MORT CAUSÉE INDIRECTEMENT! EXPLICATIONS ET EXEMPLES
La défense de tuer un innocent ne doit pas s'étendre à l'action indirecte de tuer et prœter intentionem^ ce meurtre indirect devient parfois permis pour une juste cause. Par exemple : les assiégeants d'un camp ennemi peuvent continuer leur attaque, quoique les femmes non coupables et les enfants, qui se trouvent sur leur chemin, puissent recevoir des blessures et être tués.
Traitant du meurtre indirect ou accidentel, le Révérend P. I. Rickaby, s. j., nous donne l'enseignement moral commun sur ce point, et l'appui d'un exemple bien choisi : Un homme est tué indirectement ou incidemment, quand il périt par suite de certains moyens employés pour atteindre une fin déterminée^ sans que sa mort soit voulue par celui qui emploie ces moyens, ou lui soit de quelque utilité pour arriver à la fin qu'il poursuit. Un individu va visiter une carrière; il est debout sur un bloc de rocher. Le carrier est en train de faire sauter ce bloc; il agit, tout entier à sa mine, sans s'occuper de son visiteur et celui-ci vient à être tué incidemment.» (Et, dans ce cas, le carrier serait coupable de meurtre.) « Cependant, tuer incidemment une personne innocente ne serait pas un acte coupable dans toute espèce de circonstance. Si on poursuit une fin d'une très-haute importance, on peut prendre les moyens d'y arriver, pourvu que l'effusion du sang innocent ne soit pas le moyen choisi pour arriver à -cette fin. Car aucune fin, quelque urgente qu'on la suppose, ne peut justifier l'emploi des moyens illicites. Revenons à notre visiteur et à notre carrier : celui-ci est convaincu que si le bloc de rocher sur lequel est le visiteur, ne saute immédiatement, il s'en suivra une catastrophe qui causera la
mort d'un grand nombre de personnes ; il n'a pas le temps de prévenir le visiteur et de le faire échapper : qui oserait le blâmer de mettre le feu à la poudre ? Le moyen de prévenir un grand malheur, ne serait pas la mort du visiteur, mais l'éclat du rocher. La présence ou l'absence du visiteur, sa mort ou sa vie ne font qu'un avec la fin poursuivie, qui n'a aucun rapport à lui. » ^
Il nous reste à examiner les cas particuliers dans lesquels il serait permis de tuer un homme, pour sauver sa propre vie, ou la vie d'une personne innocente ; pour défendre sa vertu, ses biens, son honneur ou sa réputation.