DEVOIR DE PAYER LES IMPOTS ET LES TAXES QUI SONT JUSTES
Ce devoir nous est enseigné par l'exemple de notre Sauveur, qui se soumit aux taxes impériales, ordonna à Pierre de payer ceux qui percevaient les impôts, et fit même un miracle dans ce but. C'est aussi dans ce sens que nous devons comprendre son commandement : « Rendez donc à César ce qui est à César. » ^ Saint Paul enseignait aux fidèles le devoir de la soumission aux souverains, non seulement par crainte des châtiments, mais comme un devoir de conscience : « Rendez donc à chacun ce qui lui est dû : le tribut, à qui vous le devez; les impôts, à qui vous devez les impôts; la crainte, à qui vous devez la crainte ; l'honneur, à qui vous devez l'honneur. » ^ Ainsi veut la raison : Comment les chefs d'un état pourraient-ils gouverner, faire des lois, administrer la justice, défendre leurs sujets, entretenir des armées, si chacun pouvait se dispenser de contribuer aux dépenses communes ? Pour tout homme raisonnable, cette simple réflexion suffit à faire comprendre la justice et la nécessité des taxes et des impôts. Les gouvernants, il est vrai, doivent mettre des taxes et des impôts aussi justes et raisonnables que possible. S'ils excèdent sur ce point, ils auront euxmêmes un compte sévère à rendre à Dieu ; mais il n'est pas-
1 S. Mat. XXII. 21.
2 Rom. XIII. 7.
possible aux simples particuliers de décider par eux-mêmes si les impôts sont justes ou exorbitants.
Les employés du pouvoir assurent en général tous les payements de ce genre ; et, en règle ordinaire, il n'y a pas. à craindre qu'on ne puisse obtenir de quoi subvenir à tous les besoins de l'état. Je n'entends pas dire qu'il y a péché dans tous les cas particuliers où l'on peut retenir quelque chose pour des motifs justes et raisonnables. Mais j'aurai à revenir sur ce sujet en parlant des obligations qu'impose le septième commandement.