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deux heures de l'après-midi. Quant au sain de rajustement des mesures, il restait aussi à la charge des mêmes fonctionnaires, qui devaient, dans ce but, se rendre au domicile des personnes sujettes h la surveillance. Pour éviter l'abus qui se commettait à la distribution des viandes de boucherie, lesdits sieurs de police, avec les jurés de la maîtrise des bouchers, reçurent Tordre de se transporter, tous les samedis , chez les vendeurs, pour y visiter et reconnaître les bétes que ceux-ci se proposaient de livrer au débit. Dans le ms où les viandes exposées ne se trouvaient pas avoir les qualités requises par la taxe, lesdits experts lui faisaient subir une diminution, selon leur conscience. Les bouchers ne devaient point découper leurs viandes avant que ta visite n'en eût été faite.

Le i" février 4087, les habitants de Gcrbéviller, réunis en corps de communauté, avec la permission de M. le marquis, représentèrent à ce dernier que le concours de tous les bourgeois aux assemblées communales, el surtout la diversité des opinions émises, rendaient la collection des voix presque impossible. Désireux de voir remédier h cette cause de désordre, ils supplieul M. de Tornielle de vouloir bien autoriser l'établissement d'uu conseil de ville , composé de douze bourgeois les plus notables cl les pins expérimentés, lesquels agiront au nom de toute la communauté, et administreront les affaires excédant la somme de 20 francs barrois. Il fut fait droit à cette requête, et les membres du uouveau conseil prêtèrent le serment d'usage, le i février suivant, cl chacun s'engagea, en cas d'absence non motivée, de payer une boisson de 2 francs.

Par un décret du 7 décembre 1707, Léopold réduisit à huit le nombre des conseillers. (Noi. sur Gerbéviller.)

On lit, en outre, dans la Déclaration fournie en 1758 par la communauté de Gerbéviller : u II y a a Gerbéviller hôtel de ville composé du prévôl chef de police, du procureur fiscal, du greffier de la prévôté et de deux notables bourgeois que la ville nomme. Elle (la communauté) eu choisit un chaque année pour faire fonction avec le dernier élu.

« Clmijuc année, aux plaids annruix, on choisit aussi deux bourgeois pour recevoir et porter la subvention et les autres impositions, loucher les revenus de la ville, le produit des rôles que l'ou

pcul fournir aux dépenses extraordinaire», elif livrer les deniers sur les mandements dw officier» de rh6tel de ville, de toat quoi ils rendent coopt tous les ans en présence des officiers et des bocr geois qni jugent à propos de s'y trouver, à rdfo de quoi le public est averti du temps oè a comptes doivent se rendre, par un cri public.

Le ban est commun entre les habitants demi, donvillc et de Gerbéviller ; les premiers prenne un neuvième dans les émoluments qui se partagent, comme fruits champêtres, regains, etc.; h charges s'acquitlcnt sur le même pied en et concerne la lerre, eomme chemins snr le laa autres choses de celle nature.

n Revenus de la ville en argent. — La Ti'ki droit de percevoir un gros par mesure sur la vins, bières et cidres qui se vendent en délai; cette Terme produit par année cent fraoes barrw,

»• Comme le nombre des bourgeois est trop sidérablc pour pouvoir partager entr'm fruits champêtres des arbres, ils se vendent é£ que année en détail cl en public à qni plu, l produisent, année moyenne, 522 livres 15 sots..

it Paquis et usuaires de ville serrant up^ rage. — Il appartient à la ville en la communauté de Ilaudooville, cauton dit le Barreau ; un autre avec on ssi au canton d'Ohy ; un 3e au Sauvoir; uni* dessous des Bordes, etc., etc.

« Les bois.— La commuuaulé possède 1,850 arpents de bois; on en distribue pin environ 90, qui peuvent produire h chaque bott gois deux voitures, tant bois que fagots.

•» Charges ordinaires. — La ville paie par ao-née h un organiste, pour loucher et cntretentrlex orgues de la paroisse, 240 livres; ' pour les gages du régenl d'école, qui sert i ter à la paroisse; 101* francs ponr ceux J« bourgeois qui csl préposé pour peser te pis' qui se cuisent aux fours banaux ; i'j lim?p*tf un serrurier qui entretient les puits de h ville* chaînes et de seaux ; 36 livres à un reli; qui prêche les jours de fêtes cl de pendant le Carême el l'Avent, etc., clc *

Pendant les guerres du duc de Bourçopies*' tre la Lorraine, la ville de Gerbéviller avait <tf prise, livrée aux flammes el en grande parCe ruinée ; elle resta presque déserte pariant plu>.W années. Jean Wisse la rétablit, fit reconstruit la halle, édifia la chapelle caslralc en face de a

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maison forte et Gt bâtir le vaste corps de logis qu'habile cocore aujourd'hui le régisseur des lucns de l'ancien marquisat.

