‹ Les Communes de la MeurtheChapitre 112 sur 292 · CL A · texte numérisé non relu

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doyenne, dil de Salm, dans lequel la I siècle, demanda à Guillaume, abbè de Bilhaine,

paroisse de Cirey fut comprise. (P.)

11 existait, il n'y a pas encore longtemps, dans la paroisse de Cirey, une pratique superstitieuse, qui y arail été introduite de l'abbaye de Haule- Seilfe, située dans le voisinage : elle consistait à porter, en marchant à rebours, aux pieds de la >latue de saint Bernard, un balai neuf dont on frottait la téle du Saint, cl des pommes de terre dont od lui faisait présent.

Cirey, qui possède aujourd'hui une des manufactures de glaces les plus importantes et les plus remarquables de Frauce, a couservé dos souvenirs historiques qui ne sont pas sans intérêt. Son château, changé maintenant en maisons d'habitation, appartenait, comme on sait, à la célèbre marquise du Châlelet; plusieurs écrivains du siècle dernier, parmi lesquels Voltaire cl Mme de GrafBgoy, y séjournèrent dans le courant des ancees 1737 cl 1738. Le poêle Linaut, qui le visita, y composa ce madrigal, bien connu, en l'honneur de M°* du Chàlelet :

Un voyageur qui ne menlil jamais, Passe a Cirey, l'admire et le coutemplc ; Il crul d'abord que c'était un palais, Mais voyant Emilie, il dit : Ah ! c'est un temple !

M°* de GrafHgny nous a laissé, dans sa correspondance avec Devaux, lecteur du Roi de Po- Ii/gne, de curieux détails sur les plaisirs auxquels se livraient les hôtes du château de Cirey. Une des salles avait clé transformée en théâtre, et M"** do Châtelet cl de GrafGgny, Voltaire luimême, moulaient sur la scène pour y jouer la tragédie, la comédie, et souvent de simples bouffouorries, parmi lesquelles on en cite une intitulée Boursouffle, composée par Voltaire pour divertir M. de Breteuil.

Cirey a été érigé eo succursale en 1802. Il y a on vicariat autorisé. — Patron, saiul Dcuis.

CLAIRLIEU. Voici, sur celle ancienne abbaye, fjrlques détails pûisés dans ses archives, dout uue assez grande partie nous a été conservée.

Le duc Mathieu Ier, qui régna de H 39 a 1176, t>t féoéralemeiil regardé comme le fondateur de ; ibbave de Clairlieu ; toutefois, cela n'est vrai que jusqu'à on certain point, cl il serait plus juste peul-élre d'altribuer à Gérard II, comte de Vaudémont, rétablissement des moines de Citcaux près de la capitale de Lorraine : c'esl ce prince, m effet, qui, dans la première moitié du XIIe

en Bourgogne, de lui envoyer quelques-uns de ses religieux pour créer une maisou de leur ordre dans ses Etats. Gérard leur abandonna, aux environs de Chaligny, des lerres situées dans le domaine temporel de l'église de Metz. Aussi, Etienne, évéque de celle ville, fut-il appelé à confirmer la donation du comte de Vaudémoul ; ce qu'il fil par une charte datée de l'an 1130.

La colonie de Citeaux cnlra aussitôt en possession des biens qui lui avaient été concédés ; elle se construisit une maison el se mil à défricher les lerres situées dans le voisinage. Mais bientôt ia méchanceté des habitants étant venue la troubler dans ses pieuses occupations, elle s'adressa au duc de Lorraine, qui lui donna le lieu où s'éleva plus lard son abbaye. Ces faits sont rapportés dans une charte de Pierre de Brixey, éveque de Toul (1 176), dont le P. Vignier a donné la traduction d'après un ancien carlulaire de Clairlieu. Après avoir rappelé les services rendus par l'ordre de Citeaux, le prélal s'exprime ainsi : u Duquel ordre sacré, aucuus religieux, envoyés par l'autorité de leurs saints pères, comme un essaim d'abeilles pour produire du miel, sout arrivés en nos quartiers, y cherchant affectueusement une demeure convenable à leur conversation. Mais pour éprouver, peut-être, s'ils avaient une constante cl ferme foi, ayant obtenu une terre stérile cl forl aride, au Val qui esl sous Chaligny, ils commencèrenl à y bâtir une maisonnette, laquelle nommant la Perrière, ils trouvèrent leur être trop rude el infructueuse, à cause des cœurs de fer el trop endurcis des habitants circouvoisins. Parlant, voulant éviter la stérilité de ce lieu, el principalement les troubles de ce peuple mutin, prirent résolution de s'en départir, aspirant d'entrer avant en la solitude d'un plus vaste désert, lequel le noble prince duc de Lorraine Mathieu, recevant d'une très-gruudc dévotion, plaça irès-bénignement en alocud, savoir en la vallée de Heis, fort horrible el épineuse..... Ces serviteurs de Dieu, recevant avec actions de grâces ce lieu, lors d'horreur el de vaste solitude, le rendireul en peu de temps idoine à l'usage humain et prêt à y habiter; parce qu'ayant extirpé les buissons cl halliers, ils y dressèrent des usiues religieuses cl convenables ù l'institution de leur ordre, tendant de tout leur pouvoir à ce que là où le hurlement el clameur des bêles sau-

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vages étaient souvent entendus des oreilles humaines, dorénavant une mélodie céleste de psaumes, d'hymne* et de cantiques spirituels y rcleniil plus souvent aux oreilles de^s anges... Voilà comment fut édiliée celle abbaye...

