‹ Les Communes de la MeurtheChapitre 263 sur 292 · LU.N · texte numérisé non relu

LU.N

ti Pour la couverture d'ardoise, 1,286 fraucs 6 gros.

» Somme toute, 14,736 francs 6 gros. « (T. C. Lunévillc 2.j

De 1609 à 162 j, les comptes du domaine de Lunévillc et ceux du trésorier général renferment, au sujet des constructions faites au château, un grand nombre de mentions dont je reproduirai les principales, cl notamment celles qui ont rapport à des personnages historiques :

16C9. m Le comptable fait dépense de 26 francs 6 gros pour dépenses de bouche faites en trois journées par Mc Nicolas Marchai, ingénieur des bâtiments de Son Altesse, au plan du bâtiment que Sadile Altesse désire faire faire â Lunéville, et ce an dernier jour de novembre 1608. — Fait aussi dépense de 14 francs... pour dépense du sieur Jean-Baptiste (sans doute d'Eslabili), mathématicien à Son Altesse...., faisant un plan pour les bâtiments que S. A. désire faire faire en son château de Lunéville. n

En 1610, une somme de 600 francs est délivrée à différents individus u pour et en récompense des grandes perles qu'ils ont supportées, outre l'accord a eux fait, à démolir la tour du donjon du château de Lunéville. «

1611. « Dépeuse de 40 francs 6 gros pour les dépens de Mc Nicolas Marchai et fut (feu) Jean- Baptiste, ingénieurs des fortifications, en prenant les plans du château de Lunévillc. w — u .... 29 francs... pour les dépens de Mc Jean de Vassy, maître maçon, envoyé du commandement de Sou Altesse pour reconnaître et faire un plan des bâtiments qui se doivent faire au château de -Lunéville. h — a 64 francs pour remboursement des frais supportés par 31° Michel Marchai et Pierre Michel, maçons, demeuraut à Nancy, envoyés à Lunéville du commandement exprès de S. A. pour prendre le plan des.bàtiracnls dudil château, n — a 103 francs pour les frais et dépens faits pur le comptable cl M0 Nicolas La Hierre, en prenant les livraisons d'un plan qu'il a fait au château et livre les nouvelles fortifications dudil lieu, »•

1612. n A Jean Lyot, dit de Tassy, M* architecte cl tailleur de pierres, la somme du 1*>0 fraucs pour avoir été cuvoyé à Lunévillc pour entendre au dessin du bâtiment que Sun Allesse désire faire au château dudil lieu , et duquel il eu aurait fait cl dressé Irois divers plans pour eu choisir un à la volouté de Sadile Altesse. »

IX w

Beaucoup d'autres notes, qui peuvent faire apprécier l'importance des travaux qui furent exécutes au château de Lunéville par ordre du duc Henri H, se trouvent dans un registre intitulé : « Compte que rend noble Jean Boucqucnomme, châtelain et receveur de Lunévillc, des recette et dépenses {faites a la construction des deux pavillons cl corps de logis faits a neuf au château de Lunévillc, comme aussi pour la courtine construite du côté de la rivière proche les moulins pour soutenir la terrasse du parterre, commencée en Pan 1615 et parachevée en Tan 1624. h Ces travaux furent exécutés par M* Jean La Hicrrc, architecte dn duc, et Baptiste Michel, tailleur de pierres, demeurant h Nancy ; on y avait affecté, en 162i, une somme de 186,U9 francs 4 gros 2 deniers, y compris l'acquisition de maisonnettes assises dans le fossé de l'enclos du château, et de maisons situées dans la rue des Sœurs.

Par lettres patentes du 15 janvier 1619, le duc Henri II affranchit une maison que Didier Clément, son conseiller d'Etal et maître échevin de Luncville, avait fait bâtir près du Jeu de paume de celle ville. Le préambule de ces lettres porte : u Ayant jusqu'ici fait paraître notre affection et désir d'embellir notre ville de Lunévillc, tant par la dépense que nous avons employée au nouveau édifice de notre château dudil lieu, que par autres desseins que nous avons proposés pour d'autant accroître l'ornement d'icelui , nous avons aussi favorisé les moyens d'en rendre le séjour agréable, non seulement en ce qui peut dépendre de l'exercice de diverses chasses, mais aussi pour les divertissements et honnêtes récréations dont la commodité se retrouve d'ordinaire aux villes et

outres lieux de remarques ; c'est pourquoi «

(T. C. Lnnévillc.)

En 1G22, des travaux sont exécutés, sons la direction de M8 Lambert Charles, architecte h Nancy, pour le rétablissement du dernier pont de Lunévillc, tirant vers Sainl^Nicolas.

