DEVOIR DE VOTER AUX ÉLECTIONS
C'est là un point qui a une grande importance dans le système actuel de gouverner les nations et les peuples, surtout en Italie, en France, en Angleterre et dans tous les pays où existe un gouvernement représentatif. Deux choses sont à considérer relativement à ce devoir : le vote, et le vote pour la personne convenable.
Aller donner sa voix aux élections du gouvernement paraît être un devoir, et s'en abstenir peut être une faute sérieuse. Un eminent prélat français enseigne clairement que l'omission habituelle des devoirs électoraux, uniquement ou principalement par crainte d'inconvénients personnels, de dérangements pour ses affaires, pour ne pas troubler sa tranquillité personnelle, peut devenir coupable, non seulement devant les hommes et au point de vue de l'ordre social, mais aussi devant Dieu et au point de vue de l'ordre spirituel et surnaturel ; et cette faute peut devenir assez grave de sa nature pour mettre en péril le salut éternel d'un homme. Ne dites pas, pour vous excuser : « Mon vote ne sera pas d'une grande
importance. » Votre voix, et votre voix seule, peut quelquefois modifier tout un ordre de choses. Il y a plus: en vous iibstenant de voter, vous donnez un mauvais exemple à votre prochain. Il imitera votre abstention; et ainsi par là, il y iiura deux voix de perdues au lieu d'une, et ainsi de suite : une bonne cause peut être perdue, ou un grave dommage causé à l'état, par suite d'une élection à laquelle des Catholiques ne se seront pas employés par paresse ou par indifférence. Le second devoir est de voter pour la personne convenable. Pour cela, pas n'est besoin d'être un grand politique. Il suffit de savoir si l'homme pour lequel vous votez est un honnête chrétien. S'il s'agit d'élections municipales, les candidats sont parfaitement connus de tous les habitants. S'il s'agit d'élections parlementaires, nous avons divers moyens de connaître ceux qui cherchent à devenirs nos représentants. Les journaux ne sont point, dans ce cas, des guides sûrs ; mais souvent ils sont l'unique moyen de connaître un candidat. C'est une très bonne preuve en sa faveur, s'il est soutenu par les journaux bons et honnêtes, quand il en existe ; et, d'autre part, quand il est en butte aux critiques et aux récriminations de la presse infidèle et immorale. Un autre moyen plus sûr d'arriver à connaître un <ligne candidat, c'est de consulter des amis et des voisins qui sont aimés et respectés, et dont la vie est en harmonie avec les principes de la foi. En règle générale, ils ne tromperont pas votre confiance. Ceux qui n'ont aucune autre occasion de se procurer des connaissances politiques suffisantes pour se diriger dans leur conduite aux élections, doivent s'en rapporter à l'avis et aux conseils des autres, mais de ceux-là uniquement qui ont intérêt à défendre l'honneur et le bien
de leur pays, lorsqu'ils ont à soutenir dans l'état un parti plutôt qu'un autre.