LE MÊME ACTE MORAL QUE L'ACTE INTÉRIEUR DE L'AME
J'ajoute que Dieu donne ses commandements d'une manière explicite, sans égard pour les pensées et les désirs de luxure et d'avarice, parce qu'il nous faut bien comprendre qu'un acte extérieur ne constitue avec l'acte intérieur de l'esprit ou de la volonté, dont il est l'exécution, qu'un seul et même acte moral, et qu'il n'a aucune bonté ou aucune malice formelle distincte de celle qui est dans l'acte intérieur.
D'où il suit qu'un acte extérieur n'ajoute par lui-même aucune bonté ni aucune malice formelle à l'acte intérieur réellement accompli.
1 S. Mat. V. 27, 28.
2 Neuvième et dixième commandements.
j'ai ait par lui-inetne ; car, par accident et dans certaines circonstances il peut ajouter une bonté à un acte, en raison de certains privilèges particuliers ou d'un effet spécial annexés aux actes extérieurs, comme dans la réception d'un sacrement, dans la souffrance du martyre, dans une œuvre satisfactoire^ une indulgence à gagner, etc.
De même, par accident et occasionnellement, il peut ajouter une malice à l'acte intérieur, et cela peut arriver de trois manières, d'après Saint Thomas : en raison de l'acte extérieur, souvent l'acte intérieur (i) est multiplié ; (2) il est accompagné de plus d'attention et d'intensité ; (3) il se prolonge davantage. De plus, un acte extérieur entraîne après lui le scandale, l'obligation de réparer, et parfois une censure ecclésiastique.
Enfin, bien qu'un acte extérieur ne soit mauvais qu'autant que l'est l'acte intérieur, il faut cependant le déclarer en confession: (i) Parce que le péché, en confession, doit être accusé entièrement et dans toute sa difformité ; (2) parce que, comme je l'ai dit, l'acte extérieur ajoute par accident une nouvelle malice à l'acte intérieur.