En 1G26, on réparc la tour de la porte Chantcheu, celle de l'Ecollc, la tour Bresson et celle des Genauxes. Celle année, la duchesse de Lorraine, accompagnée de ta duchesse «e Chcvrcuse et des "ulrcs grand.* personnages qui se trouvaient alors * la cour, vient résider quelque temps au château de Lunévillc. {Domaine de Lunéville.;,

Le 26 février (102'".}, un nommé Gircstion

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Mathieu, archer des gardes du duc, avait obtear l'ascensemenl du vieux fossé entres les perte Saint-Jacqnes et Saint-Georges, pour le convertir en nature de jardin ; ce lien ne servait qo a «pitre les immondices de !a ville, et il s'en etkbit des émanations dangereuses. (T. C. LunériDe V

Dans le courant de l'année 4631, la ville 4e Lunéville fut affligée de la peste qoi dèsob Ij Lorraine ; on trouve ce fait consigné dans différents rapports adressés à la Chambre des Comptai, en 1632, par les commissaires qu'elle avait dëligués pour recueillir des informations à ce sujet u Avertissent, disent ces commissaires, que <fc le 10e du mois de juin année dernière 1631, Lunévillc ayant été infecté de la contagion, te habitants n'auraient eu liberté de hanter ni fréquenter en aucun lieu jusqu'au 27e d'octobre «t-i. vant, qui sont quatre mois et demi, peaà:i lesquels ou n'aurait scellé ni passe que fort per de contrats... « D'autres rapports disent ijk, pendant tout ce temps, le cours de la josliee lirait élé interrompu ; que le commerce et le trafic avaient complètement cessé et que les habita* auraient été obligés de s'endetter, tant poorachi? de drogues, parfums, médicaments et vivres pmj? les malades qu'autres pauvres nécessiteux de n ville ; qu'il était mort bon nombre de permis, et que la population se trouvait diminuée de % ménages. (Chambre des Comptes.)

Quelques années après , les habitants eerat à souffrir les dévastations des troupes enneatics le compte du receveur de Lunévillc, pour Vvnet 1636, renferme, a ce sujet, deux chapitre if dépenses : 1° u pour la réparation de la rafc causée par les gens de guerre campés pré di château de Lunéville pendant l'arrivée de M. k duc d'Angoulème cl de M. le maréchal de U Force, lesquels enlevèrent et emportèrent tousl<« fagots et antres bois de la vanne des moolin» pce s'en servir en leurs corps de garde pendant U u* et le jour; n 2° u pour la réparation faite à la kai» de Lunéville, de la ruine faite par les eavabtn qui y étaient loges pendant l'arrivée de Jf. k maréchal de La Force, lesquels brûlèrent lots îa élatix et autres bois des élaux de ladite halle. •

En 1614, He comptable remontre u qte-te soldats du régiment de cavalerie d'Oy-onrife (Haussonvillc), pendant le mois de liéceuire k l'année présente qu'il? ont été ii Lanévilk ruiné uou seulement la plupart do; mtw <U4*'

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lieu, mais aussi ce qui restait de bâlitueul au four de la rue Ilargaut, abattu un petit four qui y était pour la commodité des habitants ; qu'ils ont ruiné de même un petit four qui était construit dans le bâtiment du four de la porte Chantebeu, fait un trou dans la muraille mitoyenne dudit bâtiment i l celui des dames religieuses de Tordre de Saint- François, etc. »

Un dénombrement dressé, à cette époque, dans tous les lieux habités de la recette de Lunéville, fait connaître le nombre des conduits ou ménages de ces différents lieux u qui oui été réduits en un misérable et déplorable étal par les cavaliers du friment d'Oysonville eu décembre présente anuec n U résulte de cet état, dans lequel ne figurent, sans doute, que les ménages payant l'aide ordinaire Saint-Rcmy, que Lunéville n'en comptait que 50, ou, du moins n'était taxé qu'à ce uombre, en raison de l'état misérable auquel les autres se trouvaient réduits.

