‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 54 sur 409 · EXOD. XXIII · texte numérisé non relu

EXOD. XXIII

2 GeN. XVIII. 2.

3 Ibid. xix. r.

4 Jos. V. 1} et seq.

62 Li:S COiMMANDEMENTS

L'excellence et la perfection des Saints et des Anges, et surtout leur sainteté, exige notre respect et notre vénération. En outre de la sainteté qu'ils ont de commune avec les hommes et les femmes, qui vivent saintement sur la terre, la sainteté des élus a des prérogatives toutes particulières. (i) Leur sainteté est absolument certaine: la nôtre ne Lest pas. (2). Leur sainteté est pure; elle est pour toujours à l'abri de toute tache : nous, au contraire, nous péchons en bien des choses. (3) Leur sainteté est inamissible : nous pouvons perdre la nôtre et nous la perdons souvent. (4) Ils sont libres, non seulement de tout péché, mais de tout danger et de tout reste de péché, comme aussi de toute inclination au péché: tel n'est point le cas des personnes saintes qui sont sur la terre. (5) Ils sont dans leur demeure céleste plus étroitement unis à Dieu, le voyant face à face, et l'aimant à jamais dans les jouissances de la vision béatifique, tandis que nous sommes encore des voyageurs, errant et toujours en lutte dans cette vallée de larmes. A tous ces titres, il est évident que les saints sont dignes de nos honneurs et de notre vénération.

La manière dont Dieu lui-même a daigné honorer et glorifier ses saints et ses anges, mérite aussi nos réflexions, (i) Il promulgua jadis sa loi par l'intermédiaire de ses Anges. ^ (2) Les Anges viendront à la fin du monde, au second avènement du Christ, quand il jugera les vivants et les morts. « Le Fils de l'homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses Anges. » 2 (3) En divers endroits de la Sainte Ecriture, où il est question de la gloire et de la béatitude des Saints, nous

1 Act. vu. 53.

2 S. Mat. XVI. 27.

pouvons découvrir, ou reconnaître tout autant de preuves et de témoignages de l'honneur que Dieu leur a accordé.

D'après ces faits, la conclusion s'imposeasseznaturellement, que nous devons honorer ceux que Dieu a honorés lui-même. Pour l'appuyer, nous pouvons rappeler deux exemples de l'Ecriture. Le premier est celui de Joseph en Egypte. « Pharaon dit a Joseph : Puisque Dieu vous a fait voir tout ce que vous avez dit, où pourrais-je trouver quelqu'un plus sage que vous, ou semblable à vous? Ce sera vous qui aurez l'autorité sur ma maison : quand vous ouvrirez la bouche pour commander, tout le peuple vous obéira; et je n'aurai au-dessus de vous que le trône et la qualité de roi... Il prit son anneau qu'il avait à la main et le mit à celle de Joseph ; il le fit revêtir d'une robe de fin lin et lui mit au cou un collier d'or. Il le fit monter sur l'un de ses chars, qui était le second après le sien, et fit crier par un héraut, que tout le monde eût à fléchir le genou devant lui... etc. » ^ Notre second exemple peut être tiré du Cantique de la Bienheureuse Vierge Marie, — le Mûgnificat: « Mon âme glorifie le Seigneur. Car désormais toutes les générations m'appelleront bienheureuse, parce que le Tout-Puissant a fait en moi de grandes choses... etc. » ^

Ayant pleinement prouvé et expliqué les raisons de l'invocation des Saints et les raisons spéciales de la dévotion des Catholiques envers la Mère de Dieu dans « le Credo Expliqué » il n'est pas besoin de répéter ici ces enseignements. Je dois cependant rappeler brièvement et explicitement quelques points de la doctrine catholique sur l'invocation des Saints et des Anges, après les explications qu'on vient de lire sur l'honneur et la vénération qui leur sont dûs.

I Gen. xli. 39 et s.\2- 1 S. Luc. I. 45 et seq.

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