CONTRE L'ÉGLISE CATHOLIQUE
On a dit que l'Angleterre, avec tous ses défauts, est parmi les nations du monde un modèle de loyauté. Il ne m'appartient pas de dire à quel point c'est vrai, ni de donner une réponse aux diverses questions qu'on pourrait faire à ce sujet, par exemple : De quelle loyauté est-elle en fait de
religion? de politique ? de diplomatie ? Quelle est sa loyauté dans l'industrie et dans le commerce ? Est-elle loyale en littérature et dans ses relations internationales? Une chose que je puis affirmer: l'Angleterre est la nation du monde qui prête le plus volontiers l'oreille aux mensonges qu'on répand contre l'Eglise catholique, la plus disposée à jeter la calomnie sur son enseignement; et, sans souci de la vérité et des convenances, à vilipender les couvents et les religieuses. Q.ui donc, avec un grain de bon sens et d'honnêteté, aurait pensé un instant qu'il y aurait lieu de déclamer, en ce pays-ci, contre les prétendus abus du système monastique^ parce que, il y a quelques années, là-bas, bien loin, en Amé- , rique, en Espagne ou dans une autre lointaine région du monde, quelque malheureuse religieuse s'est échappée et a proclamé que toutes les autres étaient des malheureuses et des persécutées ? Imputer les fautes de quelques particuliers à d'autres qu'à eux-mêmes ; blâmer toutes les personnes mariées, par exemple, à cause des fautes de quelques couples ; critiquer toutes les sociétés constituées, toutes les compagnies existantes, à cause des fautes d'une compagnie ; supprimer toutes les associations financières, parce qu'une banque ou une société de ce genre n'est pas honnête, c'est une sorte de raisonnement aussi manifestement injuste qu'absurde. Il est aussi injuste, aussi absurde et aussi pervers de prêter l'oreille aux calomniateurs des couvents et du système religieux de l'Eglise. Tout prêtre et tout laïque honnête qui connaissent les couvents, les religieuses et leur œuvre parmi le peuple, ne peuvent moins faire que de reconnaître que la sainteté, la charité et la piété des religieuses dans ce pays, au sein d'une atmosphère protestante, sort en harmonie avec l'esprit des premiers Chrétiens dans toute
la perfection évangélique. Quand il s'agit d'attaques et de calomnies à l'égard des personnes qui ont fait profession de religion, nos adversaires ont-ils' entièrement oublié les obligations de la charité chrétienne ? La charité la plus élémentaire ne nous permet point d'imputer une faute à un particulier, si nous ne sommes pas absolument certains de la vérité de Taccusation. Ce serait un crime contre la loi de la charité, contre le grand commandement de Dieu, de dire, par exemple, sans être bien convaincu de la vérité d'une telle affirmation, qu'un tel est un voleur, qu'il nous a fait tort ; que celui-ci est un hypocrite, que sa piété n'est qu'hypocrisie. Et cependant, nous entendons des accusations semblables étourdiment proférées, non seulement contre de simples particuliers, mais contre des corps entiers d'hommes et de femmes : accusations qui sont fondées sur de simples ouidire, sur des bases fausses, sur de fausses données, sur de faux préjugés, sans qu'on prenne jamais la peine de rechercher la vérité ou de découvrir le mensonge. La plus simple observation du huitième précepte donnerait à un grand nombre le moyen de rendre justice aux personnes qui se sont sacrifiées, et qui ont renoncé au monde pour se dévouer entièrement au service de Dieu et de leurs semblables.