Une note des comptes de l'année 1647 porte : u qu'il n'y a aucun office qui ail été plus maltraité que celui de Lunéville, tant ès quartiers d'hiver, lissage des gens de guerre qu'autrement, en telle h<;on que le plupart des lieux d'icelui sont brûlés, les autres déserts ou fort peu habités, n

Pendant cette époque calamitense, le château «lu Lunéville avait eu à subir de nombreuses dégradations ; aussi, les comptes de 1667 à 1600 contiennent-ils plusieurs mentions relatives aux réparations qu'on fut obligé d'y exécuter. Un mandement adressé, en 4690, k M. Cbaruel, intendant en Lorraine, porte : u Le Roi ayant été informé que le château de Lunéville est k présent inhabitable par le mauvais état auquel sont ses couvertures, et que, pour en empêcher la ruine, il serait nécessaire de faire promplemenl rétablir lesdilcs toitures, k quoi Sa Majesté voulant pourvoir...., a ordonné que par le sieur Cbaruel...., qu'elle a pour ce commis, il sera incessamment proredé b l'adjudication au rabais des réparations k faire à la couverture dudit château... » (T. C. Luiiéville.) Ce titre, auquel est joint un plan du château, atteste que ce dernier n'avait pas été rasé pendant l'occupation française ; il est probable qu'on s'était contenté de le démanteler et de dé iruire ses fortifications, comme on avait tait de «lies de la ville.

On a pu voir, par les documents que je viens »le rappeler, que les ducs Charles 111 et Henri II

avaient cherché à donner une certaine importance à Lunéville en l'eutouraut de fortifications solides, en y construisant un vaste et magnifique château, en y créant enfin différents établissements propres à contribuer à son développement et à sa prospérité. La peste cl l'occupation ennemie firent descendre celte ville du rang qu'elle avait occupé, et elle ne reprit son éclat que sous Léopold, François 111 cl Stanislas, qui eu firent, en quelque sorte, la capitale de la proviuce. Us y élevèrent de magnifiques monuments et y fondèrent de nombreuses institutions de toute nature.

Parmi les monuments dont Luuévillc est redevable k la munificence de Léopold, il faut placer en première ligne le château, qui, avec ses vastes jardius et ses magnifiques bosquets, était une résidence vraiment royale. Le célèbre Boffraud, qui en dirigea la construction, décrit ainsi lui-même cet édifice, dans son Livre d'architecture :

u Son entrée est par une avant-cour, aux côtés de laquelle il y a deux corps de logis qui, au rezde-chaussée, sont appliqués k deux écuries voûtées, et au-dessus k trois étages servant de logement aux officiers de la cour.

» La seconde cour esl séparée de l'avant-cour par une grille de fer, et fermée k ses côtés par deux ailes du principal corps do logis, dont Tune sert au logement des filles d'honneur, cl l'autre k des appartements des seigneurs de la cour. Le corps de logis flanqué de deux pavillons sur la seconde cour, est employé k un vestibule percé de neuf arcades, dont trois dans l'avant-corps du milieu donnent passage dans la troisième cour. Ce vestibule communique, par une rampe de chaque côté, aux appartements des ailes sur la troisième cour, dont l'on k droite est occupé au rezde-chaussée par Leurs Altesses Royales, et au premier étage par les princes et princesses du sang. L'aile gauche, du côté de la rivière, n'est pas faite el était desliuée aux logements des princes étrangers.

n De l'appartement de Leurs Altesses Royales on communique, au rez-de-chaussée, k la chapelle palatiale, et au premier étage, aux tribunes qui sont autour de la chapelle, lesquelles sont portées au rez-de-chaussée par des colonnes d'ordre ionique, el au premier étage par des colonnes d'ordre corinthien.

•i A coté de l'appartement de S. A. R. , il y a un jardiu k fleurs el uù bosquet particulier. Ce

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jardin à fleurs csl clos par deux corps de logis eu aile, dont l'un esl employé à des logements de seigneurs et dames de la cour, et l'autre a la chancellerie.

h Une grille de fer sépare la troisième cour des jardins, qui sont spacieux, en terrasse du côté de la rivière de Vezousc et fermés de l'autre côté par des bosquets, »

A cette description se trouvent jointes plusieurs planches qui représentent les différentes parties du château ; il en existe aussi de fort belles dans le Recueil d'Héré , premier architecte du Roi de Pologne.

