‹ Les Communes de la MeurtheChapitre 74 sur 292 · BED · texte numérisé non relu

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» Ilcm il y a un cens qu'on appelle le droit du

princier, qui monte à 18 sols.

» Item il y a un autre droit appelé les deniers 'débucher ou les deniers du pré qu'on dit le Broy.... Ilcm il y a un autre droit appelé Slypctiynck, qui monte à cinq sols. Item on doit à Pâques des geliues et des œufs de cens. Item aucunes fois ou loue les corvées aux bonnes gens, et quand on n'a pas besoin de tous ceux qui sont h corvées, alors on prend d'un chacun six deniers... ») (Bourgallroff, etc.)

Par lettres datées de l'année UH, Jean Wissc de Gerbéviller promet de remettre les lettres de l'engagement que Henri de Blàmont lui avait fait de tout ce qu'il possédait en la cour de Buedcstroff. {T. C. Blàmont Hefs.)

On trouve, sous la date du 17 juin 1G0C, des lettres du duc de Lorraine, louchant les dégâts faits a IiQuriyaltorff M Bédc&torff par les Espagnols, et par lesquelles il déclare ne vouloir charger par gens de guerre les sujets de mes>.rcurs du chapitre de la grande église de Metz en leur seigneurie dudit Bourgallroff.

Vers 17*21, les habitants de Bédeslroff adressèrent au chapitre une lettre dans laquelle ils se plaignaient que, contrairement aux anciens usages, le procureur d'ofiiee des chanoiues s'opposait a la tenue des plaids annaux cl à la nomination d'un maître éehcviu , qui , conjointement avec le maire de Bourgallroff cl l'é hevin de Guébliug , élail chargé de rendre la justice. Il fui fail droit ù celle réclamation, et la communauté de Bédeslroff fut maintenue dans ses anciennes prérogatives. (Bourgallroff, etc.)

II parait qu'il y eut autrefois, près de ce hameau, une maladrerie ou hôpital de lépreux, car, dans un contrai d'échange passé en lf>'28, il est parlé d'un lieu dit au-dessus de la Maladrerie. (Cures, chapelles, etc.)

BEDON. La métairie de Bedon, de laquelle dépendait une tuilerie, apparleuail anciennement à l'abbaye de Clairlieu, qui y avait droit de colombier, bergerie et huulc justice ; celle métairie comprenail plus de 400 jours de terres exemples de dîmes et entourées de 500 jours de bois servaut à l'alimentation de la tuilerie.

L'alleu de Bedou alludium Bellidoni) avait élé donnu à l'abbaye de Clairlieu par uuvuommé Wilenus, chevalier, Gucba, sa femme, et ses deux filles. Cette duualinu fut confirmée par Uenri de

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Lorraine, évèquc de Toul, ainsi que celle d'il partie de l'alleu près de Bedon, donné par 1 1 mard et ses fils. Richard, prêtre de Lupcon <on frère et ses paroissiens avaient déjà, * ilôî), fail don a la même abbaye de la grange Bedon. Pierre, abbé de Corze et Waulliier Ludres lui donnèrent également, le premier u ce que son abbaye avait dans l'enceinte et éu due de la grange de Bedon ; le second, un U près de celle même grange.

Par une transaction passée, en eo l'abbaye de Clairlieu et Othon, abbé de San Sauveur, ce deruicr concède à l'abbaye toute? dîmes de la grange de Bedon, situées sur le i> de Lupcourl, lesquelles se payaient ou curé «lui lieu.

Luc senlcuce rendue, par les cchevins < Nancy, le 9 mars 1468, déclare le gagna;»' «, Bedon et les moilriers y résidant exempts francs de rien contribuer a Lupcourl dans \i charges publiques, comme n'étant ni du bar) t de la seigueurie de Lupcourl. On voit, par dYi 1res litres postérieurs, que Bedon existait en -x>\] de communauté, el que les religieux de Clairlu y avaient un maire qui ne devait pas comparatif aux plaids annaux lenifs à Lupcourl.

