PORTÉE DE CE COMMANDEMENT
Ce précepte a une portée plus vaste qu'on ne le suppose généralement. Il s'étend non seulement à tout ce qui concerne le vol, mais aussi à toutes les injustices qui afïectent les particuliers et la société. La classe des pauvres et des malheureux, et tout ce qui intéresse leur condition, a part à sa sollicitude. Les riches et les heureux sont aussi soumis à ses ordonnances, au point que, dans le monde, un changement doit succéder à Tétat des choses représenté par le prophète Isaïe : « Chacun se détourne pour suivre sa voie ; chacun suit ses intérêts, depuis le plus grand jusqu'au plus petit. » ^
Dans l'explication de ce commandement, qui prescrit le respect des biens et de la propriété d'autrui, il sera nécessaire, en premier lieu, de considérer ce qu'on entend par possession et droits de propriété : c'est à cette question que je vais consacrer ce chapitre. J'y expliquerai : (i) Ce qu'on entend par possession ou propriété ; (2) qui est capable de posséder des choses temporelles ; (3) l'objet de la propriété humaine ; (4) son origine ; (5) les différentes manières d'acquérir la propriété.
L'ordre de Dieu, formulé à la première page du livre de la Genèse, et donné à tous en la personne de notre premier père, est celui-ci : « Vous mangerez votre pain à la sueur de votre visage, jusqu'à ce que vous retourniez en la terre d'où vous avez été tirés. » *
^.I Is, LVI. II.
2 Gen. m. 19,