Les travaux de construction cl de décoration de ce château, commencés dans les premières aunées du règne de Léopold, se continuèrent sous celui de François 111, successeur de ce prince. Les comptes des trésoriers généraux de Lorraiue renferment tous les mémoires des ouvriers et des artistes qui furent employés a ces immenses travaux, dont quelques chiffres permettront d'apprécier l'importance : en 170(î, on y affecta environ £7,000 francs ; en 1714, 23,673 livres 6 sous 4 deniers ; eu 17*21, 164,604 livres 2 sous 6 deniers ; en 1732, 33,042 livres 9 sous 4 deniers. Dans ces dépenses figurent : en 1714, les travaux faits ii l'hôtel du marquis de Lunaty Visconty ; à une maison que Lcopold avait fait construire près des anciennes remises des carrosses du château, et les atigmenlatious faites a ces remises > en 1724, l'acquisition de terrains pour l'aligncmeul de la rue de l'Orangerie, pour l'agrandissement des bosquets, pour l'élargissement de la rivière derrière le Manège, pour l'augmentation de la Ménagerie ; les travaux exécutés à la chapelle, à l'aile des filles d'honneur, u la Ménagerie, à l'hôtel de la Gendarmerie, aux fontaines et jets d'eau, à l'Orangerie, à la volière des canaris , au Jeu de maille, etc. Les actes d'acquisitions de maisons, faites par Lcopold et François III , soit pour agrandir le château cl ses dépendances, soit pour construire d'autres édifices, nous ont été conservés, on y voil figurer : deux maisons situées dans la rue du château, une au faubourg Saint-Jacques, des masures près du Jeu de paume, l'église, le couvent el les jardins des Soeurs Grises, sept maisons au faubourg Saint-André , un terrain sis à la place Sainl-Lépold, pour y faire les bâlimculs (évalués à 138,000 livres) destinés à loger partie de la gendarmerie, la compagnie des endets-gen-

tilshommes el celle des gardes suisses ; l« htn lages composant les jardins, bosquet» et aiirtouvrages faits derrière le château, partie 4a j^rdin de la princesse de La Melonnière el de l»ft. pinière , plusieurs terrains pour l'Orangerie, te* au faubourg d'Allemagne ; des héritages état* dans le parterre du château , d'autres temiu* pour composer la remise des perdrix, Bijirfc sis à la porte Joly , plusieurs maison» prt» i château, pour les raser ; des terrains pour fmnue des bosquets, etc. , etc. (T. C. Luaeviilt 1

J'ai dil plus haut que le château de Lnnr ^ avait été construit sous la direction de l'arduie* lioffraud ; un grand nombre d'artistes, peifiL* sculpteurs cl décorateurs, furent appelés à labcllir i Charles-Louis Chéron, peintre ord.ii.cl valcl de chambre de Léopold, lit, pour oroer » appartements, des portraits de Louis XIII rte. \ reine, de Louis XIV el de la reine, de UdicW mère cl du duc Charles V ; Claude Jacquard (tapota un tableau de saint Charles pour la cbft:, dans laquelle travaillèrent aussi les sculpieanl» tbélcroy Guibal, Mény, Jean cl FrançoisValiier.ç. tirent tous deux, en 1750, les stalles de réffixt Lonéville ; le dessus des cheminées, qui étaient *• lies des ateliers de Nicolas Le Chien, nunWn Nancy, fui décoré, par Rousseau, d'omnjw* bois et en plâtre. D'autres travaux d'ut lu» exécutés par les sculpteurs Dumool père, Usai el Dicudonoé ; par les peintres décora leorsBtài. Domiuiquc Humberl el Jean-Louis Rapck

Voici maintenant les autres document! qai s rattachent à l'histoire de Lonéville peodaat k XVIIIe siècle.

* Par lettres patentes datées du S mai 1701,1er pold supprime les anciens établisscûico&den** de ville de Lunévillc, faits par ses prédecesw. notamment par le duc Charles III, le 29 jau: 1589, cl crée un nouveau conseil deville,!^ sera composé du prévôt chef de police, de <■ conseillers, du procureur au bailliage, d on R» veur, d'un greffier el de deux serge als. Lo c-.scilliîrs seront lirés : le premier, da cor}* a bailliage ; le second, de celui de la noblesse, decins ou avbcats, qui seront loujoor»

par le duc ; les autres seront pris du corpi i a bourgeoisie et choisis par le prince eaut *■* candidats élus par la communauté a la plorùk des voix.

Les officiers de l'hôtel de ville coonitt»* '

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toutes les affaires de police , Uni ordinaires qu'extraordinaires : les premières sont la taxe du pain, do vio, de la bière cl de la viande ; la visite el la garde des halles, foires, marchés et cabarets, les logement et fourniture des gens de guerre, tes répartitions des charriols el corvées, les dépenses ordinaires de la villo, la contravention aux ordonnances particulières de police, etc. Les affaires extraordinaires sont les assemblées Je communauté, l'élection des officiers de l'hôtel <lc ville, la réception de leur serment, l'audition iirs comptes du receveur de ville et du gouverneur et administrateur de l'hôpital, les impositions extraordinaires, etc.

Le premier des trois bourgeois choisis par le prince, sur la présentation de la communauté, fera les fonctions d'administrateur de l'hôpital. Les officiers de police choisiront un receveur, un greffier et deux sergents de ville... Les officiers de l'hôtel de ville s'assembleront au moins une fois la semaine ; néanmoins, lorsqu'il arrivera des affaires urgentes, le prévôt pourra les convoquer exiraordioairement... n (Recueil des édits et ordonnances.)

