‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 391 sur 409 · SOUPÇONS TÉMÉRAIRES ET DOUTES · texte numérisé non relu

SOUPÇONS TÉMÉRAIRES ET DOUTES

Les soupçons et les doutes téméraires ne sont pas par euxmêmes mortellement coupables, parce qu'ils ne ravissent pas l'honneur du prochain : ils peuvent subsister en même temps que l'estime et la bonne opinion qui sont pourtant amoindries. Toutefois, ils peuvent être graves dans certains cas; par exemple: (i) S'ils proviennent de la haine et de l'envie, qui nous font toujours voir d'un mauvais œil ce que nous remarquons chez autrui. (2) S'ils ont extérieurement un effet nuisible ; comme si un supérieur, sur un soupçon téméraire,

I Rom. XIV. 10 et 5^^.

punissait un sujet en le privant de sa charge, en lui refusant un vote, etc. (3) Si on les manifeste à d'autres avec préjudice grave pour le prochain. (4) Si le crime est tellement énorme, et les raisons de soupçonner la personne si légères, que la partie soupçonnée éprouve une peine sérieuse, un profond chagrin, à la seule pensée de se sentir l'objet d'un tel soupçon.

Un doute négatif sur la méchanceté d'une personne, n'est pas un péché, parce qu'il ne fait aucun tort au prochain. La maxime que les doutes doivent s'interpréter dans leur meilleur sens, ou par leur côté le plus favorable, s'entend négativement;— c'est-à-dire, nous n'avons pas lieu de les interpréter défavorablement ou dans un mauvais sens.

Nous n'avons besoin de juger personne, et nous pouvons nous abstenir de juger qui que ce soit, ce qui est compatible avec le doute négatif.

Prendre des précautions et se tenir en garde dans son intérêt ou dans celui des autres, de crainte que notre voisin ne soit mauvais, n'est pas un péché. Ce n'est là ni le juger, ni douter positivement de lui, mais simplement supposer qu'il pourrait être mauvais, ce qui est absolument vrai, et ne lui est nuisible en aucune façon. D'où il suit qu'on peut fermer sa bourse ou cacher des objets de valeur, parce qu'il pourrait se faire qu'un compagnon, un serviteur ou un voisin soit voleur, lors même que nous ne supposons pas qu'il le soit.

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