À. 1933, CII
à l’Assemblée plénière, contre le projet de résolution, pour que ce projet soit frappé de nullité. Dans ces conditions, M. Motta se demande s’il convient de porter le projet de résolution devant l'Assemblée, au risque de voir l’Allemagne maintenir son opposition et frapper de nullité la résolution qui pourrait être adoptée, et s’il ne serait pas préférable d'examiner la possibilité d'un accord permettant le vote d’une résolution.
« Le délégué de la Suisse serait d'avis que l'on s’adressât à la délégation allemande, qui peut être assurée des sentiments de profonde amitié de tous les membres de la Société des Nations, pour lui demander de vouloir bien expliquer à son gouvernement qu'il existe, au sein de la commission comme au sein de l’Assemblée, un très fort courant d'opinion en faveur de la solution du problème par l'intervention amicale de la Société des Nations. Peutêtre serait-il possible... de parvenir à un accord, à un "modus vivendi entre l'Allemagne et tous les autres Etats. Le problème qui préoccupe la commission ne saurait, en effel, être résolu sans la bonne volonté de l'Allemagne. »
Plusieurs délégations s’associèrent à ces paroles, et M. Ritter déclara qu'il transmettrait cet appel à son gouvernement « en lui demandant d'examiner encore une fois la situation ». Il accepta même de collaborer avec la souscommission dans la recherche d’une solution « qui puisse être approuvée à l'unanimité par la commission ». Et dans le vote final de la résolution, le délégué allemand se contenta de s'abstenir.
150. Dans cette voie, un écueil est à éviter. Si l’abstention signifie l’absence d'opposition formelle, elle manifeste également un défaut d'enthousiasme. On peut être sceptique sur la valeur d’une résolution qui a suscité un nombre important d’abstentions.
«On connaît bien, disait un jour M. Limburg (Pays- Bas) 1, le sort des résolutions prises par l’Assemblée malgré l'opposition silencieuse de nombreuses délégations.