‹ Les Communes de la MeurtheChapitre 283 sur 292 · MAL — 008 - MAL · texte numérisé non relu

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espaces qu'elle lui a voit envoyés et envoyeroit ciaprès pour son plaisir, passe-temps cl récréation; ils lui auroient été fournis pour la somme de 101 fraos 6 gros, n

Pendant les guerres du règne de Charles IV, c'est près de la Malgrange qu'on prépara des moyens d'évasion à trois illustres fugitifs : Nicolas-François, la princesse Claude de Lorraine, et l'héroïne Henriette de Phalsbourg, sœur de Charles IV. C'est dans le bois près de* la Malgrange qu'on leur tint des chevaux: préparés.

Dès les premières années du règne de Lcopold, la Malgrange fut le théâtre de fêles brillantes : c'est ce que nous révèle le titre d'une pièce jouée sur le théâtre de la cour, en 1702 : le carnaval de 1702 fut extrêmement brillant ; le théâtre de la cour se trouvait alors organisé : parmi les pièces représentées sur ce théâtre, on remarqua u Les fêtes Je la Maly range. »

Un an après, en 1703 et en 1704, a l'occasion des démêlés qui surgirent entre le duc de Lorraine et la Cour Souveraine de Nancy, d'une part, l'évèqoc de Toul et la cour de Rome , d'outre part, au sujet du Code Lcopold promulgué en 1701, ce prince établit h la Malgrange des conférences entre lui, son Conseil et les délégués de révéque de Toul, en même temps qu'il envoyait à Rome une ambassade pour faire revenir le Saint-Père sur son bref du 22 septembre de Tannée 1705. Le château royal de la Malgrange fut le lieu désigné pour tenir les conférences de la conciliation , dans lesquelles le procureur-général Boursier fut le principal représentant du duc de Lorraine , et Claude de Laigle , vicairegéuéral de Toul, le représentant de son évèque.

Peu d'années après, la Malgrangc fut entièrement transformée. Ce site plaisait beaucoup a Léopold : aussi les habitants de Nancy, désireux de complaire à leur prince et prévoyant les avantages que lenr procurerait le voisinage de la résidence princière, si la Malgrange était préférée à Lonévillc, achetèrent 90 jours 8 hommées de terre qu'ils donnèrent au duc pour agrandir son domaine de la Malgrangc.

Léopold fît commencer dès 1711, a la Malgrande, u joignant l'ancien château n, un nouveau chate;iu d'ordre composite, beaucoup plus magnifique, sur le* dessins et sous la direction de Germain Boiïrand, son premier architecte, qui a décrit lui-même avec détail ce palais, en latin cl

en français (eu 17*5). Voici un eMrau «1« « ^ dil Boffrand de ce palais de U Malgraogt \hk tium Mulyrangensc) :

u 11 est situé à un quart de lieue de Ji»*, sortant par le faubourg d'Allemagne. La 'u-. de Lorraine y avaient une petite matsoo et a. ménagerie (rillam angu$tam ri riraho, vt iocum pocorosum). Le duc Léopold, daet|ny. l'honneur d'être le premier architecte, Itwwej : situation fort belle, prit le desseio d'y Imr, maison assez grande pour s'y loger «vetuat y lie de sa cour. Le principal corps de fc^„ t. palais de la Malgrangc est placé sur oo wJt. dont ta pente est fort douce, pour y faire de^nti jardins , au bout desquels la rivière de Ht<ù forme un canal naturel d'une demi-lieue i> : • gueur, dans nne plaine termiuëc par des ar.i fort ornés. Un bois do haute futaie sel?», placé sor la droile de la maison, et sur b on découvre la ville de Nancy et la «aJirr j Bouvières, dont la voc est fort agrtak* étendue. ..

•» Le principal corps de logi* 1 51 1

de face, sur 23 toises de profondeur, l'tttrc • sous un périslile de six colonnes d'ordtt wa;site. de 35 pieds de hauteur... La pr eaùet» y»? est la Salle des Gardes , de 12 toises i pr* >long sur 38 pieds de large , et de i'2 iiti,hanteur sous plancher, laquelle liaotew mff... celle du rez-de-chaussée et du *prt°'" elle conduit à un salon ovale, de mirae hui » de 10 toises de long sur 7 toise» de bqti , i l'on arrive à deux grands apparlcmeob -.v jardin. La Salie des Gardes wananoujuc^. deux grands appartements sor la cour. Im >■• appartements , il y a d'un côté un grand ew qui conduit au premier étage distribue a instaure appartements dégagés dont les aalitbalf • ont des tribunes sur la Salle des Gardes et * salon. De l'autre côlé opposé an grande»:»' il y a un vestibule et une chapelle palatiak '.Nlalii Gaullum), el de chaque côté ne" pour éclairer le grand escalier, la fina les.... appartements. La cour qoi e»t et «* la chapelle, est terminée par nn corps fc:*qui fait le côlé du bâtiment, el dam Icpds une salle à manger fort vaste et qui eoapf»:* hautenr de deux étages. La cour qai est eo du grand escalier es4 terminée par ua ntp <■ logis dans lequel il y des cabinets el aatwp^

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qui lient de ce coté les deux grands appartcmeuls ci fout te côté de ce principal corps de logis. 1) autres escaliers communiquent, au second clage, à plusieurs appartements dégagés sur six rorridors , qui s'eteodeot dans toute la longueur el la largeur de ce corps de logis», 'i

liuffrand nous apprend que son vaste plan du plais de la Malgrange, auquel il voulait ajouter encore deux grands corps de logis à côté de l'en- «rëf, d'autres dépendances, une grande avaul-cour a laquelle ou serait arrivé par plusieurs roules, lie, ne fut jamais entièrement exécuté.