L« guerres du XVIIe siècle amenèrent, pour celle ville, de nouvelles calamités : en 1636, son château fut démoli par les ordres de Richelieu, a même temps que la plupart des autres châteaux de la Lorraine ; dans le cours des aunées suivantes, les troupes françaises y logèrent à plusieurs reprises, commirent beaucoup de violences ci levèrent sur les habitants de fortes contributifs ; ce fut ensuite le tour des régiments du comte de Vandémonl, de Mil. de Bellcrose et Torniclle. Enfin, en 1681, les murailles de la tiile fureot détruites ; la commune les fil relever en partie en 1704, 1706 et 4707.

D'autres fléaux étaient venus se joindre à ceux <kU guerre: en 1627, une grêle terrible avait ravagé les vignes ; en i630, un orage épouvantable éclata sur. la ville, la foudre tomba sur la toor Saint-Pierre et la réduisit en cendres. Enfin, en 1633, la peste commença à sévir à Gerbéviller. Les habitants atteints ou soupçonnés de contagion, furent logés dans des maisonnettes en bois construites au lieu dit le Bouleau. La commune nourrissait les malades qui s'y trouvaient relégués. Le sieur Charles Poirson, chirurgien à Gerbévilier, reçut 600 francs pour ses visites et ses bons soins aux pestiférés. Il fut également oonfléîfraucs par jour au R. P. Haraucourl qui, pendant 82 jours, porta des paroles de paix aux malades, leur administra les sacrements cl célébra la messe à leur intention. La dépense totale faite par la conunuue, au sujet de l'épidémie de 1635, s'éleva î 7,497 francs 3 gros 5 deniers. Les bourgeois d'une certaine aisance furent imposés au profil des pauvres.

Les pestiférés recevaient la sépulture dans le voisinage de leurs loges, comme le témoigne une crJx mise à découvert il y a peu d'années, et sur laquelle on lisait : u Ci-gil Elisabeth do Fert, à M» Didier Arnould , jardinier à M. le , morte de l'année de U contagion 1655. n

A la suile de ces calamités de toute nature, la population de Gerbévilier avait été considérablement diminuée : eu 1644, on n'y comptait plus qoe 14 ménages ; en 1661, le nombre des chefs de famille était de 121 ; eu 1710, il y avait cuvlrou 300 feux ; en 1737, 420 ménages ; 479 en

1758 ; vers 1768, 500 et 1,400 communiams.

Plusieurs individus de Gerbévilier, dont voici les noms, furent brûlés comme sorciers au XVIe siècle : Jean Charme (1381) ; Nicolas Pécheur, Jean Pécheur, Colette, sa femme, Béalrix de Bonne (138b). Jean Pécheur, entre autres crimes, fui accusé d'avoir revêtu le corps du diable et pris les dehors de différents animaux. Quand il gardait la forme humaine, c'était toujours avec des mains et des pieds armés de serres, comme ceux des oiseaux de proie. Quoiqu'absente de Gerbévilier, Colette Pécheur avait enlevé un œil h son concitoyen Claude Jacqoemin, déjà privé de l'autre œil. Questionnée, Colette avoua ingénument ce fait, dont elle rapporta toute la puissance à Satan, son maître. Par l'intervention du diable, et pour se venger d'une injure qu'elle avait reçue de Préironie Maxenl , Béatrix de Bonne obtint également la mort d'un enfant de sa rivale.

—"Aux calendes de juillet 1587, on brûla à Vellesur-Moselle une nommée Catherine Ruffe, accusée de pénétrer, sous la forme du chat, dans les maisons, où, par l'effet d'une c-rlainc poudre, elle causait la mort des enfants. Un jour cetle sorcière déposa sur le chemin de Gerbévilier une poire préparée. Un passant qui h vit l'ayant portée à ses lèvres, tomba aussitôt comme frappé de morl subite.

Gerbévilier, dont on appelait les habitants têtes de veau, vérets, sobriquet dont l'origine est inconnue, était autrefois enfermé dans une enceinte fortifiée munie de deux portes dont les vestiges subsistent eucore ; l'une s'appelait porte du Haut ou porto Saint-Pierre, en raison de sa proximité du faubourg de ce nom ; l'autre était appelée porte du Bas ou porle de l'Eau, parce qu'elle regardait la petite rivière de PAgnc, qui coule au nord-est de la ville Une statue de la Vierge , cncaslrce dans la face extérieure de celle porte, la faisait aussi nommer porte Notre-Dame.

L'enceiute qui reliait les deux portes du côté du levant, comme celle qui allait delà porte Saiul- Pierre au château , consistait en une muraille épaisse, forl élevée et garnie de meurtrières ; elle était défendue par uu fossé profond et large d'envirou cinq mètres, qui régnait du midi au couchant; au noid-esl, le canal du moulin en leuail lieu. Chaque porte élail .surmontée d'une tour où, eu temps de guerre, on faisail le guet ;

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celle dite de Sainl-Pierrc renfermait ud beffroi et une horloge.