Un édit du 42 mars 1709, supprime l'office de capitaine prévôt chef de police et graver de Lunéville, ensemble celui de lieutenant de police, et rrve l'office de lieutenant général de police et cruyer, tant en ladite ville qu'en la cour et suite du doc lorsqu'il y fera sa résidence. Au lieutenant général sont adjoints deux officiers qui seront hiqs ses ordres en qualité de commissaires de police et tiendront la main a l'exécution de ses ordonnances, etc. Des lettres patentes du Roi, données à Versailles le 30 mars 1768, ordonnèrent que les appels des jugements el ordonnances des hôtels de ville de Nancy et de Lunéville seraient portés a l'avenir en la Cour Souveraine de Lorraine el Barrois. Du temps de Stanislas, ils étaient portés au Conseil de ce prince. (Edits et ordonnances.)

I n arrêt du Conseil, du 26 octobre 1710, continue pour trois années, aux habitants de Lunéville, l'exemption de la subvention, en raison des dépenses qu'ils ont été obligés de faire, notamment a la construction des fours et bâtiments en dépendant, et des palissades qu'ils ont fait faire pour la clôture de la ville et des faubourgs. (Ent. 1708-14.)

Léopold « voulant traiter favorablement M.

Marc, marquis de Btauvau, cl favoriser ceux qui veulent travailler a l'embellissement de la ville de Lunéville, lui abandonne, en toute propriété, le terrain et les bâtiments occupés précédemment par la Vennerie, au faubourg d'Allemagne, pour y faire les changements el bâtiments qu'il jugera à propos, n (Intendance de Lorraine.)

Une déclaration du 16 février 1724, porte que tous les résidents dans les ville el banlieue de Lunéville, qui feront des testaments, codiciles ou ordonnances de dernière volonté, seront tenus do faire un legs à l'hôpital dudit lieu , faute de quoi le dixième de leurs meubles appartiendra de plein droit à cet hôpital.

Une autre ordonnance , du 4 mars de la même année , attribue à l'hôpital de Lunéville un sou par livre de viande de boucherie qui sera vendue pendant le temps du carême, el une livre dix sous par agneau. (Edits, etc.}

Dans le dessein d'agrandir la ville de Lunéville, Léopold fait tracer une place neuve, à laquelle aboutiront les rues des religieuses de Sainte-Elisabeth , de l'Orangerie, de Ménil et de l'IIÔpilal, et une ordonnance du 10 juillet 1728, accorde , à ceux qui bâtiront sur cette place et dans ces mes , l'exemption , pendant quinze années , du logement des gens de cour cl de guerre et des corvées établies pour la construction et l'entretien des ponls. (Edits, etc.)

Un arrêt du Conseil des Finances, du 27 juillet 1730, afferme à un nommé Henri Legros, demeurant a Nancy, moyennant un canon annuel de î>00 livres, la conduite des carrosses do Lunéville à Nancy et de Nancy à Lunéville , el règle les conditions sous lesquelles ce privilège lui est accordé, ity eut, le 4 septembre 1741, un nouvel arrêt du Conseil des Finances , portant règlement pour le carrosse public de Nancy à Lunéville. (Edits, etc.)

Par lettres patentes du 23 mars 1736, le duc François fil confirme l'établissement de la maison de Charité de Lunéville , foudéc par Léopold , et déclare la prendre sons sa protection spéciale. Le préambule de ces lettres porte que cet établissement avait reçu sa naissance en l'année 1724, au moyen d'une partie de vieille maison qui appartenait auparavant à la commanderie de Saint- Georges, et qui avait été acquise pour u*nc somme de 3,000 livres, provenant des libéralités de Léo- » pold. (L. P. 1736.)

La Déclaration fournie , le 20 aoùl 1738, par les officiera de l'hôtel commun de Lunéville , en vertu de l'arrêt dn Conseil des Finances , du 5 mai de la même année , contient l'énumcralion suivante des droits, biens et revenus dont jouissait alors celle ville :

u Biens communaux. — La maison de ville, occupée en partie par le bailliage... Tout le bas , en quatre boutiques, est possédé par les directeurs de l'hôpital Saint-Jacques... Les greniers sont pour le service de Sa Majesté. La cour est occupée par M. le marquis de Lambertyc.