Les Ira va a x de ce palais marchèrent avec activité pendant quatre années, de 1711 à 171b'. Ui comptes du trésorier général de Lorraine, pour ces années, renfermeut une foule de cahiers de charges , de notes el de mémoires payés aux entrepreneurs du palais de la Maigrange : Nicolas Renault, Jean Jadoi, Genlillàtre, etc. ; cl à de nombreux artistes et ouvriers , sculpteurs, marbriers, peintres, etc., qui y IravaiUèreiil, enlre autre:» les sculpteurs Dumont el Barthélémy Guibal, Mesny et François Appiani, sculpteur en marbre, <jui y fil beaucoup d'ouvrages eu plâtre façon de mjrbre. Le »ieur Desours, directeurs des parcs , jardins el jels d'eau de S. A. H., surveilla les travaux el vérifia les chiffres des mémoires, ainsi ijue M. André, intendant el directeur général des l. aliments du duc. Dès 1712, Léopold lit arrêter toutes les pierre» des carrières de Lorraiue pour lu construction de la Maigrange. Plusieurs beaux bassins en croix de Lorraine furcnl créés dans le K»re , u pour le divertissement princes. «

Mitlheureuseineul , eu 1715, l'Electeur de lia— vière ayuul du que ce château était trop près de AiMicy pour eu faire une maison de camp»gite, el Mop loin pour servir du résidence ordinaire, Léo- |.uld fit discontinuer les travaux.

Lors du départ de la maisou de Lorraine, eu 1 757, ou transporta h Bruxelles la superbe orau- 4« rie de la Maigrange, qui est restée et sert •ncore aujourd'hui à l'ornement du parc de celle ville.

La Maigrange fut enlièrcmenl renouvelée par Stanislas, qui y vint pour la première fois le 7 août 1 77)7 ; il y recul, le lendemain , les députés des ours souveraiues cl des deux chapitres de la capitale.

t'e prince résolut de se bâtir a la Maigrange un < haicau royal assez vaste pour pouvoir y résider

d'ordinaire avec sa cour, lors de ses fréquents voyages eu sa capitale, el y passer la belle saison. Dès l'année suivante, il fil mettre ce projel à exécution.

Au mois de juin 1738, on commença la démoli lion du bâtiment construit par Boffrand, mais qui n'avait clé ni habile ni entièrement achevé. Les matériaux servirent en grande partie a la construction de l'église de Bon-Secours, donl Stanislas posa la première pierre le 14 aoûl 1758.

Le Iloi de Pologne n'avait fait raser l'édifice inachevé de B iffrand que pour se faire élôver h la Maigrange un séjour commode et agréable lorsqu'il viendrait à Naucy. Bientôt il se mil à l'œuvre : à différentes reprises il fil construire, à quelque dislance de l'emplacement du château de Boffrand, dit Durival, la Malgrange moderne, donl Héré et François ont dessiné les vues cl les plans.

Il existe, aux Archives, une » carie lopographique des terres et autres héritages dépendaut du château royal de la Malg rouge, et des terres, prés, bois el autres héritages y attenant, faite et dressée de Tordre de très-haut et très-pnissanl prince monseigneur le duc Ossolinski , graud maître de la maisou de Sa Majesté le Uoi de Pologne, duc de Lorraine cl de Bar, par Drouin , réarpenieur général des buis cl forêts de Sa Majesté , géomètre demeurant à Lunéville , pendant les mois de mai, juin cl juillet 1741. »

A cette époque, tous les lerraius dépendant de la Maigrange, non compris les jardius et maisons, contenaient ensemble 233 arpeuls 5|4. Le bois dit de la BricoUe et aussi de la Bricqualle, qui est le bois le plus étendu vers Ueillecoort, coulcnail 7!) arpents, sans compter les Irauchées et avenues, de .15 arpeuls. Il y avait une garenne. Près de la Bassc-Malgrange, vers Jarville, se trouvait le hou» des (Chênes, conleuant 14- arpeuls 6 hommées ; il a éié entièrement défriché.