L'u arrêt du Conseil du duc François, «lu 1 1 août 17ôl, rendu ensuite d'une requèle prévenu par les religieux de Clairlieu, ordonne que leuri fermiers dans les lieux de Clairlieu, les GimcW >• Bedon, y jouiront des franchises el exempt, portées par la Chambre des Comptes, pour U1' : portion qui leur appartient dans la haute ju>ii"desdits lieux. (Abb. de Clairlieu.)

BEINBACII, ferme, territoire de Walscheid ; elle contient 5 maisons, à ménages el 2j habitants.

On voit, par un bail du H, novembre que le fermier de Bcinbach doit jouir des drmide vaiue el grasse pâture pour ses bestiaux du|N les cantons désignés «les forêts du comte de Bai" h charge de construire une maison, cave, grat.?-' el écuries ù neuf, eu recevant le boia de consul lion gratis, etc.

BELCHAMP, aujourd'hui simple censé sur iterritoire de Mehoncourl, arrondissement deLuuiville, était uue abbaye de chanoines réguliers <J»' l'ordre de saint Augustin ; elle élait coustruii1, sur une hauteur, à peu de dislauce du château (el peut-être du village; de Monlreuil,

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* voit plu» que 1'cmplaccmcut. Celle seigneurie I i;,farleo»il » une famille puissante, dont uu des nombres, nommé Albérou ou Adalbcrou, après s\oir été successivement chanoine cl archidiacre <je Toul «' de Verdun, ensuite primicier de J'élise de Metz, était moulé, en il."*!, sur le jié»e archiépiscopal de Trêves. C'esl ce prélat a m, de cuocerl avec Pierre, son frère germaiu, Btilrii, sa nièce, Séguiu cl Gérard, ses neveux, fcaJa l'abbaye de Bclchamp sur uu terrain défrtdutl de sa seigneurie, et qui s'appelait la ■oatagoc de la Sainte-Triuite (mons Saticlar Trifàtalis). Il abandonna âu nouveau monastère toaalleo de Monlreuil (alodium de Mosteruel), atte les terres cultes el incultes, les bois, les lijBn, les prés, le ban, les serfs el les servantes; tiBrari, eveque de Toul, ajouta bientôt à celle imita celle de Pliolel paroissial deMoutreuil et luut ce qui apparleiiail à la cure.

D'autres donalious furent successivement faites a falikaje de Bclchamp par différents seigneurs, « Iwsqu'eu -1137, llillin (lllinus), archevêque de Trêves, conforma les biens de cefte maUon, «llwi possédait déjà l'alleu de Ziucourl (de Ynxwrt), l'cglisc cl les dimes de ce lieu ; celui k VaxoBcuorl, avec une partie des dimes et uu bmlm; ceux de Villcrs (de Villare), d'Essey [ieBassag), de Marainviller (de Malenviller), jw féglise de ce dernier village ; les alleux de KeHera, de Blaiuvillc [de Bullinville), de liai— gnevilïe , de Bassomponl , de Aozclicures (de Htueoiis), de Barbonvillc (de Barunviile), de Cbarnwt» (de Churmeyaco), de Damelevières \ir Donna Liharia) ; les dimes de la cure de ! Viluicourt, le dro.l de pâturage sur les bans de (limiter (de MurivilL') el de Clayeures {de fQaufuris), etc.

^ Le litre que je viens de rappeler, el qui est ■arrimé daus les preuves de l'Histoire de Lornke, désigne l'abbaye fondée par Albciou sous kun de Belcbamp [Belfus cumpus), ce qui n'a |.jm empêché D. Caimct de dire qu'elle avait f^rtë, jusqu'au XIV** siècle, la dénomination de ■jlfw* Sanctœ Trinitatt». Je n'ai trouvé celte deroifct que dans nue charte par laquelle la du- A«se lérlhc, femme de Mathieu I'r (morte vers (ITi), confirme (a donation Lite à celte abbaye, ij»r Vient de Brixey, éveque de Toul, de la cure m Brendorourl [de Breutuncort).