« Or, ce prince, après avoir donné beaucoup de biens h ce monastère, étant encore en vie, se douna lui-même après sou décès pour y être inhumé... Car fai.^aut soa légitime testament, il donna aux frères dudit Clairlieu sa \igue de Nancy, nou seulement ainsi qu'elle était alors,

mais tant qu'ils la voudraient étendre Quoi

fait, il dit adieu au moude et à tous les soins d'icvlui, mourut et alla le chemin de toute chair; lequel nous enterrâmes là, au nom de Dieu, avec pleurs, regrets et lamentations de tout son peuple, le Me mai î 170. »t

La charte de donation du duc Mathieu est de l'an 1 1 59 ; ce prince y déclare que, conjointement avec Berthe, son épouse, Mathieu et Ferry ses enfants, et Hubert, son frère, il a donué à Dieu, à la bienheureuse vierge Marie, à Yidric, abbé, et aux frères de Clairlieu, le lieu qui autrefois était appelé Amclru cl auquel il a donué le nom de Clairlieu [loettm illum qui quondam vocubutitr Ainclum, mine autem nuncitjialur clams locus, me aufein hoc nomen illi impatiente), pour un monastère qui sera composé de douze religieux, d'un abbé el d'autant de frères lais qu'il sera nécessaire, lequel sera consacré eu l'honueur de Jésus-Christ, de la bienheureuse vierge Marie, sa mère*, de saint Jeau-Bapliste et des apôtres Pierre, Paul el André.

L'exemple de Mathieu fut suivi par uu grand nombre de seigueurs, ecclésiastiques el laïc*, jaloux de s'associer aux pieuses libéralités du priuce, et la nouvelle abbaye se vit bientôt en possession de domaines considérables, situés dans les Etats des ducs de Lorraine et daus ceux des evéques de Toul cl de Metz.

Les papes eux-mêmes et les empereurs voulurent contribuer à la prospérité de celle abbaye : Lucius 111 (1185} el Céleslin III (il9j! la eontirmenl daus ses biens el possessions el lui attribuent des franchises et dos privilèges ; Innocent IV (ItttO) concède aux religieux le droit île succéder à leurs parents ; Nicolas IV (1291) accorde iudulgcuce pléuicre d'un au el quarante jours à tous les lidèles qui, confesses et véritablement pénitents, visiteront chaque année l'église de Clair-

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lieu aux différentes fêles de la Vierge et le jour de la dédicace de celte église ; Clément V (1312, ci Pie II (!'•!>!)} dispensent l'abbé cl les religieux dt payer les délies contractées par leurs prédécesseurs, à moins qu'elles n'aient eu pour objet l'utilité du couvent ; enfin, par un diplôme adresse à très-illustre prince Jean Jer), duc de Lorraine, cl à reconimaudable Ainaury de Joinville, corut; de Vaudémonl, ses lidèles amis et du saint Empire, l'empereur Charles IV déclare (1354) qu'aysni appris avec douleur les tribulutions et oppre*sioûï que certaines personnes fout souffrir aux religieux de Clair Itou, il prcuij celle maison sous sa protection et celle du saint Empire, ainsi que toul ce qui appartient à l'ordre, et il enjoint à reprinces que, toutes les fois qu'ils eu seront rcqu> de la part de l'abbé el des religieux, ils 'es conservent en la possession de tous leurs biens, 1rs appuient de son aulorilé, les défendent de tout?» vexations el fassent reparer les torts qu'on aurait commis envers eu\.

Malgré la protection dont elle était entourée, l'abbaye de Clairlieu u'échappa pas toujours aui dévastations des bandes armées qui désolèrent m souvent le pays : en USj, ses bâtiments el son église se trouvaient u demoluz et ruy nez uu moyen des guerres, n En ia07, ses religieux, <« craignant la fureur des partis huguenots qui infestaient la Lorraiue et singulièrement les environs de Nancy, n se retirèrent dans les bois de ÏÏV. avec leurs troupeaux, il est probable qu'ils sonffriicul beaucoup au>si pendant les guerres do XV11W siècle. En 1070 et 1076, Chartes IV dona^ des lellres dans lesquelles il déclare prendre sou* sa protection l'abbé de Clairlieu, ses religieux, receveurs, valets, fermiers, chevaux, bestiaux el biens lui appartenant ; défendant aux commandants de ses troupes, de quelque nation ils soieut, d'y loger ni faire loger leurs soldats, ni. preudre quoi que ce soit, à peiue, contre les chefs, d'en répondre eu leur pur et privé nom, el contre h> soldais de punitiou exemplaire.

1! partit, néannioitis, qu'en dépit des précautions prises par le duc pour sauvegarder les biens de l'abbaye, ceux-ci avaient beaucoup perdu \U leur valeur, car, en 109J», les revenus de Clairlieu ne se montaient qu'à 2,900 livres et l« charges à 1,086 li\rcs ; aiis^i l'abbé el les religieux cousc.nlaieul-ils à abaudouucr tous ces revenus peur une somme nette de 2,000 livres.

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