» Une tuerie située sur la rivière de Vezouse, servant a tuer toutes les viandes qui se distribuent en cette ville, avec un ancien logement pour donic bouchers...

n Trois magasins pour loger les foins et pailles pour la nourriture des chevaux de Sa Majesté , situés en allant à Viller...

n Une maison de Force, située en la rue allant • a Viller...

n Une maison appelée la Charité, attenant a la paroisse Saint-Jacques , où loge un économe qui a le soin de distribuer les aumônes aux pauvres infirmes de la ville.

n Une maison appelée la maison de l'Ecole, où logent le maître d'école,le chantre et l'organiste...

n Une maison sur le bord de la Vezouse, proche les Pères Carmes , où est construit un four banal que la ville a fait faire tout à neuf...

n La maison où réside actuellement le maître des hautes et basses œuvres , située en allant au Ménil...

« Bois appelé Fourasse. — Le bois des Fourasses , appartenant a ladite ville , contenant 533 arpents un quart 15 verges...

n Bois de Bleiochin. — Le bois de Blcinchin , appartenant a la même ville, contient 54 4 arpents...

« Paquis. — Le paquis des Mosus et des Broûinnes... Le paquis de Xcrbévillcr... Un autre petit paquis contenant un jour 6 hommées...

« Pêche. — Les bourgeois de Lunéville sont en droit et possession de pêcher avec charpagnes, lignes, troubles, cliquets et à la main, dans les rivières de Mcurlhe, de Vezouse et de Mortngoe.., à la réserve des cantons destinés aux plaisirs de ba Majesté. ..

m Vainc pâture. — Les bourgeois, habitants et rommunanté de Lunéville ont droit de vainpfc-

lurer non seulement sur toute l'étendae de \w ban, mais encore sur ceux des villages voisins.

n A la même ville droit de troupeau a part, tant anoelios que bêtes blanches, chèvres t 1 pots, et même chaque bourgeois peut avoir 230 bita blanches sur la pâture , ainsi qu'il est porté par les lettres do duc Henri , du 49 septembre ifâ , leur troupeau armelin avant été de loutveaf. vainpâlnrer dans la forêt de Mondoo...

« Maisons foraines. — La ville a le droit ,i> temps immémorial , de percevoir sur les n»** que les propriétaires forains y possèdent, dix m» par chacun an, -pour se maintenir dans le dre de bourgeoisie...

n Droit d'embaoie. — La ville a droit, i temps immémorial , de mettre en réserve «nu canton de pré appelé Banvoire, pour PuUlikk laboureurs...

»» Total des revenus de la ville, dont lait sont annuels et les autres eesuels , 45,516 ime 9 sous 8 deniers... »

Le 35 février 4739, la Chambre des Campa ascense aux officiers de l'hôtel de ville de Lavvillc les pressoirs banaux avec le> place? « j-pendant, moyennant un cens annuel de 5006*ss (T. C. Lunéville 2.)

Un édit du mois de juin 1743, crée 11 dur» de gouverneur du château de Lunéville et opta ine des chasses du district dit des Plaisirs, «ht aux eovirons de cette ville. La capitaines chasses de Lunéville, qui avait été créée par éfc du mois de janvier 1729, de même que cafta* Nancy et de Commerey, et placée sous l'tatar* du grand veneur, en fut, comme celles-ci, aV traite en vertu d'un édit du 30 janvier 17V, lequel statua que chacune de ces capitu^ aurait un capitaine , un lieutenant, un aseen gradué, un avoeai-proeurcur, tous avec le titré conseillers , un greffier, cinq gardes a eheni t huit gardes â pied, excepté celte de Commenxi laquelle il ne fut accordé que trois gardes Ida» val et cinq a pied. Deux édits de Louis XT. a premier, du mois d'octobre 1766, régla ks limites dans lesquelles serait renfermée la eapav nerie de Lunéville ; le second, do 24 février 17J| réunit à celle capitainerie plusieurs cantoas à pendant dn domaine. (Edits, etc.)

Par acte du 15 juillet 4746, Stanislas tant a la maison de Charité de Lunéville une soamt de 10,000 livres, pour être employée à Vnfmet-

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talion du bâtiment de ladite maison sur partie du terrain de l'ancienne paroisse, et le surplus ca constitution de renie» ou acquisition de fonds, exprimant le désir qu'au moyen de cette somme, les directeurs de la Charité mettent a la tète de cet établissement, après la mort de la demoiselle (■onthier, deux sœurs de Saint-Lazare pour avoir soin de cette maison et soulager les pauvres malades de Lunéville. En 4748, le Roi de Pologne donna une nouvelle rente de 600 livres pour l'entretien d'une troisième sœur de Saint-Lazare. Le uumbre de ces religieuses fut ensuite porté à quatre, puis a cinq. (Edita, etc.)

