers. Inutile d'insister plus longuement sur es péchés des parents contraires à l'amour qu'ils doivent à

I Voy. p. 99. 11^. 116, 134 et 144, du Compitiim.

leurs enfants : cet amour est du reste étroitement uni à leurs autres devoirs d'éducation corporelle et spirituelle dont nous avons à parler séparément.

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