VIRGINITÉ: SA NATURE COMMENT ON PEUT LA PERDRE ET LA RETROUVER
La virginité, en tant que vertu, réside dans l'âme. La chasteté virginale, comme on l'appelle, est cette chasteté qui s'abstient de tout plaisir impur, et s'interdit à jamais toute jouissance de ce genre. Sa nature formelle et son complément consistent dans la résolution de se priver de ces plaisirs, et dans l'observation fidèle de cette résolution.
Cette vertu peut se perdre: (i) Par tout péché extérieur ou intérieur contre la sainte pureté; (2) par le changement de ia
I Sess. XXIV. can. 10.
résolution de toujours s'abstenir de ces plaisirs; et conséquemment, par l'intention de se marier. — La vertu, une fois perdue, peut cependant se recouvrer: (i) Par le repentir, pourvu qu'aucun péché grave extérieur n'ait été commis contre la pureté; (2)par le renouvellement delà résolution de chasteté perpétuelle.
Inutile de nous étendre plus longuement sur la virginité corporelle, que peut faire perdre un grave péché extérieur contre la pureté. Qu'il nous suffise de faire remarquer que, malgré la perte de cette intégrité corporelle qui subsiste, l'âme peut, par le repentir et par la pratique de la vertu de chasteté^ s'étever de nouveau aux degrés les plus sublimes de cette vertu, et obtenir de Dieu des récompenses beaucoup plus grandes que ceux qui ne sont jamais tombés. Le corps, mais non l'âme, garde les traces du péché commis: la récompense toute particulière de la virginité innocente et immaculée est le partage de ceux qui n'ont jamais violé leur chasteté.
4. CHASTETÉ, VERTU TRES AGRÉABLE A DIEU PLUSIEURS CONSIDÉRATIONS QUI LE PROUVENT
Nous allons établir que la chasteté, ou la pureté, est une des vertus les plus agréables à Dieu, nous le ferons avec Monseigneur Hay qui le prouve par les considérations suivantes: (i) Dieu nous invite d'une manière toute spéciale à la pratique de cette vertu, comme étant l'une de celles dans lesquelles consiste particulièrement notre sanctification : « La volonté de Dieu est que vous soyez saints ; que vous vous absteniez de la fornication : que chacun de vous sache posséder le vase de son corps saintement et honnêtement, et
non point en suivant les mouvements de la concupiscence^
comme font les païens qui ne connaissent pas Dieu Car
Dieu ne nous a pas appelés pour être impurs, mais pour être maints. Celui donc qui méprise ces règles méprise non un homme, mais Dieu. » ^ (2) Pendant qu'il était sur la terre, Jésus-Christ a montré une prédilection toute particulière pour cette vertu, et pour ceux qui la pratiquent. Il n'a voulu avoir pour Mère que la plus pure des vierges. Il a toujours eu un amour de préférence pour saint Jean, son disciple vierge, qu'on appelle pour cette raison le disciple bien-aimé. A sa mort, il ne recommanda sa Mère vierge à aucun autre qu'à son disciple vierge. (3) Cette vertu rend une personne semblable aux anges eux-même-s, car, comme dit notre Sauveur: « Après la résurrection, les hommes n'auront point de femmes, ni les femmes de maris; mais ils seront comme les anges de Dieu dans le ciel. » = Bien plus, saint Chrysostome fait observer qu'elle rend une personne même supérieure aux anges, par suite des victoires remportées sur les tentations d'impureté, dont les Anges n'ont aucune expérience. De là, ces paroles de l'Ecriture: « La femme sainte et pleine de pudeur est une grâce qui passe toute grâce. Tout le prix de l'or n'est rien au prix d'une âme chaste. » >
5. NE PAS CONFONDRE CETTE VERTU AVEC LE CÉLIBAT OU PROFESSION DU CONSEIL ÉVANGÉLIQUE
La vertu de chasteté, dont nous parlons ici, ne se borne point au célibat, et ne doit pas être confondue avec cet état^
1 I Thess. IV. }. 8.
2 S. Mat. XXII. 30.
3 EccL. 19. 20.
pas plus qu'avec la chasteté dont on fait vœu parla profession des conseils évangéliques. Celle-ci et le célibat sont libres, et sont le partage de ceux qui, appelés par une vocation divine, embrassent les saints ordres ou la vie religieuse. L'état sacerdotal et la profession religieuse ne sont pas rigoureusement de précepte, mais simplement de conseil. La vertu de chasteté est commandée et obligatoire; par conséquent, ces instructions s'adressent à tous, et tout spécialement aux personnes non mariées qui vivent dans le monde. Dans un autre ouvrage, ^ j'ai déjà expliqué les conseils évangéliques et les obligations qu'ils entraînent pour ceux qui ont fait vœu de les observer. Ici, je désire exposer, pour les Chrétiens en général, les obligations que leur impose la vertu de chasteté; et, surtout, son importance pour les personnes jeunes ou avancées en âge qui, non mariées, vivent dans le monde. Pour les jeunes comme pour les vieux, il est bon de dissiper de sottes impressions» et de réfuter des objections perverses.