Par contrat du 47 septembre 4748, Stanislas établit à Lunéfille une école sous la direction des Frères des écoles chrétiennes. Le nombre de ces Frères, fixé a trois par acte du 43 mars 4750, ayant été reconnu insuffisant pour pourvoir à l'instruction de tous les pauvres enfants de la ville et des faubourgs, le Roi de Pologue en établit un quatrième, par un nouveau contrat de fondation, Jo 6 novembre 4756. (Edits, etc.)

Un arrêt du Conseil des Finanres et Commerce, du 4 juillet 1753, règle le droit de coupel à Luaévillc, c'esl-a-dire, le droit a percevoir sur les grains et légumes qui se vendent aux balles ou marchés. On voit, par cet arrêt, que, conformément à un ancien usage, les officiers de l'hôtel de ville établissaient six livreurs jurés chargés de faire la livraison des grains sujets au droit cidessus, lequel était du quarantième, et dont étaient exempts les propriétaires de maisons à Lunéville pour les grains et légumes provenant de leurs crus et concrus, etc. Le 30 avril 1757, il y eut encore un autre arrêt portant interprétation de celui qui vient d'être rappelé. (Edits, etc.)

Par son testament en date du 31 janvier 1764, Stanislas ordonne qu'une somme de 28,645 livi es 2 sous 2 deniers, qui doit être délivrée à ( hôpital Saint-Jacques de Lunéville , soit employée en acquisition de biens fonds à son profit, pour le produit desdits biens servir à perpétuité a entretenir uu nombre suffisant de bons chirurgiens, chargés de faire, dans les deux saisons, les opérations de la pierro aux pauvres des deux sexes de ses états, et qui se préseuleront audit hôpital, où ils seront logés, taillés, nourris, soignés et entretenus de tout jusqu'à parfaite guéri- >»>!i, gratuitement, sacs que jamais, sous quelque prétexte que ce puisse être , on leur demande la

moindre rétribution. Uu arrêt de la Cour, du 44 septembre 4766, ordonna que l'entrée à l'hôpital de Lunéville , pour les pauvres calculcnx de la Lorraine et du Barrois, aurait lieu du 20 avril au 40 mai et du 20 août an 40 septembre de chaque année. (Edits, etc.)

Par lettres patentes du 5 septembre 4762, Stanislas permet rétablissement d'un ouvroir d'orphelines pauvres, en filage de colon, sous le titre de liaison de Charité. Par d'autres lcUres du 15 juin 4764, il incorpore et unit a ladite maison la Maison de Force et de l'Aumône publique, établies aussi à Lunéville par les ordonnances des 50 janvier 1728 et 22 avril 4732, avec tous les fonds, revenus, produits, privilèges, franchises et immunités y appartenaul et en dépendant, pour ne faire désormais qu'un seul et même corps d'établissement sous le litre de Maison des Pauvres, à laquelle il donne un règlement pour son administration. (Eot. 1763.)

Pendant les règnes de Léopold, de François III cl de Stanislas, qui furent nue époque de prospérité pour Lunéville, cette ville avait vu se créer plusieurs établissements industriels, dont quelques-uns jouirent d'une certaine importance et ont laissé des produits encore recherchés aujourd'hui. Différentes corporations ouvrières avaient reçu aussi des statuts cl des règlements qu'il n'est pas sans iulérèt de connaître. Voici les divers documents que j'ai pu recueillir sous ce double rapport.

Par lettres patentes du 15 juin 4751, le duc François, voulant traiter favorablement le sieur Jacques Chambrclle, en considération de rétablissement qu'il avait fait à Lunéville d'une manufacture de porcelaine et de fayeocc, lui accorde la franchise et exempliou, pendant sa vie, de toutes charges et impositions ordinaires et extraordinaires, même de la subvention, de la fourniture et du logement des gens de guerre, etc. (L. P. 1750- 55.) Le 15 décembre 1740, Stanislas permet h Jacques Chambrettc d'établir h Lunéville une nouvelle manufacture d'ouvrages de terre de pipe, à l'imitation de ceux de cette nature qui se fabriquaient en Angleterre, et qu'on peut regarder comme demi-porcelaine, el l'autorise à faire tirer de ses étals, en tel endroit qu'il jugera convenable, les matériaux propres à l'usage de ses deux Manufactures, avec défense à tous autres maiircs de débaucher aucun de ses ouvriers. (Enl. 1751».)

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l)cs lettres paleulcs du 17 avril 17558, ma io tiennent Gabriel Chambrette et Charles Loyal, Gis et gendre de feu Jacques Chambrette, dans la propriété, régie et gouvernement de la manufacture établie a Lunéville, tant pour la formation des fayences ordinaires que celles dites de reverber et ouvrages en terre de pipe ; les mêmes lettres accordent a cette usine le titre de manufacture royale. (Enl. 1758.) Malgré les privilèges que Jacques Chambrette el ses héritiers avaient obtenus, leur établissement ne put se soutenir ; leurs créanciers le firent vendre, et il fut adjugé aux sieurs Kcllcr etCuny, qui en étaicut propriétaires en 1788. (Intendance de Lorraine.)