ï rlaskurs successeurs de ce préJal firent des

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Idous ou confirmèrent ceux qui avaient été faits à la maison do Belcbamp : eu 1205, Mathieu, compatissant à sa pauvreté, lui confère à perpétuité les cures de Vaxoncourl cl de Zincourlavec tous leurs revenus ; celles de Damelevières et de Marainviller, uvec le droit d'y nommer un de ses chauoiues ou un prélre séculier. Il lui continue la cure de Bremoncourt, les chapelles de liaiguewlle (de l/ugnonvilla), de Monlreuil (de Mumttrul) , de Villacouri (de Velucort) , de Saiul-Bemy (de Sam to licmvjio) el des Aviols (de A t i'05).

Eu 1292, Eudes de Sorcy, aussi ëvéque de Toul, ratifie la donation qu'Erard dé Vandières (de Vcndcriis) lai avait faite du droit de patronage el des dimes de la cure de Blainville (de Blainvilla).

La même anucc, Alexandre de Preny (de Prisneio), chanoine de Toul, confirme la donation que son père Vaulhier, autrefois scigueur de Haussouville, avaii faite a I abbaye de Belcbamp du droit de patronage de la cure de Sainl-Médard (de Sancto Medardo supra Mosellam).

Enfin, en lôîiO, Henri de Tiikief et Marguerite, sa femme, donnent à celle abbaye quatre livres de terre à petits tournois, assignés sur ce qu'ils pouvaient avoir « en ban cl en justice d'Escey el de Cirivillcurs (Giriviller). n

Il y eut encore, par la suite, d'autres donations en faveur de l'abbaye de Bclchamp ; mais je me dispenserai de les rappeler ,' parce qu'elles ont moins d'importance au point de vue historique, étant toutes d'une date plus récente.

Si l'abbaye de Bclchamp trouva de pieux bienfaiteurs pour la doler el l'enrichir, elle ne fui pas, en revanche, assez heureuse pour échapper aux violences que les princes cl les seigneurs féodaux se croyaient permises, même envers les établissements placés sous la sauvegarde de la religion. Eu 1235, l'abbé el les chanoines se plaignirent à l'évèque de Toul de ce que Catherine, autrefois duchesse de Lorraine, Ferry, son fils, et plusieurs de leurs gens, avaient commis de nombreuses injures envers eux el envers leurs serviteurs, leur avaient extorqué uue somme d'argent et s'étaient livrés a d'autres exactions. Le duc fut mandé devant l'évèque, témoigna du repentir de ce qui avait eu lieu, el jura que pareils faits ne se renouvelleraient plus, se soumettant d'avance, dans le cas contraire, 'a l'excom

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munication. Ferry ne se borna pas à celte promes*e : voulant indemniser l'abbaye des <i greva uces •» qui lui avaient clé faites de son chef ou par son commandement, et aussi pour le salut de son âme et de celle de ses u antessours, » il lui conféra (1*293), en aumône perpétuelle, vingt sons de toulois à prendre chacun an sur la taille de Blainvillc.

Vers l'année 1369, l'abbaye de Belchamp se vit en butte à de nouvelles violences de la part d'Elme de Linange : voulant récupérer une somme de mille petits florins d'or, que le duc Jean lui devait et ne lui payait pas, ce seigneur entra à main armée sur les terres de l'abbaye, pilla les villages de Marainviller et de Thiébauménil et emmena plus de huit cents têtes de bétail.

Afin de se mettre, pour l'avenir, eux cl leurs biens, a l'abri des déprédations des gens de guerre, et ne plus être exposés, comme ils l'avaient été souvent, à fuir de leur maison et à aller au loin mendier en quelque sorte leur nourriture, les chanoines de Belchamp résolurent, en 1399, de construire, dans l'enceinte de leur monastère, et près de l'église, une tour solide qui put leur servir de lieu d'asile. Ils convinrent, dans une assemblée capilulaire, que, pour hâter cette construction, ils y affecteraient les biens d'un de leurs confrères, qui venait de mourir, plus les vingt florins que chaque nouveau chanoine était tenu de payer lors de sa réception.

