‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 244 sur 409 · ET MÊME AUX ENFANTS AVANT LEUR NAISSANCE · texte numérisé non relu

ET MÊME AUX ENFANTS AVANT LEUR NAISSANCE

La défense de tuer s'étend à toutes les créatures humaines, c'est-à-dire, non seulement aux adultes, mais aux enfants, et

I Gen. IV. 10.

comprend même les enfants dans le sein de leur mère. Un auteur récent s'exprime ainsi sur ce sujet :

« Tout enfant venant en ce monde a droit de vivre. Dieu a donné la vie à l'enfant, et quiconque l'en prive pèche contre le Créateur. i\ussi, dans les pays chrétiens, la loi protège-telle jusqu'aux plus tendres créatures. Personne ne peut faire souffrir de la faim, blesser ou tuer un petit enfant sans devenir responsable aux yeux de la loi. Mais il n'en a pas toujours été ainsi. Chez les païens des anciens temps, les parents avaient toute liberté de faire mourir leurs enfants, s'ils ne voulaient pas prendre la peine de les élever. Parmi les Grecs de l'antiquité, il n'y avait qu'un état où il n'était pas permis aux parents de détruire leurs enfants, c'était celui de Thèbes. Là, quand ils ne voulaient pas se donner la peine d'élever leurs nouveau-nés, ils les portaient aux magistrats qui les vendaient aux enchères et les adjugeaient au plus offrant. A Sparte, les parents portaient vers un affreux abîme les enfants qui risquaient de devenir pour eux un fardeau, et y précipitaient ces pauvres petites créatures. En général, ils plaçaient leurs enfants dans des vases en terre, et les laissaient exposés aux bords des chemins ou dans les champs à mourir de faim.

« Il en était de même chez les Romains. Les pères tuaient leurs petits enfants, et personne ne leur en faisait un crime. De fait, un historien, (Tacite) nous dit qu'une chose étonnante était de voir les Juifs et les Germains considérer comme un crime s'ils n'élevaient pas tous leurs enfants. L'empereur Auguste, sous le règne duquel naquit le Christ, ordonna que son petit-fils fût exposé à la mort dès sa naissance. Un auteur chrétien des premiers temps, (Tertullien) écrivit contre cette coutume, et parlait ainsi au peuple

Romain : « Combien y en a-t-il parmi vous, oui, et même des magistrats, qui donnent la mort à leurs enfants? Vous étouffez en eux le souffle de la vie en les noyant, en les laissant mourir de froid ou de faim, ou en les laissant manger par les chiens. »

4. SOINS PARTICULIERS QUE RÉCLAME LA PRÉSERVATION DE LA VIE DES ENFANTS AU MOMENT DE LEUR NAISSANCE

Afin d'appeler l'attention d'une manière toute spéciale sur l'un des moments les plus critiques de la vie humaine, sur cette époque où il est nécessaire d'employer toutes les précautions et tous les moyens possibles pour la conserver, — je veux parler du moment de notre venue en ce monde, — qu'il me soit permis, même pour l'instruction des Chrétiens, de citer l'exemple des sages-femmes égyptiennes.

Dans les anciens temps, l'Egypte avait une corporation de sages-femmes, dont quelques-unes avaient la charge d'assister les femmes Israélites au moment de leurs couches. Pharaon avait donné des ordres secrets aux deux principales, et par elles aux autres, pour que, en remplissant les devoirs de leur charge, elles aient soin de faire périr tous les enfants mâles, et ne laissent survivre que les filles. Bien que l'infanticide fût un usage commun parmi plusieurs nations de l'antiquité, en Egypte il était néanmoins considéré comme un crime. Et lors même que le Pharaon passait, auprès d'une partie de ses sujets, pour une sorte de personnage divin, on ne pensait pas qu'il pût dispenser des obligations d'une loi morale. Les sages-femmes craignaient Dieu plus qu'elles ne craignaient le roi ; et, tout en se disant disposées à accomplir sa volonté, en pratique, elles violaient ses ordres, Elles

épargnaient les enfants mâles ; « et Dieu fit du bien à ces sages-femmes ; et le peuple s'accrut et se fortifia extraordiîiairement. » ^ ^

Ce fait est bien propre à rappeler aux sages-femmes et aux électeurs que la vie humaine doit être sauvegardée à tout prix; et, comme elle est exposée à des dangers tout particuliers au moment de la naissance, des soins plus vigilants sont exigés de la part de ceux dont le devoir est d'assister les femmes dans ces occasions.

Depuis l'introduction du christianisme, cette loi morale a reçu des explications plus complètes, et ses principes ont été appliqués par les lois civiles dans les pays chrétiens. La vie est maintenant regardée comme une chose sacrée dès le premier instant de notre existence. Personne n'a le droit de nous la ravir. Elle est protégée par les lois de Dieu et des hommes, par les justes châtiments portés contre ceux, qui se rendent coupables de ce crime épouvantable.

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