‹ Les Communes de la MeurtheChapitre 124 sur 292 · CUI · texte numérisé non relu

CUI

comte palatin de Bourgogne , el par Simon II, duc de Lorraine. La charte d'Albéric qui, ne porte point de date, mentionne entre autres dons faits par ion père et son oncle, a la maison de l'hôpital à Rosières (hospitali dominico apud Roserias), ceux d'un moulin près du château de cette ville, d'une vigne, et l'usage de chaudières ou de poêles dans la saline (molendinum juxta castellum et vineam et pat inarum liber tatem). Le diplôme d'Olhon est de Tan 1197.

Enfin, la charte du duc Simon, beaucoup plus explicite que la précédente, ne contient pas seulement la confirmation des donations faites à la très-sainte maison de l'hôpital de Jérusalem (sanctissimœ dotnui Hospitalis Jherusalem), par Brunon el par uue dame nommée Hodierna, mais ce prince y déclare encore que cette maison jouira des mêmes droits d'usage que lui sur la saline de Rosières, el que, dans le cas ou l'ouverture du puits qu'elle y possède, viendrait, par suite de quelque accident, a être fermée de manière à ce que la fabrication du sel devint impossible, U lui serait permis d'avoir un semblable droit d'usage de troiâ chaudières dans un autre puits dont elle serait devenue propriétaire. Il accorde encore aux Hospitaliers la justice sur les serviteurs attachés à leur maison.

Quoique ce litre ne porte point de dale, on peut facilement lui en assigner une, car, parmi les témoins en présence desquels il fut écrit, figure Odo ou Eudes, éveque de Toul, qui n'occupa le siège épiscopal de celte ville que de 1193 à 1197, époque où il partit pour la Terre-Sainte.

De ces divers documents résulte donc bicu évidemment que la maison de Rosières ou de Cuite-Fève, dénomination sous laquelle nous allons bientôt la voir désignée, remonte au moins h la seconde moitié du Xlt° siècle.

En 1207, Albéric renouvelle la confirmation qu'il avait précédemment donnée en faveur de cette maison. Une charte de 1212, de Robert de Neuviller et d'Ulrich, son fils, pour l'abbaye de Clairlieu, fait mention d'une corvée de terre appartenant pour moitié a cette abbaye, el pour l'autre aux frères de Cuite-Fève (fratribus de Coda Faba).

Au'mois de mars 1250, Robert de Neuviller vend aux frères de l'hôpital de Jérusalem de Cuite-Fève un bois situé derrière la maison dudit hôpital (fratribus hospitii Jerosolimitani de

Cocta Faba nmius quodest rétro pitii predicti).

Par suite d'un accord fait, au mois de février 1269, entre Bruno el Jean de Rosières et les frère» de Cuite-Fève, il fut convenu que ces derniers auraient, à la place des trois h foraeses et d« trois pclcs u qu'ils réclamaient dans la saline de Rosières, une somme annuelle de eeot sou de provenisieas, que ces deux seigneur* s'enpgwiett à leur payer, chacun par moitié.

En 1279, nn nommé Viarie, dit Prévoit, de Rosières, el Ydatle, sa femme, donnent « m f reires de la sainte dmxod de l'ospilaa] de iberasalem d'outremeir et a la maixon de Saiot Mua de Kcutefeve, n la moitié d'un ehaacheo el d 'aie maison situés près du chaueheu dudit hôpital.

Les titres qui précèdent ne laissent aucun doitt sur la dénomination de Cuite-Fève donnée î l'hôpital que l'ordre de Saint-Jean-de-Jérusalem possédait près de Rosières ; il parait, néanmoins, par une charte de la fin du XIVe siècle, que la maison, ou une des maisons désignées sous ce nom. n'appartenait plus alors aux Hospitaliers, qui, sans doute, l'avaient aliénée, car, par un tete daté de la vigile Saint-Michel 1366, no nom* Jean de Rosières déclare, ea ces termes, qu'il fait cession de cette maison aux frères de cet ordre : u Je... fais savoir... à tous... quecooiraeje finisse retenu et Unisse de la saincle mai*on de l'ospilaul de Saioct Jehan de Jherusalem odc maison avec les appendises d'icelic, apparlcouih iceli, laquelle on appelle la maison de Qutvtefeve... que je ladicte maison... ai acqnitei et a<quile à ladite religion... n

D'après le Pouillc du diocèse de Tool, la ces* de Cnile-Fève, qui comprenait plusieurs nabou, dépendait tout à la fois de Rosières et de Saffais ; c'est dans la partie dépendante de ce dernier n\ lage que se trouvait la chapelle ou l'oratoire Sa i nl-Jea n-Ba ptiste.

Outre cette chapelle, il semblerait qu'il j e. avait encore, uee autre dans le faubourg de Bi sières, et comprise pcul-èirc dans l'hôpital : QUj titre de 1391 fait mention de la u chapelle Saincj Jehan du bourjal de la ville de Rosières » et de « frères creosiers » de ladite chapelle; no ùu de 1397 parle aussi de la u chapelle Saint Jetai fondée et scituée on bourgel de Rosières. <i

Celle dernière, nuisant sans doute à la defeft-'^ de la ville, lors des guerres continuelles qui

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sohteolle pays, les bourgeois de Rosières demandèrent, vers 1436, la permissiou de la démolir el d* la reconstruire dans l'intérieur de leurs moniiies.

