‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 403 sur 409 · TOUT PÉCHÉ DOIT VENIR DE LA VOLONTÉ COMME DE SA CAUSE · texte numérisé non relu

TOUT PÉCHÉ DOIT VENIR DE LA VOLONTÉ COMME DE SA CAUSE

Bien que tout péché ne soit pas dans la volonté^ comme dans son sujet immédiat, en ce sens qu'il est commis immédiatement par la volonté ; — le péché d'hérésie, par exemple, procède immédiatement de l'intelligence ; — tout péché n'en réside pas moins dans la volonté comme dans sa cause ; et nous ne pouvons être coupables d'aucune faute qui ne vient pas de notre libre vouloir. Ainsi, ce que les théologiens appellent le motus primo primus n'est pas un péché. On entend par là les premières impressions d'une mauvaise pensée, l'apparence imparfaite du péché, avant qu'il ait pris aucune forme et ait reçu aucun encouragement. C'est ce que la sainte Ecriture appelle les imaginations des pensées du cœur des hommes ^.

La volonté humaine est libre ; et lorsqu'un objet se présente à elle, elle peut ou (ij y donner son assentiment, et alors, si l'objet est mauvais, elle se rend coupable de péché; ou (2) lui résister^ c'est-à-dire, elle peut absolument se refuser à suivre la voie que lui indique cet objet dès que la conscience

I Gen. VI. 5.

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lui montre que cette voie est contraire aux ordres de Dieu ; ou (3) elle peut rester dans un état passifs ni consentir, ni résister. Ici, il faut nous reporter à l'enseignement catholique sur le libre arbitre. Celui-ci contribue plus qu'on ne se l'imagine au développement et au perfectionnement de l'individu, à élever ses idées d'indépendance, de noblesse et de dignité. Q.uand un homme a conscience de sa liberté, il sait qu'il est le maître de sa destinée ; le bien et le mal, la vie et la mort, sont devant ses yeux; il peut choisir, et rien ne peut violer la sainteté de sa conscience. Là, règne l'âme, assise comme sur un trône, pleine de dignité ; le monde entier faisant rage autour d'elle, tout l'univers tombant sur sa fragile enveloppe qui est le corps, ne peuvent faire dévier sa volonté. L'ordre moral se déploie devant nous dans toute son imposante grandeur ; nous voyons le bien dans toute sa beauté, le mal dans toute sa laideur. Le désir de bien faire nous stimule, la crainte de mal faire nous retient. La vue de la récompense, que peut obtenir un effort de la libre volonté, et qui apparaît au terme du sentier de la vertu, rend ce sentier plus doux, plus paisible, et communique à l'âme de l'activité et de l'énergie. Si l'homme est libre, il reste encore quelque chose de grand et de terrible, même dans son crime, dans son châtiment, et jusque dans le désespoir de l'enfer. Si l'homme est libre, quand il souffre^ il souffre parce qu'il l'a mérité ;.et si nous le contemplons au sein du désespoir, plongé dans un océan d'horreurs, le front sillonné par les justes éclats des foudres de l'Eternel, il nous semble encore l'entendre, fier et hautain, le regard plein d'orgueil, prononcer ces paroles épouvantables: Non scrviani, — je n'obéirai pas !

La notion catholique du libre arbitre a donné à l'homme la vraie connaissance de lui-même, le degré de sa dignité, le respect qu'on lui rend comme homme. C'est elle qui développe en notre âme les germes des sentiments les plus nobles et les plus généreux, comme elle élève notre pensée jusqu'aux conceptions les plus sublimes, dilate notre cœur par l'assurance d'une liberté que rien ne peut nous ravir ; comme elle nous rappelle la promesse d'une récompense infinie, — l'éternel bonheur, — et aussi que Dieu a mis devant nous la vie et la mort, et nous a faits en quelque sorte les arbitres de notre destinée. ^

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