‹ Les commandements expliqués d'après la doctrine et les enseignements de l'Eglise catholiqueChapitre 72 sur 409 · TROIS POINTS DE VUE AUXQUELS ON PEUT CONSIDÉRER UNE IMAGE · texte numérisé non relu

TROIS POINTS DE VUE AUXQUELS ON PEUT CONSIDÉRER UNE IMAGE

Pour résoudre les objections et les difficultés qu'on peut soulever à propos de ces diverses, opinions des théologiens, il faut remarquer qu'une image doit être considérée à trois points de vue : i. Au point de vue matériel \ — c'est-à-dire, comme un bloc d'or, d'argent ou de bois dont elle est faite. 2. Comme une chose sainte. 3. Au point de vue formel^ — c'est-à-dire, comme représentant actuellement le prototype ou exemplaire. Sous le premier aspect, ni culte ni vénération ne doivent être accordés à une image, parce que, comme telle, elle ne mérite aucun honneur religieux. Au second point de vue, on doit suivre l'opinion de Bellarmin ; et, au troisième, le sentiment de saint Thomas est le seul à suivre.

Dans le même sens, la seconde et la troisième opinion sont applicables à la vénération des reliques. C'est-à-dire que, comme choses sacrées, on doit les honorer d'un culte moindre que celui qui est rendu au prototype. Mais autant qu'on peut les considérer comme ne formant avec lui qu'un objet total, et qui est seul vénéré, alors, les reliques ont droit à un culte du même genre que celui qui est rendu à l'original, mais culte toujours relatif ^ova- les reliques, et absolu pour le prototype.

D'où il suit que le Saint Nom de Jésus, les images et les reliques du Christ, tels que la Croix, les clous, la lance^ etc., doivent être honorés d'un culte relatif de latrie. Les images et les reliques de la Sainte Vierge recevront un culte relatif cVliyperchilie ; les images et les reliques des saints, un culte relatif de dulie.

« L'esprit de l'Eglise, dans les honneurs qu'elle rend aux images, trouve sa justification dans les motifs qui l'ont portée à entourer de respect la Croix et le livre des Evangiles. Il est évident pour chacun, qu'en nous agenouillant devant la Croix, nous adorons « Celui qui a porté nos péchés en son corps sur la croix. » ^ Si, pour des motifs de respect, nous restons debout, lorsque le livre des Evangiles est porté devant nous, ou lorsqu'on en lit une partie ; si nous le baisons dans les cours de justice, ou pendant la célébration de la Messe ; si nous portons des flambeaux devant ce livre, ou lui offrons de l'encens, ces expressions d'honneur pieux ne s'adressent point à un morceau de bois, mais à celui qui est mort sur la Croix pour nous sauver ; elles ne s'adressent pas davantage à l'encre et au papier d'un livre, mais au Verbe de Dieu, et à ces vérités éternelles que le volume sacré nous propose. » 2

8. CE QUE PRESCRIVENT LES RUBRIQUES DE L'ÉGLISE RELATIVEMENT A LA VENERATION DES IMAGES DES SAINTS

Les rubriques et les prescriptions de TEglise défendent de rendre un cultô public aux personnes saintes, tant que

lis. Pierre, ii. 24.

2 Hierurgid. p. 542.

l'Eglise n'a pas prononcé leur canonisation ou leur béatification. Si ces personnes ne sont pas encore canonisées ou béatifiées, il est interdit d'élever des églises ou des autels en leur honneur, de tenir des lampes allumées devant leurs tombeaux de les invoquer publiquement dans des litanies, d'exposer leurs reliques à la vénération des fidèles, ou de les porter en procession.

Un serviteur de Dieu, que ses miracles, la sainteté de sa vie, son martyre ou d'autres raisons nous autorisent à reconnaître comme un saint, bien qu'il ne soit pas encore déclaré tel par l'Eglise, pour recevoir les honneurs connus sous le nom de culte ou vénération privée^ lors même que ce culte privé aurait des témoins. En d'autres termes, ce culte peut s'exprimer devant d'autres personnes. Ainsi^ baiser les reliques des serviteurs de Dieu, avoir leurs images chez soi, faire des prières devant leurs tableaux, faire un vœu ou jeûner en leur honneur, sont tout autant d'actes de dévotion personnelle de culte privé \ et qui ne tombent point sous les prohibitions de l'Eglise, parce qu'ils ne sont pas faits au nom de l'Eglise et ne sont pas regardés comme les actes d'un culte public.

Les tableaux de ces serviteurs de Dieu qui n'ont pas encore été béatifiés, ne doivent pas être suspendus au dessus des autels où l'on dit la Messe, pas même dans des oratoires privés. C'est la défense portée par un décret de la S. Congrégation sous Alexandre Vil. Urbain VIII a aussi défendu de représenter ces serviteurs de Di»eu avec des rayons ou une auréole de gloire.

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