Toutefois, il ressort d'uo liire de U88, que cette chapelle) dont le Pouillé ne parle pas, conserva, après sa reconstruction dans l'intérieur de la ville, son ancienne dénomination de u Saint- Jean da Petit Bourget. » Il est assez probable qu'elle fut déimite pendant les guerres dn XVII" siècle, car ni le Pouillé ni les pieds-terriers de la Commanderie de Saint-Jean, dressés en 1658 Cl 1713, n'en bol mention, tandis qu'ils parlent tous dru de celle de Coite-Fève. Cette dernière était desservie par on chapelain nommé par le commaniear de Naocy , et, en vertu d'une sentence de i OrDeiaiité de Toul, du 22 mars 1625, le curé de Rosières devait, dans le temps de Pâques, administrer les sacrements aux métayers de cette cerne. Ea 1697, no ermite résidait dans l'enclos de la chapelle ; l'hôpital avait très-probablement été roioé. 1

Voici, du reste, la description de celte maison et rémunération des droits du commandeur de Saint-Jean, que donne le pied-terrier de 1658 : ■•»«• Ua beau bâtiment tout nouvellement rebâti, consistant en trois chambres basses de front, avec ont crème et an poêle, greniers et une écurie, grange, bergerie, jardins, bassecour, cbènevière et noires usuaires en dépendant. Une belle chapelle érigée h rhonnetrr de monsieur saint Jean- Baptiste, avec une maison pour loger, un ermite.

« Le seigneur commandeur audit Cuit te Febve a in gagnage franc et exempt de toutes impositions... Il a droit de bergerie exemple de dunes, oaime encore droit de troupeau à part cl de baie, moyenne et basse justice dans saditc maison.... A droit de faire publier à son nom les cris de fêle tons les ans au Jour de fêle Sainl- Jean-Btptiste. »

Le pied-terrier que je viens de citer, qualifie h maison de Cuite-Fève de u membre n dépendant de la commanderie dn Vieil-Aitre ; aussi n'eut-elle point de commandeurs particuliers, mais simplement un régisseur (rector) ou un procureur <|oi surveillaient l'administration de ses biens. Mais malgré son peu d'importance comme établissement de l'ordre, elle ne manque pas d'un certain iotcrèl et raison de son noeienneté. Il ne s'y rattache, dn reste, presque point de souvenirs historiques :

la Chronique de Lorraine se borne à raconter que, quinze jours environ avant l'arrivée du duc de Bourgogne devant Nancy (en 1478), les capitaines allemands qui se trouvaient dans la ville, se mirent en embuscade auprès de Cul-de-Fève,, et s'emparèrent d'un n Cardinal Liégeois, n lequel ayant dit qu'il portail le u traité de l'association n faite entre le doc el l'empereur, qui comprenait la Lorraine , fut rendu à la liberté, donnant aux capitaines u pour leur paiement, la bénédiction et le signe de la croix, n

La ferme de Cuite-Fève, qui produisait on revenu net de 2,500 livres, fut vendue, comme propriété nationale, le 28 germinal an III ; à celle époque déjà, la chapelle, avec noe décharge à côté, servait de cave. Cette chapelle est aujourd'hui transformée en grange ; mais ce qui en reste encore atteste que sa construction date de plusieurs époques. On remarque, encastrée dans un de ses murs, une lële de chevalier, eu pierre, qui a sans doute été détachée d'une des statues qui décoraient l'intérieur.

CUSTINES. Ce village a porté le nom de Coodé-snr-Moselle jusqu'à l'époque de son érection» eu marquisat (10 juin 1719) en faveur de Christophe de Cuslines, l'un des conseillers d'Ëlal de Léopold, colonel du régiment de ses gardes, el gouverneur des villes et citadelle de Nancy, dont l'un des ancêtres, Geoffroy de Custines, mari de Floride de Croy, était venu s'établir en Lorraine sous le régne do duc Raoul. (Enl. 1718-10.)

Condé avait autrefois une grande importance, et par lui-même, et par le château fort qui y étai,t construit. Toutefois, rien n'indique qu'il remonte à une époque irès-éloignée, el c'est seulement à partir du XIIIe siècle qu'il en est fait mention dans des documents authentiques : Eu 1213, Robert de Condé el Jean, son fils, vendent à Robert, seigneur de Rumigny, et 'a Jean Pain de Seigle les ville el revenus de Condé, pour les tenir pendant dix ans, moyennant 500 livres parisis, à charge d'employer 20 livres par an en réparations, et de délivrer 8 livres annuellement h Isabelle de Rumigny, au cas où elle se marierait. (T. C. Condé.)

Le jour de îa vigile de Noël 1253, Jacques, évéque de Metz, achète de Woiry, dit Vosgien, de Dencuvre, chevalier, la vouerie de Condé et de Faulx, pour la somme de 333 livres 6 sous 8> deniers de messins. '^Cart. Nancy domaine.)