Le 3 mai 1768, Louis XV avait permis h Paul- Louis Cyfflé, sculpteur ordinaire du feu Roi de Pologne, d'établir ù Luuévillu une manufacture dans laquelle il pourrait cuire ou faire cuire, pendant quinze années, de la vaisselle qui serait supérieure à celle de terre de pipe, sans être porcelaine, el qui serait nommée terre de Lorraine, comme aussi de la fayenec commune et ordinaire, en employant la terre de pipe. (Eut. 1769.) Tout le monde connaît les charmants objets sortis des ateliers de Cyfflé; ces statuettes, ces groupes, aussi remarquables par la composition que par lo fini de l'exécution, et qui placent leur auteur au premier rang parmi les artistes lorrains du siècle dernier. Il ne paraît pas, néanmoins, que Cyfflé ait prospéré. A la mort de Stanislas , Lunéville avait perdu une grande partie de son importance, et n'offrait plus ni aux arts ni h l'industrie les ressources qu'il présentait lorsqu'il servait de résidence à nos ducs.

Outre les établissements dont je viens de parler, Lunéville possédait, a la fin du siècle dernier, des moulins à foulon et une meule pour aiguiser les ferrements, crées en 1768 par Joseph Desalmc et Nicolas Weiss ; deux fabriques d'amidon établies, l'une par Hector Macé en 1780, l'antre pnr Dominique Marchai eu 1787 ; enfin, h la maison des Orphelins, une manufacture d'étoffes grossières , de laine et de toiles communes en fil et en coton. (Intendance de Lorraine.)

Voici maintenant, par ordre chronologique, le texte des statuts cl règlements qui furent accordes par François III, Stanislas cl Louis XV, b différents corps de métiers de Luuoville . Ces documents, malgré leur étendue, m'ont p;iru mériter d'être reproduits, d'abord, parce qu'ils se ralla-

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chenl à l'histoire de l'industrie dans notre pa«, « snîle/parce qu'ils font connaître des osages.désetw tûmes, une organisation, snr lesquels on w ironie de renseignements dans aucun de nos écriius. Chartes des tailleurs et tailleutet tffatoi ( 1732-1 705).

Sur la fin de 1732 , le roi el les Mbr* des tailleurs d'habits de Lunévillé prtjeaitrtu une requête au duc François, à l'effet dollar la confirmation et l'explication d'un arrêt du C* seil, du 21 mars 1730, cl ce prince leur accorà. le 8 janvier 1733, des lettres patentes par lequelles m il érige les tailleurs et lailleuse» Ife. bits de Lunéville en corps de maîtrise qui en composée d'un roi ou maître , d'un grittw * d'un sergent, lequel office de roi sera par ctacu* :nnée publié et adjugé a qui plus el i l'éteint t la chandelle, dans l'assemblée de la maître, k jour de la féle du patron, en la maison do maître sortant, el ce au profit de ladite ouiiriM. dont il sera dressé acte par le greffier, «pé u lui el des rois sortant et entrant, tuxalU a doyen, lesquels greffier et doyen seront assit, s dans ladite assemblée, i» la pluralité des w.-.. changés quand le corps* de ladite maîtrise Ifircvera à propos ; cl le serment desdits wmv. roi cl officiers sera prêté entre les mains i\ ru sortant, dans laquelle maîtrise nous toqIok^ les statuts cl règlements soient suivis el otarie suivant leur forme et teneur.

n Art. 1er. Celui qui entrera dans latoairm du corps desdits tailleurs, érigée soo; le imii Sainl-Homobon, sera tenu de payer déni hm pour sa réception et deux francs onze gros pos sa part de la dépense des bannières, mou». surplis, bonnets carrés et autres dépenses.

m Art. 2. Les fils d'un confrère ne paierpaïf moitié desdits droits.

n Art. 3. Tous les confrères seront leMiiu trouver cl assister aux processions et cértttius publiques et d'y marcher après les lanoieradn l'ordre suivant, savoir : le roi de la coofe dans le premier rang et les autres entoile èjn ! deux et suivant l'ordre de leur réception, ev ? sergenl entre les deux colonnes, à peiae du franc deux gros d'amende contre ducoa des*faillants, cl lesquelles amendes looroercitJ. profil de ladite confrérie.

« Art. h. La veille de la féte dn pair», ules confrères. se trouveront à l'église classeier-*

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