Celle tour, de forme carrée (quadtala turris), devait appartenir pour les deux tiers à l'abbé et pour l'autre tiers au couvent, qui nommaient 'conjointement le portier préposé à sa garde ; c'était le prieur claustral, le sacristain ou un autre délégué du chapitre qui en tenait les clés.

Si solide que fût ce monument, il ne put toujours protéger l'abbaye qu'il était destiné h défendre ; il ne résista pas lui-même à l'incendie qu'y allumèrent les Bourguignons en !*7G ; c'csl ce que rapporte, en ces termes, la Chronique de Lorraine : u Les dicts (les Bourguignons) de la terre de Chaslel cl ceux de Bayon s'allièrent ensemble, lesquels tous mirent eu chasse ceux (les Lorrains) de Vaudémont. Les dicls de Vaudémont pour eux sauver s'allèrent mettre en assurance dedans la tour de Belchamps. Les dicts de Bayon et de la terre de Chaslel assiégèrent, par force de feu les contraindireul, par quoy les convient rendre.... w

Vers 1369, la maison de Belchamp eut encor» beaucoup à souffrir u pour raison des guerres, Je- 1 molilious et pilleries des gens de guerre pas-uns el repassons. » L'abbé et ses religieux furent r»-„. liainls, pour remédier à ces maux, de réduirv leur pilauce journalière. Enfin, en 1587, Tartun prolestaute brûla les bâtiments du monastère, ijni perdit ses titres, conservés précieusement juqu'alors dans la chambre ou l'arche, placer, siudoute, à un des étages de la tour. L'église méiiir fut souillée et profanée (poil ut a et contaminait ab haretieis), et probablement ruinée en gmri'le partie. L'abbé Thiéry de Lemaiuville s'emprr.w de la rétablir el chercha à lui rendre sa premiersplendeur. Mais il fallut plusieurs années p.w faire disparaître la trace des dégradations qui > avaient été commises, et ce fut seulement uvue ans plus tard, le 1er octobre 1600, que l'évcip; de Toul, Christophe de La Vallée, put venir !; rendre solennellement au culle et y consacn-r plusieurs autels. Toutefois, il parait que les leur* ne furent réédifiées qu'au commencement iJj XVIIIe siècle, sous l'administration intelligent-et palcrnelle de M. Massu de Fleury, élu abbé eu

Pendant le long espace de temps qni s'était écoulé depuis sa fondation jusqu'à la fin du sikk> dernier, l'abbaye de Belchamp avait eu plusd'itui' fois à souffrir des guerres qui désolèrent nol.t pays ; mais elle s'étail toujours relevée de ses ruines, el, lorsque éclata la révolution, on n'eût jamais dit, à voir sou église avec ses deux tmirs élancées, sa maison abbatiale, ses bâtiments conventuels cl toutes les habitations groupées d:m; l'enceinte de son vaste enclos, que toul cela avait élé plus d'une fois détruit par le fer on par 1 1 flamme.

L'ensemble de ces constructions, donl on peu juger par une fort jolie vue de Belchamp conservée à la bibliothèque publique de Nancy présentait un aspect charmant. L'abbaye cl indépendances étaient placées an sommet et sur !i revers d'un coteau : une eneciule de murs asse. élevés, de forme irrégulière, renfermait, — outr l'église el les bâtiments abbatiaux et conventuel* une immense cour, dans laquelle étaient corn truils le colombier, les écuries et les maisons <K métayers et vignerons, — les jardins de l'abbe i des chanoines, le cimetière, etc. En dehors d l'enceinte, et longeant le mur qui la forma 'n

