RENDUS AUX SAINTS ET ENSEIGNEMENT DE L'ÉGLISE SUR CE POINT
La vénération des Saints est communément désignée par le nom d'adoration (cultus) des Saints, — le mot adoration
étant pris dans son sens large, pour respect et honneur, et non entendu dans son sens rigoureux de culte divin.
Comme il a déjà été dit, nous accordons aux Saints les honneurs de dnlic, en raison de leur sainteté et de leur excellence surnaturelles. C'est ce que nous appelons des honneurs religieux ou sacrés, parce que le motif en est surnaturel et sacré ; et, si ces honneurs sont rendus selon les règles, ils constituent toujours une action salutaire.
L'Eglise catholique enseigne que « les Saints qui régnent avec le Christ, offrent à Dieu leurs prières pour les hommes, que les supplications qu'on leur adresse sont bonnes et utiles, qu'il est bon et utile d'avoir recours à leur intercession et à leur assistance pour obtenir les faveurs de Dieu, par son Fils Jésus-Christ Notre-Seigneur, qui est notre unique Rédempteur et Sauveur. » ^
Selon le Credo ou la profession de foi de Pie IV, nous croyons « que les Saints, qui régnent avec le Christ, doivent être honorés et invoqués, et qu'ils offrent des prières à Dieu pour nous, et que leurs reliques ont droit à notre respect. »
Il n'est pas justifiable que les Protestants aient osé affirmer que le Catholique, par ses invocations, adore nécessairement les Saints et les Anges comme des divinités, et que, dès lors, chaque fois qu'il confie ses prières à l'un d'eux, il transporte à la créature cet hommage supérieur et divin qui n'appartient qu'à Dieu seul. C'est absolument faux; et, de même que les prémices, les conséquences qu'on en tire sont également fausses. Le Catholique croit que le plus grand des crimes serait de donner à une créature la moindre marque de ce respect et de ce culte qui ne sont dûs qu'à l'Etre Divin,
I Conc. Trid.. Sess. xxv.
6o LES COMMANDEMENTS
quelque éminente que cette créature puisse être par sa sainteté parmi ses semblables, et quelque rang élevé qu'elle puisse occuper au ciel dans la hiérarchie des Anges ou le chœur des élus. Le Catholique peut cependant établir facilement une différence (et une distance infinie) entre le culte divin et les honneurs qu'il rend aux Saints. » ^ Un respect religieux et une pieuse vénération peuvent être rendus aux Saints et aux Anges. C'est ce qui a été admis par toutes les classes de la société, et dans tous les temps, comme un principe de la loi naturelle, et reçu comme un axiome général. Tel est le sens des paroles de Cicéron : « Habet cnim venerationeui jiistam^ quidquid excellit; tout ce qui est véritablement grand a droit à une juste vénération. »