SUICIDE indirect: quand il est permis
TROIS CAS ou IL Y A PÉCHÉ CONTRE CE COMMANDEMENT
Ce qui reste bien établi jusqu'ici, c'est qu'il n'est jamais permis de se donner la mort directement. Mais on peut se demander si le suicide indirect n'est pas permis. A cela, nous devo'ns faire la réponse générale : Il n'est pas permis, sans un juste motif, de se procurer la mort, de faire ou d'omettre un acte quand on peut prévoir que la mort s'en suivra ; pour un bon motif, ce serait permis.
Comme explication de ce principe, nous pouvons donner la raison générale que ce qui n'est pas permis de faire directement, ne saurait l'être indirectement sans un bon motif. Et nous en déduisons les conclusions suivantes qui expriment la doctrine admise parmi les moralistes.
(i) Il y a péché grave pour celui qui, par des poisons, par des drogues dangereuses, ou par une vie de débauches, cause sa mort, ou abrège notablement sa vie.
(2) Les gladiateurs, les danseurs de corde, et les autres personnes qui se livrent à des arts dangereux, sont coupables s'ils exercent leur profession avec un danger certain de se tuer. Autre est la décision, s'ils risquent de se tuer dans ces exercices, mais que le danger ne soit qu'éloigné et ordinaire.
(3) Sont coupables de péché, les personnes atteintes d'une maladie dangereuse, qui refusent d'employer les moyens et remèdes ordinaires pour rétablir leur santé ou sauver leur
Vie. On n'est pas obligé, dans des cas semblables, de se soumettre à des moyens extraordinaires et peu communs, de subir une opération très douloureuse et humiliante, qui ne donnerait au patient qu'une existence misérable. Les anciens théologiens enseignent qu'un homme ne serait pas tenu de se soumettre à l'amputation d'un ou de plusieurs membres, bras ou jambes, etc., pour sauver sa vie. A notre époque, cependant, ces opérations se font avec tant d'habileté, avec si peu de douleurs et de souffrances, que l'on regarderait comme une folie de ne pas les accepter, quand elles offrent un sérieux espoir de se sauver.