La place de Gerbévillcr, qui a conservé la dénomination de place d'Armes, était le lieu où se réunissaient les soldats préposés à la garde de la ville. Une maison voisine de cette place, et où l'on remarque une galerie du XV0 siècle, serrait, dit-on, de résidence au gouverneur ou commandant militaire. Une ruelle, qui prenait h l'est de celle habitation , aboutissait h une poterne qui donnait accès dans la campagne. En 1096, ce sentier de ville fut renfermé dans l'enclos des Carmes.

Les halles , destinées aux foires et marchés et anx assemblées de la communauté, étaient situées dans la partie occidentale de la ville. A leur entrée se trouvait le carcan ou pilori , où Ton exposait les malfaiteurs. Le terrain situé audessous de la place et longeant le canal, servait aux réunions joyeuses des habitants, aux jeux cl aux danses publiques.

Ccst M. Camille de Lambertye, mort en 1770, qui ht bâtir le château actuel de Gcrbéviller. Pendant le temps qui suivit la démolition de l'ancienne forteresse, les possesseurs du marquisat habitèrent le corps de logis connu sous le nom de Pavillon. M. Camille de Lambertye ne voulait d'abord faire que des écuries des bâtiments actuellement existants. Le château était plus avant dans le parc et présentait deux façades ; l'une regardait Lunévillc, l'autre lesdiles écuries. Il ne fut jamais achevé, quoiqu'il s'élevât déjà au-dessus des fondations. C'est également à M. de Lambertye qu'on devait les magnifiques jardins de Gerbévillcr. L'exéculion en avait été confiée au célèbre Yves Desours, qui traça ceux de Lunévillc et d'Einville. Les statues qni décoraient le parc avaient été sculptées par Remy-François Chasscl.

Maisons religieuses. — Voici les quelques renseignements qu'il m'a été possible de recueillir sur les établissements religieux que possédait la vilh* de Gerbévillcr.

Prieuré de Saint-Urbain. — Ce prieuré dépendait de l'abbaye de Saint-Urbain, ordre de Saint- Benoit, au diocèse de ChJilons. On n'a aucuus détails ni sur sa fondation , ni sur sou existence; toul ce qu'on sait , c'est qu'il existait an XIIe siècle, pnisqu'en H Si), une difficulté s'étatil élevée entre les prieurs de Gcrbéviller et de Froville au sujcl du patronage de la cure de Bcxange-la-

Grande. Bertrand , évèquc di; Met*, rendit u jugement portant que la dîme de cette ègfix * partagerait par moitié entre les deux priran 4 qu'ils jouiraient en commun du droit de pitr> nage.

Eu iîJCi, le cardinal de Lorraine, en qmW d'abbé de Saint-Urbaiu de Verdun , nom» !• sieur Colard, prieur de Gerbévillcr. Ce priîiri, qui étail en commande, fut unie à la mn-tk chapitre Saint-Georges de Nancy, dans !« f?tmières années du XVIIe siècle. La butk pape Paul V adressa, à cet effet , à l'érqs^-. Metz et a ('officiai de Toul, est du G mars Mit? les lettres du vice-légat, du 41 septembre 4th même année ; la prise de possession eut lits ir 15 octobre 1607.

De ce prieuré dépendaient les cures de la-Grande, Lanfroicourt, Mulccy et Le prieur était curé primitif de Gerbévillcr, etir chapitre de Sainl-Gcorgcs, héritier de ses dw^' était en possession d'y célébrer la messe panfel siale et d'y dire les premières et secondes wpé aux qtiatres fêles solennelles de Tannée elfe de celle du patrou. Il fut maintenu prérogative par une sentence du Nancy, du 7 août 170ÎJ.

Ensuite d'un accord passé, le ÎJ juillet i

entre les sieurs Liénard Margoet, prieur de Gebéviller, cl Jean Mathieu, caré dudil lieu, il s été convenu qu'a l'avenir ils entretiend joiuteraent et à frais communs la toiture de nef et du chœur de l'église Saint-Pierre: toutes offrandes, aumônes , épousailles et ai qui se feraient aux deux autels de ladite isfa] se partageraient cnlr'eux par égale parti*, et qu'ils paieraient conjointement les droits daux. (Coll. S. G. et P.)

Les revenus du prieuré de Gerbévillcr cent louis. (P.)

Carmes déchaussés. — Le couvent des avait été fondé par Charles-Eminaow Torniellc, seigneur de Gerhéviller, etc., maître de l'hôtel, conseiller dTtal el«nriBtti<W des finances du duc de Lorraine; Anne diCh^ tcllct, son épouse, dame d'honneur de la di et Chrétienne du Chaslellet, sa sœur, veow Jean d'Haussonvillc, lesquels déclarent, à* acte daté du 19 février 1618, que, u porta zèle et affection à la gloire de Dieu, à T«vj ment cl augmentation de sa sainte Eglise, et

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