CONCLUSIONS DE LA DOCTRINE ENSEIGNÉE ET PROUVÉE
Il n'est donc jamais permis de causer directement la mort d'un innocent, ni de son autorité privée, ni par l'autorité publique. Cet acte constituerait une injure envers Dieu, qui a seul pouvoir suprême sur la vie humaine ; il est donc intrinsèquement mauvais et un péché grave ex toto génère siio^ — de sa pleine nature. Dieu le défend aussi expressément : « Vous ne ferez point mourir l'innocent et le juste. » ' De cette doctrine, nous déduisons les conclusions suivantes.
(i) Il n'est point permis de faire mourir un homme blessé à mort^ ou en proie à de mortelles souffrances, pour le délivrer de ses douleurs, parce que nous ne devons pas faire le mal pour procurer un bien.
(2) Il n'est pas permis d'ôter la vie à une personne innocente pour satisfaire un tyran, qui demanderait sa mort sous peine de détruire toute une ville et ses habitants ; même si cette personne consentait à sa mort, parce qu'elle ne peut pas, à proprement parler, consentir à l'abandon de sa vie, qui ne lui appartient pas. Toutefois, il est plus probable que, dans de telles circonstances, cette personne pourrait se livrer elle-même au tyran, pour le bien public et commun ; et il est probable qu'on pourrait la livrer au tyran, malgré son refus de se livrer elle-même. ^
(3) Il n'est pas permis de mettre à mort des légats et des otages, lors même que l'ennemi qui les aurait envoyés ne tiendrait pas ses engagements, ou aurait mis à mort les légats et les otages qui lui avaient été envoyés, parce que ces personnes sont innocentes.
1 ExoD. xxiii, 7.
2 S. Alph. 393.