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«Uieal des vergers, des vignes el d'autres terrains cultivés. A une des extrémité? de la cour JdDt je viens de parler, s'élcvaieul, présentant la forme «Ton quadrilatère irrégulicr, dont un des jiçles était défendu par la tour construite en 1ÔD9. I» bàliruents du monastère et l'église, dont les deux tours, surmontées d'une lanterne a „ar, dominaient toutes les autres constructions. Ollcï-ei éuicol d'une architecture simple, mais 1*0 complètement dépourvue d'élégance. Voici, ii reste, la description qui nous en a été laissée djûjtitt manuscrit intitulé : Remarques sur la katiaùon de l'abbaye de Belcbamp , el rédigé pr on religieux de cette maison :

u Le qnarlier abbatial sépare l'église de la mai- vû conventuelle. Dans ce quartier, il y a deux ;il« nouvellement rétablies par l'industrie et Pétulante do T. R. P. Charles Massu (de Flcury), :iM)é moderne el vivant ; la première, qui aboutit sur l'église par un bout, a la face tournée vers Bjvoo. (Le rez-dc- chaussée de cette aile était caupé par la cuisine, le garde-manger, un poêle , u vaife de réunion, el une chambre de dômestfijiie.)

n Le haut de cette aile est magnifique et insf ire une idée de grandeur à ceux qui sont curieux de le voir : une grande allée (un grand (ùtnâor), plafonnée et bien éclairée;, réjouit ceux «jui s'y promènent ; le monde raccourci sur des ortes, des furliflcnlîons de villes exprimées sur Ju papier, un arrangement industrieux de ces tables, font passer le temps à ceux qui ne peuvent pas s'arrêter ailleurs. Dans celte allée, qui esl médiocrement longue, il y a trois portes, l'une, i; ii eondnil'a l'église par un escalier, esl munie d'un beau el grand placard, où paraissent l'industrie el la délicatesse de l'ouvrier. Au milieu, ;i y en a une autre placardée, par où on entre ims une petite salle, de laquelle on va dans deux Mb chambres qui sonl à ses côtés, où rien ne itntjipie pour le bon nécessaire. La troisième p.Tie conduit dans une chambre où il y a un I» ■ I — hri, el de celle chambre on va au jardin par une f Itle-forme de bois inventée très-ingénieusement par le T. R. P. abbé.

" La seconde aile esl différente de h première en re qu'elle n'a point d'allée ni en haut ni en fo*. ïhns !c bas, près du maître escalier qui conisil à 1 appartement d'en haut, il y a une salle fuse assez médiocre grandeur , revêtue de

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boiserie cl de tapisserie. Suit une chambre ou Son Altesse Royale couche lorsqu'elle nous fait l'honneur de venir ici. (A l'étage supérieur se trouvaient l'appartement de l'abbé et différentes autres pièces.) Au milieu de ces deux ailes est une cour bien pavée... i»

Ou arrivait h celle cour par une avenue large de vingt-qualre pieds el longue d'environ soixante. D'un côté étaient un beau jardin clos de murailles, et de l'autre cùlé le cimelière des religieux. A la porte de l'avenue, était attaché, en signe des droils seigneuriaux de l'abbe sur le territoire de Belchamp, un carcan *< pour punir les malfaiteurs, coureurs de jardins, voleurs el autres de celle nature, «i L'abbé avait aussi une prison

pour renfermer ceux qui causaient du trouble dans la seigneurie, n

Il est à regretter que Pauleur du manuscrit que je viens de citer n'ait parlé ni de l'église, ni de la tour, ni des bâtiments conventuels. Ces derniers, au dire de D. Calmel, avaient été rebâtis, sous l'administration de M. Massu de Flenry, avec toute la beauté et la bienséance convenables. On voit, d'après le procès-verbal descriptif dressé en 1790, pour opérer la vente de l'abbaye comme propriété nationale, qne ces bâtiments renfermaient treize chambres de religieux, à faire feu, et onze sans cheminées.