M. (iiflet, juge d'instruction à Nancy, possède un petit plan de la Mclgrange de Stanislas.

Le corps de logis principal du château, d'ordre dorique, s'élevait à l'extrémité de la grande aveuue , alors bordée do chaque côté de deux rangs d'arbres , et par laquelle on arrive h la Malgrange depuis la grande ronle qui va de Nancy à Lunéville. La façade de ce corps de logis principal, qui avait I!) feuélres de face du côté de la 1 grande avenue, était composée de trois avanl-

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corps, saillant «le 12 pieds laut au rez -de-chaussée qu'au premier étage ; l'avant-corps du milieu, dont les fenêtres sont cintrées, servait d'entrée ; il renfermait , outre le vestibule et la salle de marbre , la chambre à coucher du roi , située au premier étage sur le devant , cl dont les fenêtres donnaient tout en face de la grande avenue ; les les deux autres avant-corps, dont celui à droite en venant de Nancy renfermait la chapelle royale, desservie par les Minimes de Bonsecours, étaient aux deux extrémités. Entre les avant-corps et audevant des arrière-corps étaient deux galeries couvertes, supportées par une colonnade formant an-dessus une terrasse, avec une balustrade d'appui. Ce corps de logis était terminé, à sa partie supérieure, par une autre balustrade régnant sur tout l'entablement du premier étage, et dont les acrolères portaient des vases et des trophées.

Toute la façade de ce corps de logis cl des pavillons était revêtue de carreaux de fayenec de Hollande, bleue et blanche, de différents dessins : ce qui la faisait vulgairement appeler le Château de fayenec, et qui la rendait très-propre aux illuminations. (Aujourd'hui encore, une chambre, située dans l'aile orientale, et appelée improprement la Chambre de porcelaine, a ses murs couverts de carreaux de fayence provenant de la grande façade du chàleau, démolie par Slainville.) Sur la même ligue des deux pavillons des extrémités, étaient deux autres galeries couvertes, avec uue terrasse d'appui, supportée par une semblable et double colonnade, l'une faisant face du côté de rentrée, et l'autre du côte des parterres derrière \e chàleau. L'une de ces colonnades (celle à gauche en venant de Nancy) conduisait à la magnifique salle h manger qui formait à elle seule, avec la salle de billard , un bâtiment séparé , cl dont IJéré a représenté la splendide décoration ; l'autre colonnade conduisait au second corps de logis ou Commun , seule aile encore debout aujourd'hui, où se trouvaient notamment, outre les logements des gens de service et les appartements des élrangcrs, la salle des gardes du corps (aujourd'hui convertie en chapelle),, le logement du confesseur du roi (aujourd'hui l'appartement de Mgr I'évèque de Nancy\ le logement du primat, le logement du graud-muréchal , le logement du graod-ëcuycr, elc, elc. L'ensemble de la grande façade regardant l'avenue avait 1IG toises de longueur.

Le jardin de plaisance, auqoe) on descend itt li grande terrasse par un double escalier oruè de 'u cascade du Dauphin, qui existe eocore, élail décoré de plusieurs jets d'eau, de cabinets chioot-. de parterres à l'anglaise et de quinconces formait des galeries à l'italienne, de berceaux el cabincLde treillage, de bassins de rocaille, elc. L'ornéerie occupail ta place de la serre actuelle. S y avait auprès du chàleau, dans la direction de Jarville, près le Chemin -le-Ifoi, un pelil bois ichénes antiques trcs-élevcs, dont plusieurs atawM plus d,e cinq pieds de diamètre : on l'appelait I* bois des Chênes.

Le parc royal, silué de l'antre côté dn châtrai:, entre le Commun el la roule d'Epinal, était rempli de parlerrcs de broderies, de lapis verts, devenues d'arbres et de charmilles, de bosquet», <> pièces d'eau, de jets d'eao, etc. On avait pn%dans le bois des bosquets, en perçant des all^> pour différents points de vue. C'est à l'eilrtci. de ce parc que le Roi de Pologne fit planter, sa: la roule d'Epinal, à la clôture de la mïs»u>n fait, à Nancy en 4739, une grande croix de placée sous un baldaquin couvert d'écaillés. I " allée vaste pratiquée dans le bois , garnie dt pin el d'autres de charmilles , ornée de dotue d,ipelles peintes par Joseph Provençal et reoréf*lanl les divers traits de la passion de Solrt-Seigneur pour les slalions , conduisait à la cm* Jmission. Diverses fondations, en date do. 2b jw^ 1740, 1742, etc., rapportées dans le Recasi' <i-foudalious du RoF de Pologne, firent de ces iViun pèlerinage célèbre et fréquenté. Stiaislir j fonda notamment une procession annuelle dp*" pélucllc pour le ii septembre , joor de lïulùtiou sainte Croix : dans celte procéda, lu? par les missionnaires jésuites du Noviciat ' Nancy depuis l'église de Bon-Secours jmqu'ac\ chapelles du Calvaire de la Maigrange, un te missionnaires devait faire, à chacune de ca carpelles, une exhortation ou prière sur le ay&r qui y élail représenté. Cette procès*»-» ^ pour la première fois le 14 scplembr*" N!~ nislas affecla , pour en payer le fonds aprri s* décès, les revenus de sa. Icrre de Hav ilicr. l-< 17'i2 , ce prime fil bâtir, près du Calvarie . n7 chapelle dédiée à saiul Félix de CanUiice, •••• un lres~beau couvcul de Capucins, d ont r^' nait Irois rtdigionx tirés de la mais.* de ^«y Tous h.s arts, l'architecture, la sculpw*

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