‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 243 sur 409 · c'est un crime odieux contre la loi de dieu · texte numérisé non relu

c'est un crime odieux contre la loi de dieu

ET contre la société

Tuer quelqu'un est un crime abominable contre la loi de Dieu et contre la société.

Les deux plus grands pécheurs que l'Ecriture ait marqués de la flétrissure la plus odieuse, sont deux meurtriers, Caïn et Judas, — l'un, meurtrier de son frère ; l'autre, meurtrier de son Seigneur et Maître, et ensuite de lui-même.

L'homme qui se rend coupable d'un tel crime, obéit aux passions les plus brutales ; c'est pour cette raison que notre divin Sauveur a condamné, non seulement le meurtre luimême, mais aussi toutes les passions qui y conduisent, telles que la colère, la haine, la vengeance et la jalousie. L'homicide usurpe criminellement les droits de Dieu. Car c'est Dieu lui-même qui « répandit sur le visage de l'homme un souffle de vie, et l'homme devint vivant et animé. » ' Et Dieu le créa à sa propre image : « Il créa l'homme à l'image de Dieu. » =* L'homicide viole aussi de la façon la plus criminelle les droits de son prochain, en le privant du premier et du plus grand de ses biens, celui qui est le plus précieux et le plus sacré, et dont la perte est irréparable. La nature épouvantable de ce crime devient encore plus grave par suite des circonstances qui l'accompagnent : la vie d'un homme lui est enlevée généralement sans aucun avertissement préalable, sans un instant pour se repentir, et même pour une dernière prière. Bien peu nombreux sont ceux qui consentiraient volontiers au sacrifice de leur vie, lors même qu'ils

I Gen. II. 7.

a Ibid. i. 27.

seraient surpris agenouillés et en prière, ou après avoir reçu les sacrements. Et comme il est aflfreux de penser qu'une créature humaine a été précipitée dans l'éternité sans préparation, sans un instant de réflexion possible, souvent au milieu de ses plaisirs et de ses jouissances, quand elle était peut-être en état de péché et privée de la grâce de Dieu! Le meurtre est également un crime affreux contre la société. Les divers membres de la société sont unis et ne forment qu'un corps ; ils ont des droits et des devoirs réciproques ; on peut dire qu'ils dépendent mutuellement les uns des autres ; conséquemment, c'est un crime contre ce corps social que d'ôter la vie à l'un de ses membres, — peut-être à l'un de ses membres les plus importants, — c'est un crime qui occasionne les plus grandes douleurs et cause les torts les plus sérieux aux survivants, lorsque la victime est un père, une mère, un époux, une épouse, ou un enfant. Comme Chrétiens, nous sommes tous frères, et nous pouvons nous figurer Dieu disant toujours au meurtrier, comme à Caïn : « Q.u'avez-vous fait? La voix du sang de votre frère crie de la terre jusqu'à moi. » ^

Le meurtre volontaire est un de ces crimes qui crient vengeance vers le ciel. Le sang a une voix forte et puissante: et celle du premier qui fut répandu se fit entendre de la terre jusqu'au ciel.

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