Ce procès-verbal ne fait pas menliou de la tour , ce qui donne h penser qu'elle avail été détruite i mais sa démolition, si toutefois elle avait eu lieu, ne devait remonter qu'a forl peu d'années , car elle est indiquée , comme existante encore , dans un Inventaire des titres de la mense canoniale , rédigé en 1786. Ainsi que je l'ai dit, cette tour élail carrée cl un peu plus élevée que les bâtiments de l'abbaye, du moins si l'on en juge par la vue de Belchamp, que possède la Iiibliothèque publique de Nancy. Mais il serait bien possible qu'elle n'eût pas conservé jusqu'au siècle dernier la hauteur qu'elle avail lors de sa construction et avant le> incendies de 1 47G et de loS7.

Quant h l'église, le procès-verbal de 17ÎK) se borne à dire qu'elle était vaste cl bien entretenue. Du reste, on ne possède aucune description de son intérieur : tout ce qu'on sait, c'est que 31. Massu de • Flcury l'avait enrichie d'ornements prérieux et avait fait refaire le portail ; c'est sans doute égalemeut lui qui (il rebâtir les lours, puia-

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qu'on f;iii remonter leur reconstruction aux années 1729 el 17"»t>. Un des prédécesseurs de cet abbé, Anloine-Tliit-ry de Gîrmonl, morl en 11J75, avait fait pincer dans le chœur des slalles îiin^nifiqnes, les plus belles peiil-èirc de l'Europe, dil I). Cilmet. Il est probable qu'elles furent brisées , par les troupes prolest utiles el qu'elles servirent a attiser l'incendie qui- dévora une partie du couvent.

L'Inventaire que j'ai précédemment cité, nous apprend qu'il existait plusieurs chapelle» dans l'église de Belchamp : c'étaient celles de Sainte-Croix, de Saint-Etienne, de Saint-Augustin , de Sainl- Barlhélcmy, de Notre-Dame-dc-Pilié, de Saint- Nicolas et du Saint -Sépulcre. Celte dernière, qui était placée près des fonts baptismaux, avait élé érigée, en i ï>31 , par l'abbé Jean Cousson, dont le tombeau el l'épiiaphc en bronze se voyaient dans la nef.

Cette partie do l'ûj lise renfermait également les tombes de plusieurs antres abbés, notamment celles de Viriet de Clayeurcs (mort en 149')), de Théodore Pelitpain (lïiWi), de Jean Cousson de Roselieures (cet abbé est ainsi désigné dans un tilrc du 17 juin l.'>-"><> ; ce serait donc par erreur que D. Calmet l'appelle Jean Cousson de Marainvillcr) et d'Anloinc-Thiéry de Girmonl. Celle de Jean-Claude de Lozanne, décédé en ItHKî, était dans le sancluaire. Plusieurs membres de la famille d'IIanssonville, morts dans le courant du XVe siècle, étaient aussi inhumés dans celle église. Mais ce qu'on y remarquait surtout, c'était une inscription en lettres d'or, sur un marbre noir, destinée à rappeler les fondations charitables faites par l'avanl-dernier abbé, M. Claude de Houzey, en faveur des habitants pauvres des villages où la maison de Belchamp possédait des biens.

Il se tenait tons les ans, le jour de la Saint- Barihélemy, une foire sur le ban de Mehoocourl, à l'extérieur de l'abbaye de Belchamp. Un arrêt de la Chambre des Comptes de Lorraine, dn In mai 170<î, ordonna que les officiers du duc çt ceux de M. de Hennel, tous deux seigneurs hauts justiciers de Mchoncnurt, auraient la garde de celte foire ; que les droits d'étalage appirliendraienl par moitié a ces seigneurs cl à l'abbé, mais que celui -ci aurait seul les émoluments d'étalage dans la 1 asse-cour de l'abbaye et ceux de l'allée (on avenue) qui y conduisait ; enfin, que le prévôt de Lunévillc serait obligé de faire la

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