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La vigile de la Chandeleur 1267, l'évèque de Vcrduu et le comte de Salm déclarent que le duc Ferry et Thibaut, comte de Bar, ont fait un accord de telle manière que le château de Coudé est mis entre le» mains de l'évèque et du comte jusqu'au samedi devant Pâques fleuries u prochainement venant, n et que si, pour celle époque, l'évèque do Met* n'avait fait la paix avec le duc de Lorraine et le comte de Bar, ils remettraient le château à ces derniers. (T. C. Condé.)

Par un accord passé, le mardi devant la Purification Notre-Dame 1270, entre Laurent, évèque de Metz, et le duc Ferry, pour mettre fin à la guerre entre la Lorraine cl l'Evèchc, le duc consent, moyennaut une certaine somme d'argent, à rendre à l'évèque la moitié de Condé et à en ôler sa garde quand le comte de Bar retirera la sienne. (Cart. Nancy domaine.)

En 4500, l'évèque Adémare promet de rembourser au comte de Bar les réparations qu'il ferait faire au château de Condé, jusqu'à concurrence de 2,000 livres de petits tournois.

Il parait que, l'année suivante, ce château était entre les mains de l'évoque, car il mande à son châtelain de le garder soigneusement et de n'y recevoir d'autre garnison que la sienne.

Le mercredi avant la Sainte-Catherine 1528, Adémare déclare qu'il doit payer, pour sa rançon et celle de plusieurs de ses hommes, étant à la bataille de Frouard, 48,0 '0 livres de bons petits tournois vieux , pour lesquels il eugage au comte de Bar les châleaux et chàtellenies de Conflans et Condé-sur-Moselle. ^ ^

En 1550, le même comte commet Guy de Marcheville, chevalier, pour châtelain de Condé, et lui donne une rente annuelle de 60 livres de messins sur les revenus de cette châtellenie, plus les 20 livres que les habitants devaient chaque année.

En 1517, Alix de Condé, veuve de Jean dit Archambault, vend à lfcloy, de Condé, veuve Pcrignon dit le Gousset, ce qu'elle possède en une maison et dépendances sises à Condé, devant la Halle, moyennant 31 livres de petits tournois vieux.

En 1552, Jeanne de Bar, comtesse de Garenue, gouvernante du comté de Bar, afin de s'acquitter envers Jean de Marley de sommes qu'elle lui devait, lui engage les château et châtellenie de Coudé, avec les revenus, lui permettant d'y créer

prévôt, maire et autres officiers, jusqu'à parfait remboursement.

Des lettres d' Adémare, du 17 janvier 1560, portent que, par suite de l'accord fait entre lui et le duc de Bar, pour cause du réachat de la forteresse de Coudé, le duc a promis lui rendre cette dernière quinze jours après le paiement de 15,000 florins d'or.

En 1569, Marie de France, duchesse de Bar, afin d'arriver à la délivrance de son mari, prisonnier à Metz, promet payer 4,000 francs à Pierre de Bar, seigneur de Pierreforl, pour garantie de laquelle somme elle lui engage Condé, Montenoy, Faulx, Malleloy, à condition qu'il prendra son parti et fera sortir son mari de prison. (T. C. Condé.)

En 151)9, Robert, duc de Bar, cl la même Marie de France, son épouse, donnent a Edouard, leur fils aîné, les terre, seigneurie et marquisat de Pont-à-Mousson, avec celles de La Chaussée, Condé-sur-Moselle, etc. (T\ C. Ponl-k-Mousson.)

En 1404, ''Georges de Serrières et Marie de Létricourt, sa femme, donnent à la chapelle Notre-Dame de l'église Sainte-Croix de Pont-à- Blousson les 60 sous messios qu'ils ont par an sur les revenus de Xammes et sur la nef (le bac) qu'ils ont à Condé. (T. C. Pont ecclésiastiques.)

Le 20 août 1417, Louis, cardinal, duc de Bar, engage à Philippe de Norroy, chevalier, lequel l'avait servi à ses frais de 50 hommes d'armes bieu montés, les château et châtellenie de Condé, Faulx-Saint-Etienne, Faulx-Sainl-Pierre, Montenoy, Millery, Aulreville et Jeandeliocourt, et Philippe de Norroy s'engage à les rendre au paiement de la somme de 2,697 francs 8 gros, qui lui était due par le duc. En 1459, la forte maison et le château de Condé furent de nouveau mis entre les mains de Philippe de Savigny, en garantie de de 600 vieux florins de bon or qne l'évèque avait prêtés au duc pour solder les gages de Jeaa d'Asthiers, Etienne de Vignolles, dit La Hire, et plusieurs autres. (T. C. Coudé.)

La Chronique de Lorraine rapporte qu'en 1454, « les Lorrains et les Barrisiens firent une rencontre auprès de Condé, dont la plupart des Barrisiens furent prins et tuez. *

Quelques années après, le seigneur de Commercy commit de grands dégâts daus le pays, «t Louis, fils du duc de Lorraiuc, écrivit, en 1445, aux prévôt cl clerc juré de Ponl-à-Mousson udc

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